Revenons sur la chronique de Claude Allègre dans « L’Express » du 6 avril 2006, qui me laissait pantois :

« Cette attitude [des partisans de la décroissance] à l’égard de la science et du progrès est injuste et absurde. Injuste parce que c’est la science qui a détecté les nuisances que l’homme fait courir à l’environnement[encore heureux, mais il a fallu la forcer un peu, non ?] Absurde parce que c’est la science qui permet de résoudre les problèmes. Le progrès scientifique, aujourd’hui, c’est fixer les conditions d’un développement industriel propre et les modalités d’un équilibre entre l’homme et la nature, sans ralentir pour autant la croissance économique ».

Sur le moment je n’ai pas pensé à un exemple pourtant dramatique : l’amiante.

Claude Allègre ignore-t-il que la nocivité de l’amiante est connue depuis 1906, et que son utilisation n’a été interdite qu’en 1997 !

« La première observation de surmortalité chez des ouvriers utilisant de l'amiante a été réalisée en 1906 par Denis Auribault, inspecteur du travail à Caen. Mais si l'on s'en tient aux preuves scientifiques incontestables, le lien entre l'amiante et le cancer du poumon remonte à 1955, et celui avec le mésothéliome (cancer de la plèvre dont l'origine est quasi-exclusivement due à l'amiante) à 1960 » (François Malye). Claude Allègre ne pouvait ignorer qu’en ce qui concerne ce problème de l’amiante, les scientifiques, les industriels et les Etats étaient de connivence à travers le Comité Permanent Amiante. Ce Comité comprenait deux professeurs, il était financé par des industriels et avait la haute main sur la politique de l’amiante avec la complicité de l’Etat Français. L’amiante qui va faire au total en France 100.000 morts d’ici 2025 est malheureusement l’illustration qui réfute l’optimisme béat de trop nombreux grands professeurs et trop nombreuses hautes personnalités politiques.

Annaba : http://philippe.annaba.free.fr