La décroissance

Info contre intox. L’économie mondiale court après la « croissance » pour résoudre ses multiples problèmes et n’arrive qu’à détruire et polluer la planète. Les économistes qui prêchent la « décroissance », sont boycottés par les médias.

02 juillet 2009

Le faux problème des retraites

Grand débat sur l’âge de la retraite dans « Aujourd’hui en France » du 22 juin 2009.

« Un débat inévitable » selon le gouvernement ; « augmenter l’âge légal de la retraite : la piste est régulièrement avancée par les experts pour combler le trou de l’assurance vieillesse (7,7 milliards en 2009) ».

« Voyez », disent les journalistes benêts ou vendus, « la retraite est à 65 ans dans la plupart des pays de l’Union ».

Quant aux syndicats, ils y voient « un recul pour les salariés » et réclament « d’autres solutions de financement », c’est à dire augmenter les impôts sur la fortune, alors qu’ils savent très bien que c’est une idiotie, puisque personne n’est capable d’empêcher les riches d’aller mettre leur fortune ailleurs.

En fait le véritable débat n’est jamais ouvert, et les salariés, du moins pour ce qu’il en reste, sont sacrifiés une nouvelle fois sur l’autel du libre-échange absolu, de l’ultralibéralisme. Personne ne met en cause un système aux conséquences néfastes, destructrices de nos sociétés.

Or pourquoi les caisses de l’assurance vieillesse sont elles vides ?  Parce que depuis vingt ans les délocalisations se sont multipliées avec l’assentiment de tous les gouvernements de droite comme de gauche, complètements acquis à cette idéologie  de   la  mondialisation  de   la  Finance,   totalement

en contradiction d’ailleurs, avec la théorie économique classique *.

Depuis que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est échinée à supprimer tous les obstacles à la liberté des échanges quels qu’ils soient, la France ne fabrique quasiment plus rien, et elle est donc obligée d’acheter la quasi totalité des produits qu’elle consomme à l’extérieur.

« Avec une présentation des faits qui travestit la vérité par ignorance ou dessein, le protectionnisme apparaît comme un véritable tabou. Le refus d’identifier le libre-échange comme cause de la tourmente actuelle, montre que ses partisans ont quitté l’univers de la réflexion pour entrer dans celui de la pensée magique. » Le Monde Diplomatique, mars 2009

Le libre-échange poussé dans ses extrêmes a provoqué la multiplication des  délocalisations des entreprises vers les pays à bas coût salarial et à faible protection sociale et écologique, en augmentant le chômage, en faisant pression sur les salaires et sur les acquis sociaux.

La seule solution pour faire revenir les entreprises, donc pour dynamiser l’emploi, et pour ré-alimenter les caisses de l’assurance vieillesse, tout en  améliorent le pouvoir d’achat, c’est  de briser le tabou et d’instaurer enfin un certain protectionnisme. Il s’agit de l’éco-taxe et de la socio-taxe sur les produits en provenance des pays qui ne respectent ni le droit du travail, ni aucune charte de préservation de l’environnement. Une taxation que ni la gauche ni la droite ne proposent parce que les nations européennes n’ont plus aucun pouvoir ; l’Organisation Mondiale du Commerce interdit de telles taxes. Or l’OMC est une organisation noyautée par les responsables des multinationales, des gens qui n’ont été élus par personne et qui pourtant font  la loi sur toute la planète. 

En revanche, les État-Unis font ce qu’ils veulent : « Pékin accuse Washington de protectionnisme » (Le Figaro du 24/01/2008). Et les Chinois aussi : « Pékin a fait passer auprès des autorités locales du pays un mot d’ordre : "Achetez chinois" » (Le Monde du 19 /06/2009). La Chine vient d’instaurer des taxes sur ses exportations de matières premières (fer, cuivre, aluminium) pour empêcher qu’elles sortent du pays, au grand dam des États-Unis.

Jamais le dessous des cartes n’est présenté dans les médias, détenus par les grands groupes industriels qui tirent profit de ce système inique. Système inique puisqu’il y a de plus en plus de riches dans le monde… et de plus en plus de pauvres ; c’est le résultat d’un système où seul la rentabilité à court terme est recherchée, sans se soucier des conséquences sur les populations. Alors que la productivité qui a atteint des chiffres inouïs depuis un siècle aurait dû générer une société de paix et de redistribution.

Et aujourd’hui chaque catégorie sociale, chaque corporation, descend à tour de rôle dans la rue pour tenter de préserver son pré carré qui se réduit jour après jour ; mais jamais ne se lève un mouvement de révolte générale sur un sujet qui pourtant concerne tout le monde : le retour à la rationalité  économique, où dans le cadre de l’Union, chaque pays, peut négocier avec le reste du monde de ses importations et de ses exportations. Il est illusoire de prôner une politique sociale dans un pays qui a perdu son potentiel industriel. C’est un mensonge de faire croire qu’un pays peut vivre seulement avec des services et une administration. Un pays dont le déficit commercial est sans fin et toujours plus important, perd son indépendance politique et économique, et se retrouve sous la domination des banques et des institutions financières internationales.

Pour Karl Marx, le capitalisme était nécessaire, puisqu’il permettait une accumulation des moyens de production, que les salariés devaient s’approprier dans une deuxième phase, afin d’instaurer le socialisme. Or le libre-échange absolu, ou ultralibéralisme, grâce au pétrole gaspillé et pas cher, ainsi qu’aux possibilités apportées par l’informatique et l’Intranet, en délocalisant les moyens de production, là où ça lui chante, évite ainsi, d’abord, les revendications des salariés, ensuite, le risque de nationalisation, et enfin les normes de respect de l’environnement de plus en plus sévères. C’est ainsi que le marxisme et tout ce qui en découle est devenu obsolète, et que le capitalisme financier qui a remplacé le capitalisme industriel, est devenu un  prédateur absolu destructeur des sociétés du Nord comme de celles du Sud, donc à abattre ! 

Plutôt que de gaspiller l’énergie des citoyens à des revendications catégorielles, il s’agit plutôt aujourd’hui, d’obliger les politiques à participer à l’élaboration d’un nouveau système, où le critère dominant ne soit plus le profit, et qui tienne compte, réellement, de la protection de l’environnement et de la préservation des ressources pour les générations futures.

*  La théorie de l’échange de David Ricardo (1772-1824), un des papes du libéralisme, démontrait par exemple, que l’Angleterre avait intérêt à se spécialiser dans le tissage afin de vendre une partie de sa production à l’Espagne, qui elle, ne disposait pas de si bons ateliers, et qu’en revanche l’Espagne pouvait vendre du vin à l’Angleterre, qui ne pourrait jamais en produire de si bon.

Certes la puissance économique de l’Angleterre au XIXe  fut surtout due au colonialisme, mais ses économistes, ses élus et ses journalistes semblent être allés à meilleure école que les nôtres ; ils n’auraient jamais imaginé  délocaliser leurs ateliers de tissage en Espagne sous prétexte que la main d’œuvre y était moins chère.  Extrait d’un blog précédent.

                       Philippe Annaba, auteur de « Bienheureux les enfants de la Mère ».OMC

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16 mai 2009

L'Université du Désastre

Les étudiants bloquent les universités, ils ne sont jamais satisfaits des réformes ; à chaque fois ils refusent l’autonomie que les gouvernements successifs veulent leur donner, sous le prétexte que c’est une privatisation déguisée. Et ils ont sans doute raison. Mais ça fait des années que l’université est faite pour fabriquer des professeurs, des ingénieurs, des cadres commerciaux ou financiers, des physiciens et des chimistes qui sont tous formatés pour servir ce système absurde de la Globalisation financière, et surtout, ne pas réfléchir sur les effets désastreux sur plus de la moitié de la population du monde et sur la planète entière.

« L’Université d’aujourd’hui est un lieu anti-culturel, voire un antre de barbares ». Gaétan Daoust, professeur, Université de Montréal

« Il faut fonder l’Université du Désastre » Paul Virilio.

Que peuvent toutes ces  révoltes  d’enfants gâtés, sans une profonde réflexion sur les causes de tout ce merdier. Des gens ont depuis longtemps bien expliqué les méthodes et les objectifs de la mondialisation et comment lutter contre elle, mais tout le monde en Occident a trop été conditionné à profiter du système pour le mettre vraiment en cause. La preuve c'est que l'Union Européenne a été détournée de ses objectifs pour en faire l'instrument de la Globalisation financière, et tout le monde s'en fout. Les élections européennes de juin n'intéressent pas grand monde, à cause de l'ignorance fabriquée par les médias. Mais les  gens sont accros aux médias et ne peuvent réfléchir par eux-même.

Il est vrai que tout le système économique, qu'il soit capitaliste ou socialiste repose sur le patriarcat, et aucune des élites du monde riche ne veut remette en cause ce système, ni en entendre parler. Le monde entier a été conditionné par le patriarcat et les religions patriarcales dont les principes demeurent. Cette citation de René Quinton est le pivot de mon livre "Bienheureux les enfants de la Mère":

« La première mission des mâles n’est pas de se reproduire, mais de s’entre-tuer. Dans l’ensemble du monde vivant, leurs carnages préludent à l’amour. La femelle propage l’espèce ; le mâle, par sa mort, la sélectionne. La nature, qui en bénéficie, crée les mâles pour s’entre-détruire ; elle leur en donne le goût et la force de risquer. » René Quinton (1866-1925),  Maximes.

C’est ainsi que depuis plus de 7 à 8000 ans, les hommes se sont appropriés le pouvoir et ne l'ont pas lâché, en maintenant les femmes en soumission afin de laisser libre court à leurs instincts de domination, de pouvoir et de cupidité.

Pourquoi ne parle-t-on jamais dans les médias ou dans les écoles de livres comme Les femmes avant le patriarcat et Le féminisme ou la mort, que Françoise d'Eaubonne a écrit il y a près de 40 ans déjà. C'est bien plus révolutionnaire que les digressions "petit bourgeois" de Simone de Beauvoir. Sans parler d’Ecoféminisme, de Maria Mies et Vandana Shiva, dont voici quelques extraits :

              Écoféminisme* de Laria Mies et Vandana Shiva

                                   Éditions L’Harmattan

Des problèmes traités comme des entités séparées par les scientifiques, les politiciens, les économistes [sont] en réalité interconnectés et cette interconnexion du vivant [est] effectivement le fondement de toute vie sur terre et de ses pouvoirs régénérateurs (page 9). M.M.

L’écoféminisme était et reste un concept qui ouvre la perspective d’une société et d’une économie qui ne serait pas fondée sur des colonisations de tous genre : celle des femmes par les hommes, de la nature par les êtres humains, des colonies par les métropoles. Après la chute du communisme en Europe de l’Est, il nous est apparu que cette perspective était plus nécessaire que jamais, précisément parce que les États où régnait autrefois le "socialisme authentique", reposaient et reposent encore sur un modèle de croissance permanente des forces productives et de la production de marchandises. Ce qui implique aussi l’exploitation brutale de la nature et le maintien d’une relation patriarcale entre les sexes […]

Il était évident aussi que le "capitalisme authentique", que par euphémisme on dénomme aujourd’hui économie de marché, était incapable de fournir le cadre d’une société respectueuse de l’environnement, des femmes, des enfants et de la nature (page 9). M.M.

L’Accord Multilatéral sur l’Investissement (AMI), négocié secrètement depuis 1995 à l’OCDE à Paris a non seulement pour but de "libérer" le commerce mondial – ce que les accords du GATT / Organisation Mondiale du Commerce ont déjà fait – mais aussi de "libérer" les investissements étrangers. Les gouvernements qui signeront l’AMI vont offrir aux investisseurs étrangers des droits sans précédent de pénétrer leurs pays, d’investir dans les secteurs de leur choix, d’importer et d’exporter librement des fonds, sans être embarrassés par des préoccupations locales d’environnement, de droits humains de travail, de droits des femmes. En signant l’accord, ces gouvernements transmettront des pans décisifs de leur souveraineté nationale et régionale aux société transnationales. Ce sont ces entreprises qui détermineront alors la politique économique de ces États et non plus leurs gouvernements élus. Par conséquent, cette globalisation sape aussi ce que nous entendons par démocratie (page 10). M.M.

Le "global" opposé au "local" se retrouve maintenant largement dans le discours écologique et de développement […] Les groupes d’intérêt qui recherchent un libre accès à toutes les ressources naturelles de même qu’au travail humain et aux marchés, se présentent souvent eux-mêmes comme les gardiens de la "communauté mondiale", de la "paix globale", de l’"écologie globale" ou des droits humains universels et de la liberté du marché mondial. La promesse implicite de ce mondialisme est qu’un "marché libre mondial" conduira à un monde de paix et de justice. Au nom d’objectifs communs ou globaux qui reconnaissent de facto le fait que nous dépendons tous d’une même planète, ils réclament néanmoins le droit d’exploiter une écologie locale, des communautés, des cultures etc. Les victimes sont toujours locales… (page 21). M.M. et V.S.

[Dans le cas des grands barrages en Inde], ce qui était présenté comme ‘intérêt national’ étaient les intérêts électoraux et économiques d’une poignée de politiciens financés par une poignée de contractants et d’industriels qui tiraient profit de la construction de tous les barrages…(page 23)

« Nous voyons comme des problèmes féministes, la dévastation de la terre et de ses êtres par les guerriers d’entreprises et la menace d’annihilation nucléaire par les guerriers militaires. C’est la même mentalité masculiniste qui voudrait nous dénier notre droit sur notre propre corps et notre propre sexualité, et qui dépend de multiples systèmes de domination et de pouvoir étatique pour arriver à ses fins […] En défiant ce patriarcat, nous sommes loyales envers les générations futures, envers la vie et envers cette planète elle-même. Nous en avons une compréhension profonde et particulière, à la fois au travers de nos natures et de nos expériences de femmes » Ynestra King, The Eco-Feminist Perspective.

Quand les femmes dans les différents mouvements – écologique, pacifiste, féministe et surtout ceux qui s’occupent de santé – redécouvrirent l’interdépendance et l’interconnexion de tout, elles redécouvrirent aussi ce qu’on appelle la dimension spirituelle de la vie ; la prise de conscience de cette interconnexion a parfois été elle-même appelée spiritualité. Les matérialisme capitalistes et marxistes, qui voyaient tous deux la réalisation du bonheur humain conditionnée fondamentalement par l’expansion de la production de biens matériels a nié ou dénigré cette dimension. De leur côté, les féministes ont commencé à réaliser la signification de la ‘chasse aux sorcières’ au début de l’ère moderne, dans la mesure où la science et la technologie patriarcales ne se sont développés qu’après que ces femmes (les sorcières) aient été assassinées, détruisant en même temps leurs connaissances, leur sagesse et leur relation étroite avec la nature […] Le terme ‘spirituel’ est ambigu, il signifie des choses différentes d’une personne à l’autre. Pour certaines, c’est une sorte de religion, mais qui n’est pas basée sur la continuation des religions monothéistes patriarcales telles le christianisme, le judaïsme ou l’Islam, qui sont toutes indubitablement hostiles aux femmes et à la nature vu leur traditions fondamentalement guerrières […] Certaines l’appellent le principe féminin, habitant et imprégnant toute chose (page 30).

La pertinence écologique de cette insistance sur le ‘spiritualité’ repose sur la redécouverte du caractère sacré de la vie, selon lequel la vie sur terre peut seulement être préservée si les gens se remettent à percevoir toutes les formes de vie comme sacrées et les respectent en tant que telles. Cette qualité n’est pas localisée dans une déité d’un autre monde, dans une transcendance, mais dans la vie de tous les jours, dans notre travail, dans les objets qui nous entourent…(page31). M.M. et V.S.

La colonisation de la semence est le pendant des modèles de colonisation du corps des femmes […] Elle ne se reproduit pas par elle-même alors que par définition une semence est une ressource régénératrice. Ainsi des ressources génétiques, par manipulation technologique, transforment une source renouvelable en une source non renouvelable (page 44/45). V.S.

Le tabou auquel on ne touche jamais dans [les] comités d’éthique, est le mariage profondément immoral entre la science et la force, la science et le militarisme, la science et le patriarcat capitaliste […] Ce que le scientifique ne voudrait pas se faire à lui-même, il ne devrait pas non plus le faire à autrui (page 66). M.M.

La pauvreté des pays sous-développés [n’est] pas le résultat d’un retard ‘naturel’ mais la conséquence directe du sur-développement des pays industriels riches qui exploitent ce qu’on appelle la périphérie, l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Asie. P 72. M.M.

La croyance qu’un niveau de vie matériel élevé équivaut à une bonne ou une haute qualité de vie est le support idéologique essentiel pour soutenir et légitimer le modèle de croissance et d’accumulation de la société industrielle moderne. Sans l’adhésion des masses, le système ne peut ni durer ni fonctionner […]

Les coûts économiques, sociaux et écologiques de la croissance continue dans les pays industrialisés ont été et sont transférés dans les pays colonisés du Sud, à l’environnement et aux peuples de ces pays P 74. M.M.

La société d’abondance est une société qui disposant d’innombrables marchandises manque des nécessités fondamentales de la vie : de l’air respirable, de l’eau pure, de la nourriture saine, de l’espace, du temps et du calme. P 78. M.M.

La pauvreté perçue culturellement n’est pas nécessairement une vraie pauvreté matérielle : les économies de subsistance qui satisfont les besoins de base par un auto-approvisionnement ne sont pas pauvres dans le sens de privation. Néanmoins, l’idéologie du développement les déclare pauvres parce qu’elles ne participent pas irrésistiblement à l’économie de marché ni ne consomment les marchandises produites et distribuées par le marché, même si elles satisfont ces besoins de base par des mécanismes d’auto-approvisionnement. Les gens sont perçus comme pauvres s’ils mangent du millet (cultivé par des femmes) plutôt que des aliments transformés, produits et distribués commercialement, vendus par l’industrie agroalimentaire globale. Les gens sont perçus comme pauvres s’ils vivent dans des maisons qu’ils ont construites eux-mêmes avec des produits naturels comme le bambou et de la boue plutôt que du béton. Ils sont perçus comme pauvres s’ils portent des vêtements qu’ils ont fabriqués eux-mêmes à partir de fibres naturelles plutôt que synthétiques. La subsistance, perçue culturellement comme pauvreté, n’implique pas nécessairement une qualité de vie inférieure sur le plan matériel. Au contraire, les millets, par exemple, ont une valeur nutritionnelle supérieure aux aliments traités, les maisons bâties avec des matériaux locaux au lieu de béton sont mieux adaptés au climat et à l’écologie du lieu, on préfère généralement les fibres naturelles aux fibres synthétiques, et elles sont surtout plus abordables. La perception culturelle d’une vie prudente de subsistance comme étant de pauvreté a permis de légitimer le développement comme projet ‘d’éradication de la pauvreté’. Le ‘développement’, en tant que processus culturellement dévoyé, détruit des styles de vie salubres et durables et, au lieu et place, crée une réelle pauvreté, ou une misère matérielle, en refusant les moyens de survie et en détournant les ressources vers la production intensive de marchandises. P 90. V.S.

Les forêts de Gandmardhan [en Inde] sont une source de plantes richement diversifiées et d’approvisionnement en eau. Elles alimentent vingt-deux ruisseaux intarissables qui à leur tour alimentent de grandes rivières et des fleuves dans le Mahanadi. Selon la mythologie indienne, Gangmarghan est la colline sacrée où Hanuman rassembla les herbes médicinales qui sauvèrent la vie de Laxman dans l’épopée de Ramayana ; le sauveur doit, à présent, être détruit pour laisser la place au ‘développement’. Il doit être désacralisé par la Bharat Aluminium Compagny (BALCO) afin d’extraire de la bauxite. La BALCO s’est installée à Gandmardhan après avoir détruit le caractère sacré et écologique d’une autre montagne importante, Amarkantak, la source des fleuves Narmada, Sone, et Mahanadi. La destruction de Amarkantak fut le prix élevé à payer pour des réserves qui, de toute façon, se révélèrent beaucoup moins importantes qu’elles n’avaient d’abord été estimées […]

Ce conflit et ces ravages étaient inutiles parce que l’Inde n’a pas besoin d’autant d’aluminium, elle en a déjà un surplus. Cependant l’activité minière est dictée non par les besoins du peuple indien mais par la demande de pays industrialisés qui ferment leurs propres usines d’aluminium et encouragent l’importation à partir de pays comme l’Inde. Le Japon a réduit sa capacité de fusion d’aluminium de un million deux cents mille tonnes à cent quarante mille tonnes et importe aujourd’hui quatre-vingt dix pour cent de ses besoins en aluminium […]

La survie des autochtones de Gandmardhan est ainsi menacée parce que des pays riches veulent préserver leur environnement, leurs économies et le luxe de leur niveau de vie. P 120 V.S.

La mondialisation, telle qu’elle est définie dans la perspective du capitalisme patriarcal, signifie simplement la possibilité globale du capital d’accéder à toutes les ressources et tous les marchés du monde. P 128.V.S.

[Le rôle de l’Etat] consiste à présent à fournir aux transnationales des ressources naturelles, des services de base et essentiels, des concessions, une protection des infrastructures et des brevets et de les protéger contre les revendications populaires en matière de droits du travail, à la santé, environnementaux et humains […]

On peut dire que l’Etat s’est atrophié sauf dans le domaine de l’ordre public. P 129. V.S.

Un des paradoxes les plus contagieux de notre temps, est la montée simultanée de nationalisme étroits et de la globalisation de l’économie mondialisée. Le nivellement ‘du terrain de jeu’ est censé remettre au même niveau toutes les cultures, toutes les différences. Cependant, plus ce ‘nivellement’ est violent, plus violente est l’expression d’identité ethnique et culturelle comme base du nationalisme. P 128.

L’émergence de l’Hindutva, ou fondamentalisme hindou comme idéologie nationaliste est un exemple d’idéologie politique aveugle aux processus économiques de la mondialisation et de la désintégration qui en découle. Les fondamentalistes négligent de relier l’érosion actuelle de liberté et d’autonomie à la servilité de l’Etat indien au capitalisme mondial. La nouvelle tendance à la recolonisation n’est pas abordée comme une question politique. Au lieu d’examiner le présent et le futur, le fondamentalisme, comme idéologie pseudo-nationaliste , tente de reconstruire le passé à partir de catégories masculinisées et militarisées.

P 129. V.S.

La vision patriarcale du monde présente l’homme comme la mesure de toutes valeurs, sans espace pour la diversité, uniquement pour la hiérarchie. La femme étant différente, est traitée comme inégale et inférieure. La diversité de la nature n’est pas considérée comme une valeur intrinsèque en soi, une valeur qui ne lui est conférée qu’au travers de son exploitation économique à des fins commerciales […] La destruction de la diversité et la création de monocultures deviennent un impératif pour le patriarcat capitaliste.

La marginalisation des femmes et la destruction de la biodiversité vont de pair. Une perte de diversité est le prix à payer pour le modèle de progrès patriarcal qui pousse inexorablement aux monocultures, à l’uniformité et à l’homogénéité. P 185. V.S.

* terme utilisé pour la première fois par Françoise d’Eaubonne dans Le féminisme ou la mort._tudiants

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13 mai 2009

Ils ont l'air fin avec leur F1 à Flins!

À la une d’« Aujourd’hui en France » du 5 mai 2009 : une photo en pleine page : « Ce pourrait être le circuit de F1 en Ile-de-France. Un circuit qui pourrait accueillir 120 000 spectateurs pour le Grand Prix de France dès 2011. Il devrait voir le jour à Flins (Yvelines) et les premières fouilles ont débuté hier ».

Les lecteurs et lectrices de « Aujourd’hui en France » ne sont pas tous des benêts ; la preuve, l’une d’entre eux reproche au journal ne pas avoir mentionné les nombreuses oppositions à ce projet. Le rédacteur en chef a répondu qu’un dossier était paru dans l’édition des Yvelines. Quelle hypocrisie ! C’est bien la preuve qu’il ne faut surtout pas faire de bruit sur les dossiers sensibles. Ce stupide projet concerne tout le monde. Il met en évidence la politique bidon du « développement durable ». Comment peut-on aujourd’hui avoir encore l’outrecuidance de favoriser les courses automobiles ? Les benêts ne veulent rien comprendre mais ils sont rois !

Donnons ici un extrait d’un article de la revue Silence de mars 2009 su ce projet de circuit de F1 : « Le choix du site pose question : il est en zone inondable, au-dessus de la deuxième nappe phréatique d’Ile-de-France et faisait l’objet jusqu’à maintenant de négociations pour y implanter un grand projet d’agriculture biologique maraîchères destiné à alimenter la capitale selon des circuits courts (Amap entre autres). La décision du département heurte de plein fouet [ce] projet porté par la région et qui cherche à faire passer les cultures bio de 0,78% à 6% de la surface de l’Ile-de-France […] Un collectif s’est mis en place pour demander l’abandon du projet de circuit : www.collectif-flinssansf1.org ».

Quant le pétrole sera redevenu rare  (dans pas si longtemps), les légumes et les fruits d’Andalousie seront très chers et les habitant de l’Ile-de-France n’auront plus de bolides à admirer et plus rien à bouffer : ils ne l’auront pas volé ! Les benêts et les lâches mourront de faim et ce sera bien fait, c’est ça la sélection naturelle !

Annaba, auteur de « Proférations gnostiques »F1

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La Révolte par le Boycott

La Révolte par le Boycott.

Dans les supermarchéscaisse_automatique arrivent les caisses automatiques pour remplacer les caissières.

Dans la presse et à la télé, les contestataires de tous poils ne cessent de pleurer sur la crise, le chômage, la baisse du pouvoir d’achat etc. Mais pas un mot sur ce scandale.

Par de pseudo-interviews, la presse ne cesse de créer dans l’opinion publique une atmosphère de crise et de récriminations dérisoires, afin de cacher les problèmes de fond.

Sous quels prétextes complètement débiles, la technique devrait-elle s’imposer aux hommes. Le profit ? Les évènements récents montrant où a mené cette recherche sans réflexion du profit dans un système financier mondial gouverné par le plus grand cynisme, n’ont donc pas servi de leçon ? Une crise totalement bidon (voir blog précédent), puisque les multinationales continuent à engranger de super bénéfices.

Mais que font les syndicats, la gauche, l’extrême gauche, les alter mondialistes, les objecteurs de croissance et autres, devant ce scandale des caisses automatiques ? Tous les gens sensés, de quelque bord qu’ils soient, devraient manifester devant ces Temples du Profit Mondialisé jusqu’à ce que ces machines soient mises au rebut.

Mais non, l’on se précipite encore, comme des chiens de Pavlov.

L’on ne peut critiquer un système, voir chaque jour s’amplifier ses méfaits et continuer à s’empiffrer de sa chiure.

Un système mis en place par les multinationales avec la caution des politiques. Quitte à faire le sacrifice de payer plus cher ailleurs, la seule solution est de boycotter les produits de ces multinationales qui traitent leurs employés et leurs clients avec tant de cynisme, de désinvolture et de mépris.

Tous ceux qui utilisent ces caisses automatiques, sont des benêts, qui demain brandiront des banderoles dans les rues pour réclamer des emplois.

Annaba, auteur de « Proférations gnostiques ».

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20 avril 2009

Le Capitalisme, une religion

Capitalisme« Le capitalisme : un système qui marche ! »

Dans Le Figaro comme dans tous les médias, jamais un débat ou une tribune libre sur la « Décroissance », pourtant n’importe qui peut y exprimer n’importe quoi pourvu que ce soit politiquement correct. C’est ainsi que dans la rubrique « Débats » du 17 avril 2009, un certain Nicolas Lecaussin affirme qu’il ne faut surtout pas réformer ou moraliser  le capitalisme puisque « c’est grâce à lui que le monde se porte beaucoup mieux qu’il y a vingt, cinquante ou cent ans », et que la preuve que c’est un système qui marche, « c’est qu’il a survécu alors que le système communiste s’est effondré ».

Selon lui « nous mangeons mieux et plus sainement », et « notre environnement n’a jamais été aussi propre qu’aujourd’hui » etc.

Jamais ce monsieur n’a pris conscience que les progrès en matière de santé ne sont pas dus qu’au seul capitalisme, mais aussi à la recherche d’Etat, à la protection sociale, à la santé gratuite. En revanche, la plupart des cancers qui frappent les Occidentaux aujourd’hui sont dus à la « malbouffe » et à une culture intensive qui incorpore dans l’alimentation pesticides et engrais chimiques, sans compter les pollutions en tous genres.

Comme l’a montré Max Weber, la rationalité économique et l’esprit du capitalisme en Occident furent liés à l’origine à l’éthique protestante. Une rationalité qui a permis le développement des sciences et des techniques. Mais le productivisme fut aussi dû, certes à l’exploitation des travailleurs, mais également à la colonisation, puis au néocolonialisme, et aujourd’hui encore, à la spoliation des richesses minières, forestières et agricoles des pays pauvres ou émergents. Une exploitation des hommes et de la nature dans le seul but d’accroître le profit de multinationales.

La croissance économique s’est maintenue à deux chiffres dans les pays occidentaux tant que le pétrole trop bon marché, a permis une explosion des activités industrielles, de transport, et du marché de l’automobile. L’arrivée à saturation de ces activités a réduit la croissance, mais le bilan est négatif eu égard aux pollutions, nuisances et autres désagréments qui pourtant, entrent dans le calcul du PIB alors qu’ils sont par essence négatifs et devraient en être déduits. Il s’agit par exemple des coûts liés aux accidents de la route, médicaux, hospitalisations, réparations, remboursements d’assurances, sans compter la mort d’êtres chers, qui sont portés au crédit du PIB au lieu d’être portés à son passif.

Monsieur Lecaussin trouve également que notre environnement n’a jamais été aussi propre qu’aujourd’hui. Il oublie bien sûr tous les élevages intensifs, le lisier déversé dans les rivières de Bretagne, les algues vertes qui inquiètent tous les riverains du littoral breton ; sans parler des cultures intensives qui font de la France le premier utilisateur de pesticides de l’Europe ! Il oublie aussi que depuis 2001, il ne devrait plus exister de décharges dans ce pays, mais que l’on continue malgré tout à enfouir des millions de tonnes de déchets dans la terre. Certes le recyclage est parti, mais au ralenti parce qu’il ne génère pas encore assez de profits. Il n’est pas encore rentable, parce que l’on continue à acheter pas cher des produits que nous gaspillons, comme l’aluminium par exemple, qui nous manqueront demain, et dont l’extraction polluent des pays pauvres. Des pays pauvres chez qui nous envoyons, bien que la loi l’interdise, nos déchets électroniques dont nous ne savons que faire. Il n’est même pas besoin de parler d’un autre oubli, celui des déchets nucléaires.

Certes, un système uniquement basé sur le profit « ça marche », mais pour qui et pour combien de temps ? Comme l’écrivait Hans Jonas il y a plus de trente ans : « Nos arrières-petits enfants n’auront plus personne pour présenter leur facture ». Monsieur Lecaussin ne sera plus là non plus, mais comme le dit si bien le titre d’un très beau film passé sur Arte : « Nos enfants nous haïrons ».

Annaba, auteur de "Bienheureux les enfants de la Mère"

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13 avril 2009

"L'Insurrection qui vient"

À propos de « L’insurrection qui vient », aux Éditions La Fabrique, auteur : Comité invisible.

Je suis d’accord sur l’analyse que ce petit livre fait de la société actuelle, et certes le capitalisme, surtout depuis qu’il est plus financier qu’industriel, est la cause des malheurs du monde.

Mais par-delà le capitalisme, c’est l’homme qui est un prédateur invétéré ; c’est-à-dire l’être humain et en particulier le mâle humain, qui comme tout mâle dans la nature est mené par son instinct de domination et de conquête :

« La première mission des mâles n’est pas de se reproduire, mais de s’entre-tuer. Dans l’ensemble du monde vivant, leurs carnages préludent à l’amour. La femelle propage l’espèce ; le mâle, par sa mort, la sélectionne. La nature, qui en bénéficie, crée les mâles pour s’entre-détruire ; elle leur en donne le goût et la force de risquer. » René Quinton (1866-1925),  Maximes.

Depuis la disparition de René Quinton, l’homme s’est doté d’énormes moyens techniques, scientifiques et psychologiques pour mieux asservir les autres.

L’ennemi n’est pas seulement ailleurs, il est aussi au plus profond de nous. L’homme, n’en déplaise aux philosophes des Lumières, ne naît pas bon et généreux, et la Divine Providence est un mythe pour cacher les tractations inavouables et combien juteuses des affairistes. La colonisation s’est faite sous le prétexte de l’humanisme : il fallait apporter la civilisation aux « sauvages » !

Cette révolte radicale, tous azimuts, le livre ne dit pas quel en est le but. L’insurrection pour quoi faire ? La Révolution française a déjà produit « La Terreur » ; pour que la bourgeoisie invente le capitalisme, que les nobles et l’Eglise refusaient, afin de préserver leurs privilèges obsolètes.

Des communes peuvent très bien s’organiser et s’imposer, sans qu’il soit nécessaire de tout casser et de tuer des gens qui n’ont rien fait d’autre que d’êtres passifs ou de faire un métier qu’ils n’ont peut-être pas choisi.

La critique des thèses des « objecteurs de croissance » est injuste, parce que déjà, la simplicité volontaire, le boycott de tout ce que produisent les multinationales est  beaucoup plus efficace qu’une hypothétique insurrection. Certes les mensonges des médias et des politiques méritent des actions dures et violentes contre leurs mercenaires ; et ce sont des cibles bien plus responsables et coupables que les flics ou les commerçants qui reçoivent leurs cocktails molotov.

Enfin le langage employé est souvent abscons. Une suite de leitmotivs et de sentences péremptoires ne forme pas un raisonnement. C’est pourquoi je ne pense pas que le véritable auteur soit Julien Coupat.Insurrection

ANNABA, auteur de "Bienheureux les enfants de la Mère"

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11 avril 2009

Dr House hypnotise les benêts

3,3 % d’audience pour « Le marché de la faim » d’Erwin Wagenhofer sur Arte mardi soir (7 avril 2009).

Après des décennies de croissance, de productivisme, de développement technique et scientifique, pourquoi, 100000 personnes meurent de faim chaque jour en 2009 ?

« Le marché de la faim » est un réquisitoire contre l’ « agrobusiness ». Ce sont aussi, autant de preuves du cynisme de ces multinationales qui nous fontdarfour2 non seulement manger n’importe quoi, mais engrangent d’immenses profits en paupérisant la planète. Comment prendre conscience que la plupart des hommes politiques et des journalistes sont à leur service et ne cessent de nous mentir, si l’on préfère, par facilité et lassitude, regarder des séries américaines plutôt que de rechercher à être véritablement informé de ce qui se passe. Les extrémistes du libre-échange ne connaissent pas de frontières ; pour faire un super-riche il faut un million de pauvres, demain, ce sera notre tour. Dans le monde occidental, de plus en plus de personnes mourront de faim. Un juste retour des choses. Notre lâcheté aura sa part de responsabilité.

Chacun dit « mais que puis-je faire ? Déjà, à chaque fois que c’est possible, c’est-à-dire lorsque qu’ils ne sont pas nécessaires à notre survie, il s’agit de boycotter toutes les productions des multinationales, seules responsables de la bidonvilisation du monde.

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01 avril 2009

Le tabou du protectionnisme

Chaque jour un « bien-pensant » contre le protectionnisme.

Dans toute la presse, dMonde_diplou Nouvel Observateur au Point, en passant par Le Monde, Libération, Europe 1 ou France Culture, c’est « Haro contre le protectionnisme ! »

Dans Aujourd’hui en France du 31 mars, l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris y va de sa mise  en garde : « Et surtout, nous devons résister aux tentations du protectionnisme. Personne ne doit jouer cette carte […] Pour la première fois depuis 60 ans, l’économie mondiale va avoir un taux de croissance négatif (sic). C’est dramatique et dangereux. Mais les mesures protectionnistes seraient pires que tout. Par exemple, si nous interrompons le commerce avec les Chinois, nous aurons un taux d’inflation en hausse vertigineuse car c’est grâce aux prix très bas des produits chinois que nous avons connu une croissance élevée et une inflation très basse. »

Que de contrevérités, et ce n’est pas le journaliste du consensus qui va le contester.

Notons déjà, que depuis que l’Organisation mondiale du commerce s’est échiné à supprimer tous les obstacles à la liberté des échanges quels qu’ils soient, la France ne fabrique quasiment plus rien, et elle est donc obligée d’acheter la moitié des produits industriels qu’elle consomme à l’extérieur.

Or l’OMC ne comporte aucun élu, il n’est composé que des représentants des lobbies des multinationales.

Seul Le Monde Diplomatique de mars 2009 apporte la contradiction :

« Avec une présentation des faits qui travestit la vérité par ignorance ou dessein, le protectionnisme apparaît comme un véritable tabou. Le refus d’identifier le libre-échange comme cause de la tourmente actuelle, montre que ses partisans ont quitté l’univers de la réflexion pour entrer dans celui de la pensée magique. »

Le libre-échange généralisé impulsé par l’OMC a permis la multiplication des  délocalisations vers les pays à bas coût salarial et à faible protection sociale et écologique, en augmentant le chômage, en faisant pression sur les salaires et sur les acquis sociaux. Ce qui pousse les ménages à l’endettement.

« Ce que les travailleurs des pays développés perdent en revenu, ne va pas  vers les pays émergents mais sert à enrichir encore plus une mince élite dont la fortune a littéralement explosé dans les dix dernières années. »

« La déflation importée s’est également installée dans l’Union européenne à la faveur de l’élargissement avec les stratégies des nouveaux entrants… [qui] ont délibérément joué du dumping fiscal, de taux de change avantageux, de cotisations sociales réduites et des dérogations obtenues dans l’application des réglementations écologiques pour attirer des investissements de délocalisation. Compte tenu de la taille de ces pays, il est évident que les investisseurs n’y viennent pas pour le marché intérieur mais pour s’en servir comme plate-forme de réexpédition vers les pays du cœur historique de l’Union européenne. »

« La combinaison du libre-échange et de la rigidité de monétaire de l’euro rend nécessaire, du point de vue des entrepreneurs, l’immigration clandestine. Le sans-papiers n’est pas couvert par le droit social existant. L’immigration devient alors l’équivalent d’une dévaluation de fait et d’un démantèlement des droits sociaux face à la pression de la concurrence importée. »

« Des mesures protectionnistes, qui permettent de moduler les échanges avec l’extérieur, à l’encontre de l’autarcie, qui vise un repli sur soi, s’imposent donc. C’est même la condition sine qua non de toute politique de revalorisation salariale qui rende les ménages solvables et permette d’accroître la demande. Augmenter les salaires sans toucher au libre-échange est soit une hypocrisie soit une absurdité. Par ailleurs, seul le protectionnisme peut arrêter la spirale du moins-disant fiscal et du moins-disant social qui s’est instauré aujourd’hui en Europe. »

Auteur de l’article du Monde Diplomatique : Jacques Sapir, Directeur à l’Ecole des hautes :études en sciences sociales (EHESS).

Honte à l’ensemble des médias qui refusent un débat sur le protectionnisme.

ANNABA, auteur de "Bienheureux les enfants de la Mère"

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19 mars 2009

19 mars: une grève anachronique

19 mars 2009 : Manifs contre la crise. Pour un meilleur pouvoir d’achat, contre la précarité.

Les benêts sont dans la rue. Ébahis, ils ont découvert la crise, aujourd’hui ils en découvrent les conséquences.Manif_19_mars

Or depuis trente ans, les sages du Club de Rome, ainsi que Jacques Ellul, Hans Jonas, Nicholas Georgescu-Roegen et tant d’autres, comme Le Monde Diplomatique ont tenté d’attirer l’attention du public sur les dégâts qu’allait infliger la Finance mondiale aux économies développées comme au Tiers-monde. Mais les médias, à la solde des multinationales n’ont cessé de conforter le public des pays riches dans son aveuglement et de l’inciter à surconsommer et à foncer toujours plus vite dans le mur.

Vous pouvez sortir dans la rue, manifester, vociférer contre M. Mittal (Arcelor) ou contre la fermeture de Continental, ou encore contre les bénéfices de Total. Ils s’en foutent complètement ; ils n’écoutent pas vos plaintes, ils ne sont pas là.

Rendus individualistes au plus haut degré par nos médias nous assommant sans cesse de divertissements débiles au lieu de nous informer véritablement de ce qui se passe dans notre dos, nous avons laissé nos élus de droite comme de gauche, se soumettre pieds et poings liés aux dictats de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), et de l’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement). Des organismes dont les responsables ne sont pas élus, mais à qui nos politiques ont donné les pleins pouvoirs pour permettre de délocaliser les entreprises, de spolier encore plus les ressources minières des pays du Sud et de s’accaparer de leurs terres pour alimenter les pays du Nord. Depuis ce temps, ce ne sont plus les pays du Nord qui colonisent les pays du Sud, c’est la Finance mondiale qui colonise la planète entière, là où il y a du profit à faire, sans aucun souci des conséquences sur les populations.

L’heure n’est plus aux revendications catégorielles, il faut arrêter ces grèves aussi récurrentes que ridicules et qui ne servent qu’à conforter notre ego patriarcal. L’urgence nécessite une révolution dans les mentalités (Plutôt que de lire les âneries encensées par les médias menteurs, lire « Écoféminisme » de Maria Mies et Vandana Shiva, publié par L’Harmattan).

L’heure est au regroupement autour d’une Internationale de Résistance à la Finance. Le Grand Marché Mondialisé est totalement en contradiction avec le respect de l’environnement et la pénurie prochaine du pétrole. Le développement durable, le capitalisme vert, sont des mensonges.

La crise est une occasion formidable pour prendre conscience que la solution pour que nos enfants aient encore une planète vivable, est dans la simplicité volontaire. Pour lutter contre la Finance mondiale, il suffit de boycotter tous les produits des multinationales, qui ne sont prétendument pas chers, tout simplement parce que ces multinationales exploitent des peuples entiers avec l’accord de leurs gouvernants corrompus.

Il faut que l’économie redevienne locale. Les politiques, les financiers, les décideurs des multinationales nous mentent depuis des années : le développement global ne peut se faire que par le développement local. Le développement local, c’est la reconstruction d’une industrie de proximité et respectueuse de l’environnement, le retour de l’artisanat, la remise en culture des terres proches des villes, ce qui redonne du travail aux populations, évite une consommation aberrante de l’énergie fossile, empêche les grandes fortunes de se développer et reconstitue le tissu social.

De toutes façons, le drame de demain c’est la surpopulation ; mais les pays développés n’ont aucun droit à exiger des politiques antinatalistes des pays pauvres puisque c’est nous, qui consommons et polluons vingt fois plus qu’eux. Lorsque chacun d’entre nous aura compris qu’il a le pouvoir de changer les choses, il n’y aura plus besoin de grèves, et des collectifs locaux de citoyens enfin conscients de leurs possibilités, pourront prendre les choses en mains.

Selon un sondage de la presse, seulement 14 % des personnes interrogées s’intéressent aux élections européennes de juin prochain. Quelle déraison ! C’est déjà l’Union Européenne qu’il faut remettre sur les rails du bon sens, afin qu’elle cesse d’être aux ordres des lobbies des multinationales et de faire n’importe quoi. La dernière preuve : l’autorisation prévue, du coupage du rouge avec du blanc pour faire du rosé pas cher, mais de mauvaise qualité, ce qui aura comme conséquence de ruiner les viticulteurs de Provence. Tout le monde s’en fout bien sûr ; c’est comme ça que, petit à petit un pays développé devient un pays sous-développé, tout en engraissant encore et encore, les plus grande fortunes du monde.

                     Annaba, auteur de « Bienheureux les enfants de la Mère »

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10 mars 2009

Les enfoirés du Show-biz

Douze millions de téléspectateurs

pour le concert des Enfoirés.

Pour écouter gentiment

« changer le monde

changer les choses

avec des bouquets de roses.

Tout changer en douceur

changer les âmes

changer les cœurs

avec des bouquets de fleurs. »

Mais les vedettes du show-biz

vont continuez à acheter leur coke,

pour entretenir les plus grands des criminels.

Ce n’est pas avec des bouquets de roses

qu’on va forcer corrupteurs et corrompus

à arrêter de spolier et de dilapider

les richesses de la planète ,

et de voler leurs terres aux plus pauvres

pour mieux nourrir les riches.

Ce n’est pas avec des bouquets de fleurs

qu’on va empêcher les guerres, financées

par des multinationales en quête de marchés,

de pétrole, et de ces métaux si précieux ,

pour fabriquer tous ces gadgets électroniques

après lesquels nous courrons tous

comme des drogués de la consommation

aussi futile que dérisoire.

Que de morts, que de famines

pour le confort superfétatoire

de tous ces petits bourgeois encoconnés

dans des cages dorées ,

dont ils ne perçoivent plus les barreaux

darfour2à force d’endoctrinement médiatique. 

                Philippe ANNABA

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