Les benêts qui croient que ce n'était pas mieux avant.
La revue Silence de décembre 2011 citait cette phrase tirée de L’Economie barbare de Philippe Saint-Marc :
« Imaginons demain, une France où il n’y ait que 200 000 chômeurs, où la criminalité soit réduite des quatre cinquièmes, les hospitalisations pour troubles psychiatriques des deux tiers, les suicides des jeunes de moitié, où la drogue disparaisse : n’aurions-nous pas l’impression d’une merveilleuse embellie humaine ? C’était cependant la France des années 60 ».
Silence ajoute ce commentaire : « Même si la décroissance n’est pas un retour en arrière, il est toujours bon de se souvenir qu’un autre monde a été possible ».
Pourtant une lectrice trouve que « cette citation et son commentaire, c’est vraiment pas malin… Nos appelés, traumatisés par ce qu’ils avaient vécu en Algérie… les femmes avortaient sur une table de cuisine… certains métiers étaient interdits aux femmes… Cette nostalgie c’est idiot ».
Cette lectrice a oublié de citer plus d’un million de « Pieds noirs » pour qui c’était « la valise ou le cercueil », rapatriés dans l’urgence, par leurs propres moyens, ayant tout perdu, sans cellule psychologique pour les recevoir.
Les « Pieds noirs » ne se sont jamais plaints, n’ont jamais manifesté avec des pancartes dans les rues en pleurant misère. Non, ils ont pleuré leurs morts en silence et dignité et sans médias. On les a parqués dans de HLM vite construits, qu’ils n’ont pas dégradés. La pauvreté de beaucoup d’entre eux ne les a pas transformés en délinquants. Au contraire, ils ont retroussé leurs manches et se sont mis au boulot, n’importe quel boulot, ils n’avaient pas le choix. Certes il y avait peu de chômage, parce que l’idéologie ultralibérale de la mondialisation financière n’avait pas encore ouvert la course aux bas salaires, facilitée par les directives de l’OMC, supprimant toutes les barrières douanières.
Cette lectrice n’a évidemment pas connu les années 60 et elle est fière de vivre à une époque où l’on peut changer son téléphone portable deux fois par an et profiter ainsi des progrès continuels de la technologie tout en suivant la dernière mode grâce aux matraquages permanents de la Société spectaculaire marchande. Sans se soucier aucunement des déchets qui s’accumulent partout et du gaspillage des matières premières, que malgré les beaux discours, l’on ne peut recycler parce que ce n’est pas rentable.
Si dans les années 60, j’ai pu faire des études universitaires, c’est grâce à une bourse de l’Etat providence, bête noire de la Globalisation financière mondiale qui ne cesse depuis plus de vingt ans, par les dictats de l’OMC et du FMI de lui mettre des bâtons dans les roues. Une bourse que je complétais par des petits boulots d’été comme les vendanges ou serveur de restaurant. Bien sûr, je ne possédais ni téléphone, ni télé, ni jeux vidéo, ni voiture. Mon luxe c’était la radio, le vélo, un cinéma de temps en temps et une bière au café du coin, avec les copains pour refaire le monde. Et aussi, un luxe dont nous n’avions même pas conscience : celui de ne nous faire aucun souci pour l’avenir. Les filles, dès le printemps, portaient des minijupes sans se faire agresser. À la plage tous les garçons portaient des maillots de bain et non pas ces bermudas et autres shorts de plus en plus longs, mis par dessus leur slips, révélant une bien étrange pudeur venue à la fois des Etats-Unis, pays toujours aussi puritain, et de l’islam qui tend à imposer subrepticement sa façon de vivre.
Il est dommage que l’école n’ait pas enseigné à cette lectrice que cette époque est justement celle de l’émancipation féminine, de la légalisation de la contraception en 1967 au Manifeste des 343, qui allait mener à la loi Weil de dépénalisation de l’avortement (1975).
À cette époque, un ménage pouvait vivre sereinement avec un seul salaire, ce qui est devenu impossible aujourd’hui, même dans la classe moyenne. La SNCF desservait toutes les petites villes rurales, et les villages avaient encore leurs commerces de proximité, leur médecin, leur pharmacien et leur poste. Les médicaments ne tuaient pas encore et étaient tous remboursés.
Les bisphénols et les phtalates ne rendaient pas stériles, et il n’y avait pas encore d’hydroxyde d’aluminium dans tous les vaccins.
Si un sondage avait été réalisé à cette époque sur le bonheur des peuples, la France se serait située dans le haut du tableau, alors que le dernier en date considère les Français comme plus pessimistes que les Irakiens et les Afghans.
Lorsque j’étais lycéen, je n’ai jamais vu ni entendu parler, d’un élève manquant de respect à un professeur, ou ayant blessé ou tué un camarade avec un couteau. Je n’ai jamais été sollicité ou agressé à la sortie des cours par un dealer, et je n’ai pas souvenir de camarades de classe qui se soient grogués. Quelques uns certes fumaient en cachette une gauloise dans les toilettes, mais la plupart attendaient la sortie.
Même à Marseille, des jeunes de 14 ans ne se faisaient pas tuer au fusil d’assaut lors de luttes de clans entre trafiquants de drogue. Je pourrais remplir ainsi des pages et des pages, mais vainement, puisque, comme dit le proverbe, il n’y a pas meilleur sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Quant à la faim dans le monde, elle ne fait que progresser du fait de l’augmentation des denrées agricoles, causée par les spéculateurs, qui, selon Jean Ziegler (auteur de Destruction massive), devraient être jugés pour crime contre l’humanité.
En cause également les agrocarburants : les Etats-Unis ont brûlé 138 millions de tonnes de maïs et des centaines de millions de tonnes de blé pour les produire en 2011. En cause aussi les subventions européennes à l’agriculture et les directives de l’OMC dont la conséquence est que les poulets et les légumes de France, d’Espagne, du Portugal et de l’Allemagne se retrouvent à bas prix sur les marchés africains, ce qui fait disparaître les petits paysans locaux. Enfin, les fonds d’investissements de multinationales qui ont déjà acheté ou loué des centaines de millions d’hectares de terres arables en Afrique, nouveaux jardins de l’Inde, de la Chine, de l’Arabie saoudite, de l’Europe et de l’Amérique, provoquant là aussi l’expulsion des petits paysans de leurs terres ancestrales vers les bidonvilles. Ce néocolonialisme là est encore plus meurtrier que l’ancien.
Certes il n’est pas question de vivre dans la nostalgie ; mais la nostalgie ce n’est pas idiot. Comment voir clair dans le présent sans se retourner de temps en temps sur son passé et sur le passé de ses ancêtres, afin de comprendre ce qu’on a réellement gagné et ce que l’on a malheureusement perdu. Afin surtout de se projeter dans l’avenir pour ne pas renouveler les mêmes erreurs et éventuellement changer totalement de direction si nécessaire. La décroissance, ce n’est pas revenir à l’âge de pierre, mais peut-être justement revenir aux années 60, en tenant compte des erreurs qui s’y sont produites, et en sélectionnant dans les progrès scientifiques et techniques réalisés depuis, seulement ceux qui améliorent véritablement la vie des êtres humains, sans nuire à aucun, ni à l’environnement de tous. C'est-à-dire en mettant le principe de précaution et le respect de la nature au-dessus des « droits de l’homme », lorsque l’homme en question agit comme un irresponsable, comme l’énonçait déjà Hans Jonas, il y a quarante ans, dans Le Principe Responsabilité.
Philippe Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre à l’usage des jeunes générations ».
Bon sens populaire et sottise des élites
Élus, experts économiques et journalistes en acceptant comme du pain bénit toutes les directives de l’Union européenne ont révélé leur grande facilité à succomber aux corrupteurs des lobbies ou leur immense naïveté, aux conséquences dramatiques dont tout un chacun a bien conscience aujourd’hui.
En revanche, il suffit de demander à la vox populi les recettes d’une bonne gouvernance. Par exemple, voilà ce qu’écrit un lecteur de Marianne du 14-20 janvier :
« De 1957 à 1992 a existé en France la TVA à 33% sur les produits de luxe. Elle a été supprimée dans le cadre de l’alignement avec l’Europe. Le retour de cette TVA de luxe serait pourtant très judicieux : une entrée de quelques milliards d’euros dans les caisses de l’Etat ; aucune influence sur les bas et moyens salaires qui, de toute façon, n’ont pas les moyens de se payer du luxe ; une augmentation substantielle du prix des produits de luxe ravira les riches : il est évident qu’une Rolex, plus elle est chère, plus elle est belle, idem pour les tenues de soirée, les énormes voitures, les bijoux, etc. ; pour finir, le fait de payer plus cher enlèvera un souci aux riches : comment arriver à tout dépenser ? » S. B.
Comment font les milliardaires pour ne pas payer d'impôts?
Le gouvernement taxe la santé. Les mutuelles sont donc obligées d’augmenter leurs tarifs. C’est évidemment un scandale. En 1999 il n’y avait pas de taxe sur les mutuelles, elle est de 13,27% aujourd’hui.
« Quatre millions de Français n’ont pas les moyens de s’offrir actuellement une complémentaire santé » Aujourd’hui en France du 21 septembre 2011.
Il faudrait sans doute que les pauvres et les petits revenus participent à l’effort de désendettement de la France.
Mais parallèlement, grâce à l’émission « Pièces à conviction » diffusée sur France 3, le 4 janvier dernier, on apprend que :
« Une trentaine d’œuvres d’art déclarées disparues ou volées ont été récemment retrouvées par les policiers dans un coffre-fort à Paris. Problème : le coffre est celui de l’un des plus grands marchands d’art de la planète, Daniel Wildenstein, décédé en 2001.
L’enquête de « Pièces à conviction révèle des circuits parallèles et des pratiques douteuses, où des toiles de maîtres dorment dans des paradis fiscaux et où les secrets de famille se transmettent de génération en génération… C’est d’ailleurs une querelle d’héritage qui a permis d’entrevoir l’incroyable trésor caché des Wildenstein… ». Le reporter suit un avocat d’affaires dans un immense bunker à Genève ou d’innombrables œuvres d’art, appartenant à divers multimilliardaires du monde entier, sont stockées, changent de propriétaires sans bouger, mais avec d’importantes plus values qui échappent à toute fiscalité.
Les petits contribuables sont pourchassés par Bercy. Mais les très gros jamais. La loi les protège : le parlement a toujours refusé de taxer les plus-values des œuvres d’art, sous le prétexte fallacieux de ne pas décourager les amateurs. Ça permet surtout aux milliardaires de planquer ainsi leurs profits dans des valeurs refuges dissimulables et transférables dans les paradis fiscaux. Un titre dans Le Monde du 22 octobre 2010 est révélateur : « Pourquoi le marché de l’art résiste-t-il à la crise ? Les marchands sont-ils les nouveaux traders ? »
On y lit : « À la bourse le délit d’initiés est puni. En art, c’est une vertu… Ce milieu est une source de profits qui use de méthodes aux côtés desquelles celles des traders font figure d’aimables plaisanteries. »
Dans les foires internationales d’art contemporain et dans les grandes salles des ventes se pressent de plus en plus de financiers et d’industriels bénéficiaires de la mondialisation et qui ne savent plus comment placer leurs immenses profits. Les œuvres classiques se retrouvant rarement sur le marché, les nouveaux riches se précipitent sur les crottes de chiens et autres croûtes dignes des enfants de maternelle, signées de grands noms créés de toute pièce par cette intelligentsia du business. Ce sont des sommes faramineuses qui sont en jeu. Un jour cette bulle aussi explosera ; mais en attendant l’évasion fiscale des milliardaires, cautionnée par vos élus fait que c’est la classe moyenne et elle seule qui supporte le poids de la dette et qui se paupérise chaque jour un peu plus.
Demandez aux candidats à la présidentielle s’ils sont prêts à taxer les plus-values de l’art, et voter pour celui qui vous en fera la promesse. S’il n’y en a aucun, arrêter de vous indigner comme des benêts, entrez en résistance.
Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre à l’usage des jeunes générations ».
L'UMP trompe-couillons
Dans son Magazine (n°55), l’UMP présente son « Projet 2012 ». Après dix ans de soumission à cette mondialisation ultralibérale qui a désindustrialisé la France et doublé le nombre de chômeurs, sans compter les années RPR, voilà que l’UMP, à trois mois de la présidentielle, prêche une « mondialisation équitable ».
Le parti du Président se moque du monde avec un culot incroyable. Ces gens-là promettent aujourd’hui ce qu’ils ont combattu depuis toujours (et que je prône dans ces blogs à longueur d’années).
Comment faire encore confiance à des menteurs aussi invétérés ?
« Nous renouvellerons le principe de patriotisme économique » : ils s’y sont toujours opposés.
Ils sonnent « la fin de la libération et de la concurrence comme dogmes. L’Union européenne a œuvré pendant cinquante ans à la suppression des barrières aux échanges et des distorsions de concurrence, dans une logique d’intégration économique. Aujourd’hui, les économies sont intégrées. »
Des économies intégrées ? Alors que même dans la zone Euro, il n’existe encore aucune harmonisation en matières fiscale et sociale.
« En excluant les principaux pays émergents du bénéfice des droits de douane réduits… La concurrence internationale peut se révéler déloyale ». Il serait temps, alors que nous sommes entièrement dépendants d’eux pour la quasi-totalité des produits manufacturés !
« Nous mettrons tout en œuvre, au niveau européen, pour que les relations commerciales s’organisent autour du principe de réciprocité. Nous refusons que l’Europe s’engage dans des négociations commerciales inéquitables… Réciprocité dans l’ouverture des marchés. Réciprocité dans les normes, notamment sociales et environnementales, qui sont appliquées… Nous souhaitons la mise en place de "taxes réciprocité" aux frontières de l’Europe : la fiscalité sera modulée afin de corriger les phénomènes de concurrence déloyale de la part de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales, environnementales et économiques ».
On croit rêver ! Il y a encore peu de temps, les conseillers économiques, comme Alain Minc et les journalistes à la solde de l’ultralibéralisme, affirmaient que ceux qui prônaient un protectionnisme modéré (Montebourg, Mélenchon, Le Pen) voulaient nous ramener à une période sulfureuse et nauséabonde !
Quel revirement ! Si ces gens-là sont sincères (mais ne soyons pas naïfs), alors qu’ils avouent publiquement qu’ils ont dramatiquement trompé les Français durant de longues années, et qu’ils sont totalement responsables de la situation catastrophique du pays (le PS ayant évidemment sa part de responsabilité, animé qu’il est, par la même idéologie mondialiste).
À noter que pendant ce temps là, Lejaby, fabricant de sous-vêtements féminins, ferme son usine à Yssingeaux, et licencie 255 ouvrières, pour ouvrir une usine en Tunisie ! Et selon Aujourd’hui en France du 18 janvier, « Lejaby avait déjà perdu 410 emplois et fermé trois de ses usines, délocalisées en Afrique du Nord ».
Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre… »
La dégradation du AAA, signe-t-elle la fin de l'Etat-providence?
Dans Var-matin du 15 janvier, selon Georges-Marc Benamou l’Etat-providence, un modèle de politique sociale bâti dans l’après-guerre, n’est plus adapté à nos finances publiques. Et dit-il « les gouvernements ont laissé filer la dette. Penser, réformer l’Etat-mammouth, c’était prendre des risques ; mécontenter bien des barons locaux ; braquer une technostructure trop souvent archaïque et dépensière… » Autant dire que ce sont le mensonge, la démagogie et la lâcheté réunis qui ont mené nos gouvernants de Droite comme de Gauche. On peut ajouter l’idéologie ultralibéraliste de la mondialisation financière avec sa folie de suppression de toutes barrières douanières, ses délocalisations massives ayant entraîné la désindustrialisation du pays. Ce que je répète dans ces blogs depuis dix ans.
Certes « ces fameuses agences de notation, pas très sympathiques, auront (on l’espère) servi de réveil à des peuples endormis et à quelques rois fainéants ».
Malheureusement ce n’est pas si simple. Rappelons cette citation déjà parue dans un blog récent :
« Ce sont bien les politiques qui ont mis les Etats en dépendance totale de la finance internationale. En France, une réforme de la Banque de France, votée en 1973 sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, ministre des finances de Georges Pompidou, interdit au Trésor Public d’emprunter directement à la Banque de France à des taux d’intérêts nuls ou très faibles. Cela a ensuite été le cas au niveau européen, et validé par le Traité de Lisbonne (celui contre qui la majorité du peuple français a voté non)… En cas de crise, les Etats sont donc obligés d’emprunter aux banques privées… lesquelles en cas de difficultés sont soutenues par les Etats qui leur prêtent… à des taux peu élevés ou par la Banque centrale européenne qui prête à taux très bas. Bref le système tourne systématiquement à l’avantage des banques et au détriment des contribuables. (Revue Silence, janvier 2012).
Pour parler clairement, il s’agit d’une énorme arnaque, cause de tous nos malheurs, et dont le seul objectif est de pousser les Etats à privatiser un maximum de Services publics tout en rognant un maximum de droits acquis. Comment appelle-t-on cette technique des banques de prêter incessamment à des Etats qu’ils savent insolvables, après leur avoir interdit d’emprunter à leur Banque centrale ou aux particuliers (par l’achat de Bons du Trésor, ce qui est toujours possible aux Etats-Unis ou au Japon) ? Un complot contre l’Euro.
Pourquoi un complot contre l’Euro ? Parce que les Etats-Unis savent que leur dollar ne vaut plus rien. Ils ont essayé par la guerre en Irak et en Afghanistan de raffermir le pétrodollar, mais en vain. Ils savent que les Chinois sont en train de faire admettre le yuan comme monnaie internationale en Asie.
Ils savent depuis la création de l’Euro que celui-ci, à terme, risquait de supplanter le dollar. Pour l’économie américaine c’était la fin du monde, tous les moyens ont été mis en œuvre pour saboter l’Euro. La naïveté et la bêtise de nos gouvernants, ajoutées à leurs dissensions à l’intérieur de la zone Euro (aucune harmonisation des politiques fiscale et sociale) ont bien aidé les comploteurs.
Dans de nombreux blogs j’ai déjà expliqué pourquoi, dans le cadre de la mondialisation financière imposée par ce Nouvel Ordre Mondial, le modèle social de l’Union européenne, dont la France était le meilleur exemple, devait être cassé. Ce que cherchent les artisans de ce Nouvel Ordre Mondial, c’est en effet, Monsieur Georges-Marc Benamou, la fin de l’Etat-providence !
Comme si après les « Trente glorieuses », les progrès de productivité dus aux nouvelles technologies devaient avoir comme conséquence la régression sociale et les « Trente piteuses ». Quel paradoxe !
Le complot est avéré, mais il n’est pas dévoilé parce que les médias appartiennent à ces artisans-là et que les membres des partis traditionnels, soit, ont été corrompus par les différents lobbies de la finance mondiale, soit, ont été fascinés et abusés par cette idéologie mortifère. L’on a jamais tant parlé de droits de l’homme et d’humanisme alors que depuis vingt ans, s’est instaurée, à l’échelle de la planète, la loi de la jungle dans les domaines économique et social.
Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre à l’usage des jeunes générations »
Toulon, le 13 janvier 2012
Je ne suis pas sûr que le 21 décembre 2012 verra la fin du monde.
Dommage. Parce que ce monde depuis bien trop longtemps se fout du monde !
Depuis quelques mois j’avais remisé dans un placard un enregistreur-lecteur de DVD de marque JVC. Il n’avait en fait jamais fonctionné comme il faut. Je l’avais donc déposé au service après vente de Conforama au moins cinq fois, pour rien, avant qu’expire la garantie. Mes courriers de réclamation furent lettres mortes. De toute façon ce système si novateur fut rapidement dépassé.
Désirant faire de la place dans mes placards, je téléphone donc à la déchèterie de cette ville de près de 200000 habitants, capitale d’une agglomération qui en compte 400000.
Je dus procéder à trois tentatives avant d’obtenir un interlocuteur : « appuyez sur étoile, appuyez sur 1 » etc. Enfin, on me dit que pour venir à la déchèterie, il faut une carte. Pour obtenir la carte, il faut envoyer un dossier avec photocopie de la carte d’identité, de la carte grise et d’une attestation de domicile. On reçoit la carte environ un mois plus tard. Ça concerne donc les professionnels. Mon interlocuteur me dit alors « pour les particuliers, adressez-vous à la Mairie ». À la Mairie, on me dit de m’adresser au service de ramassage des ordures. Au service de ramassage des ordures, on m’informe que je n’ai qu’à le mettre à la poubelle !
Effaré, je pense alors aux dizaines de milliers de magnétoscopes, de lecteurs de DVD, de CD, de téléviseurs, d’ordinateurs, de Smartphones et autres gadgets électroniques qui ne sont jamais recyclés. J’imagine tout cet or, argent, platine, plomb, palladium et autres « terres rares » enfouies dans les décharges.
Je suppose qu’il vaut donc mieux indemniser trois millions de chômeurs plutôt que d’organiser une filière de récupération.
Mais peut-être que les normes européennes ne permettent pas de rendre rentable une telle activité ?
C’est semble-t-il pourquoi, depuis deux décennies, certains, clandestinement, arrivent à envoyer quelques tonnes de matériel électronique usagé en Afrique, en Inde ou en Chine. Et il semble même que là-bas, ce sont des enfants qui mettent les mains dans ces métaux dangereux, sans aucune protection.
Mais les politiques et les médias ne cessent de parler de développement durable. Et les enseignants ne cessent d’inciter leurs élèves à être des citoyens respectueux de l’environnement. Depuis l’an 2000 la loi interdit d’enfouir ces déchets dans les décharges. Mais elles ont toutes vu leur prolongation autorisée par les préfectures, et on cherche encore, partout, de nouveaux sites.
Quelle comédie, quelle escroquerie, quelle lâcheté de la part de ceux qui sont censés représenter le peuple !
Et ils se précipitent pour se faire élire, encore et encore, toujours les mêmes, irresponsables, corrompus, qui ne courent en fait, qu’après le pouvoir, pour profiter, pour la plupart, du sexe et du fric faciles !
La nature se fiche bien de notre totale irresponsabilité.
Nous allons être submergés par nos ordures, jusqu’à en crever. Puis tremblements de terres, irruptions volcaniques et autres tsunamis remettront tout en place sur cette Terre dévastée par l’Homme.
Et il n’aura subi que ce qu’il mérite.
Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre… »
Banalisation de l'islamisation
Dans Var-matin du 8 janvier, un « expert » sexologue précise qu’aux Etats-Unis la mode « no sex » touche des jeunes qui préconisent la chasteté… « Ce type de mouvement est encore marginal en France… on note toutefois une certaine islamisation qui véhicule la valeur de la virginité, mais seulement pour les jeunes filles… »
On rêve : valeur de la virginité. Il s’agit bien plutôt d’appropriation totale du corps de la femme ! Quelle stupide façon de banaliser ce qu’il y a de pire, de criminel dans le machisme religieux aussi archaïque que contraire aux droits de l’homme dont tout un chacun ne cesse pourtant de se gargariser. Une religion qui bafoue les droits de la femme par des violences psychiques et physiques, lui imposant obéissance, soumission, pour la transformer en objet. Des jeunes femmes ont été assassinées en France ou brûlées vives par leur propre père ou leur frère pour avoir tenté de sortir de cette spirale diabolique.
Quel recul en peu de temps dans les mentalités, après deux siècles de luttes pour la laïcité ! Voltaire doit se retourner dans sa tombe.
Pour se désintoxiquer des religions, lire « Bienheureux les enfants de la Mère », d’Annaba.
Ces débiles-mentaux qui nous gouvernent
Extrait de Var-matin du 7 janvier.
« Le député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca, a vanté les bienfaits sur l’immigration de la création d’une usine Renault à Tanger : "Que vaut-il mieux ? Une usine Renault au Maroc qui donne de travail à 6000 Marocains sur place et contribue au développement du pays ? Ou 6000 travailleurs immigrés de plus dans une usine Renault en France ? Poser la question c’est y répondre !" ».
Encore un apôtre aveugle de la mondialisation.
Il est évident que si Renault veut vendre des voitures au Maroc, et que le gouvernement marocain souhaite qu’à cet effet Renault monte une usine de montage au Maroc, c’est gagnant-gagnant et il n’y a rien à redire.
Mais si c’est pour ensuite exporter les voitures vers la France ou un autre pays, alors c’est une grande absurdité dont les travailleurs français pâtissent depuis déjà trop longtemps. Pourquoi Monsieur Lionnel Luca devrait-il faire venir 6000 marocains en France, alors que le pays compte déjà près de 4 millions de chômeurs et 2 millions de bénéficiaires du RSA ? Parce que parmi eux, il n’y a pas 6000 ouvriers capables d’être embauchés par Renault ?
C’est-à-dire que l’enseignement et la formation professionnelle en France sont inexistants ?
Mais peut-être que leurs salaires sont trop élevés ?
Alors on se précipite là où les salaires sont bas et les syndicats bâillonnés. Un néo-colonialisme, un nouvel esclavagisme qui s’est révélé perdant-perdant. Sauf pour ceux qui multiplient ainsi leurs profits. Mais la récession dans les pays anciennement développés est en train de leur couper le blé facile sous les pieds.
C’est ça la Mondialisation, la suppression de toutes barrières douanières, la frénésie des délocalisations et la désindustrialisation du pays, l’accroissement incessant du déficit commercial et l’endettement constant de l’Etat.
Monsieur Lionnel Luca, ce ne sont pas les Agences de notation qui minent ce pays, c’est vous et vos amis.
À trois mois de l’élection présidentielle, l’UMP et le PS n’ont encore rien compris. C’est grave !
Philippe Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre … »
Retour sur la condamnation de Chirac
Chirac a été condamné pour quelques emplois fictifs. On a montré dans un blog récent qu’il n’est pas le seul à avoir agi ainsi et que la pratique des emplois fictifs est récurrente dans les sphères des entreprises publiques et semi-publiques.
Souvent sur Internet et dans certains magazines, les salaires et avantages divers du Président de la République et de certains élus sont étalés et trouvés scandaleux. Cela représente pourtant une goutte d’eau dans les gabegies des ministères et des prétendues Autorités administratives indépendantes (AAI) entre autres.
Un grand nettoyage est certes nécessaire, mais gardons nous de jeter le bébé (les services publics) avec l’eau du bain.
En revanche, ceux qui depuis plusieurs décennies ont mis le pays dans cette situation catastrophique pour des raisons idéologiques, donc en connaissance de cause, jouissent toujours d’une grande autorité et même de la considération de l’opinion publique, du moins pour ceux qui sont encore vivants.
C’est dire l’ignorance dans laquelle est entretenue la population par des médias à la solde du Nouvel ordre mondial.
Il ne s’agit pas de paranoïa mais de faits.
« Ce sont bien les politiques qui ont mis les Etats en dépendance totale de la finance internationale. En France, une réforme de la Banque de France, votée en 1973 sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, ministre des finances de Georges Pompidou, interdit au Trésor Public d’emprunter directement à la Banque de France à des taux d’intérêts nuls ou très faibles. Cela a ensuite été le cas au niveau européen, et validé par le Traité de Lisbonne (celui contre qui la majorité du peuple français a voté non)… En cas de crise, les Etats sont donc obligés d’emprunter aux banques privées… lesquelles en cas de difficultés sont soutenues par les Etats qui leur prêtent… à des taux peu élevés ou par la Banque centrale européenne qui prête à taux très bas. Bref le système tourne systématiquement à l’avantage des banques et au détriment des contribuables. (Revue Silence, janvier 2012).
Pour parler clairement, il s’agit d’une énorme arnaque, cause de tous nos malheurs, et dont le seul objectif est de pousser les Etats à privatiser un maximum de Services publics tout en rognant un maximum de droits acquis.
Les responsables sont également à gauche. Il y a quelques semaines, Marianne, a relevé que l’ex-président de la Commission européenne, Jacques Delors, sur RTL avait dénoncé l’impuissance de l’Europe dans la crise financière, alors qu’il « porta à bout de bras l’acte unique signé en 1986 qui a débouché sur un vaste marché dérégulé, ouvert aux grands vents de la mondialisation néolibérale, soumis au dumping salarial, à la circulation des capitaux et à la loi du moins disant fiscal […] Jacques Delors a honte de l’Europe qu’il a lui-même enfantée ».
Dans la Grèce antique, le Tribunal du Peuple (dikasteria) jugeait la corruption, la négligence et les erreurs des décideurs politiques. Dans la Rome ancienne, les hommes politiques corrompus étaient amenés en haut de la Roche tarpéienne, d’où ils étaient jetés (« La Roche tarpéienne est proche du Capitole »).
Que ces hommes qui ont façonnés en toute connaissance de cause notre chemin de douleur et celui de nos enfants soient jugés et condamnés à de très lourdes peines, que tous leurs biens soient confisqués par l’Etat. Et que les médias nous disent enfin la vérité et arrêtent de nous endormir en nous abreuvant en permanence de détails insignifiants.
« À la télé on peut pas dire la vérité, y-a trop de gens qui regardent » Coluche.
Philippe Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre… »
MORTS POUR RIEN EN AFGHANISTAN
Premier blog de l’année de tous les dangers politico-économiques. 2011 c’est terminé dans le sang de deux soldats français tués par le tir délibéré d’un soldat de l’armée nationale afghane ! Cela porte le nombre des morts en Afghanistan à 78.
Que faisons-nous en Afghanistan ? C’était déjà une question posée par Marianne au début de 2011, avec cette réponse de Renaud Muselier (UMP) : « Il faut rester solidaire de nos alliés », et la position de Jean-Luc Mélenchon : « L’objectif ultime de notre présence en Afghanistan est le contrôle des pipelines et l’acheminement du gaz et du pétrole ».
Devinez où se cache la criminelle hypocrisie mensongère ?
L’Afghanistan est évidemment une zone de production potentielle de pétrole, de gaz et de bien d’autres ressources très convoitées, et avec le Pakistan, le lieu de passage de ces mêmes richesses en provenance de plusieurs pays de l’Ex-URSS.
Mais ceux qui sont en train de tirer les marrons du feu inutile de cette guerre absurde, ce ne sont ni la France ni ses prétendus « Alliés », faits cocus par les Chinois, qui pour ça, n’ont pas eu à verser une seule goutte de sang !
« L’Afghanistan a signé, mercredi 28 décembre, un premier accord d’exploitation pétrolière avec la Chine, qui devrait rapporter à Kaboul 7 milliards de dollars sur les vingt-cinq prochaines années. L’accord autorise la compagnie publique chinoise China National Petroleum Corporation, à exploiter trois champs pétroliers le long du fleuve Amou Daria (nord). AFP (cité dans Le Monde du 30 décembre 2011).
Les ressortissants chinois ne risqueront rien. Les « Triades » ne font pas la guerre aux fanatiques religieux et se soucient peu des droits de l’homme. Ils arroseront également les Talibans de quelques dollars et l’ordre enfin règnera. Inch’Allah !
2012, année de tous les dangers, mais le Nouvel Ordre Mondial se porte bien.
Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre… »
