Naïf ou cynique Jean-Louis Servan-Schreiber ?

Dans sa chronique « Ma mondialisation » (Nice-Matin du 4 juin 2006), J-L S.S écrit : « C’est la mondialisation de chacun, la vôtre…Grâce à Internet nous communiquons avec tous les individus et tous les organismes de la planète et nous disposons d’une information illimitée quasi gratuite » Oui, mais Internet c’est le meilleur et aussi le pire, avec ces enfants qui passent la majeur partie de leur temps devant un écran, pas pour se cultiver ni réfléchir, mais pour s’enfermer dans la facilité et se conditionner encore plus à consommer n’importe quoi. Internet, une merveilleuse jungle où de plus en plus, tous les coups seront permis parce qu’aucun Etat, aucune institution ne pourra bientôt plus le contrôler, où même les banques ne pourront plus assurer la sécurité à leurs clients (déjà aujourd’hui, si vous vous faites avoir par un faux distributeur de billets, vous avez peu de recours, alors que vous pouvez perdre gros).

J-L S.S continue : « Avec les voyages à prix cassés, nous allons où nous voulons… » Lui, aura sans doute, toujours les moyens de se payer l’avion pour aller où il voudra même quand le billet vaudra une petite fortune, dans pas longtemps. C’est difficile de faire voler un avion avec de l’huile de colza, à moins peut-être de re-coloniser l’Afrique pour la transformer en un immense champ de biocarburant.

Il termine  par « Ce siècle appartiendra donc aux audacieux et aux astucieux ». Alors il n’y a vraiment aucun espoir de voir l’effet de serre diminuer… Pauvre planète !

Mais surtout ce qui ne choque pas J-L S.S c’est que la spécificité de cette mondialisation, c’est son caractère exclusivement financier. Les techniques informatiques mises au service des multinationales, ont permis à la Finance Mondiale d’ôter tout pouvoir aux Etats-nations, elle fait et défait les économies et les politiques sociales des pays, elle  désagrège  leurs institutions et de ce chaos annoncé seul le pire ne pourra sortir.

Annaba http://philippe.annaba.free.fr