Les clandestins :

Pourquoi, plutôt que de risquer leur vie en traversant la mer avec des embarcations de fortune, les clandestins ne restent-ils pas chez eux pour cultiver la terre et nourrir leurs familles ?

Parce que le plus souvent ils ont été chassés de leurs terres par les multinationales (avec bien sûr l’aide de l’armée et de la police locale, obéissant aux ordres de soi-disant chefs d’Etat mis en place par des guerres, financées par les « dessous de table » des dites multinationales). Ainsi les Occidentaux peuvent manger des bananes, des ananas et autres produits exotiques, plutôt que leurs fruits et légumes de saison. Ainsi il peuvent mettre de l’essence dans leur voiture ou du fioul dans leur chaudière. Ainsi il peuvent acheter des diamants à leur maîtresses. Ainsi nous pouvons alimenter nos centrales nucléaires, consommer des boissons conditionnées dans des boites d’aluminium que l’on jette (n’importe où). Ainsi d’autres Occidentaux en exploitant la terre de ceux qu’ils ont chassé et une main d’œuvre  bon marché, peuvent s’en mettre plein les fouilles et se pavaner sur des super Yachts. 

Les politiques continuent  à prêcher la croissance, à prévoir la construction de gratte-ciels de plus en plus hauts, et à distribuer à qui gueule le plus fort, une manne, qui depuis déjà longtemps ne tombe plus du ciel. Les industriels continuent à spolier les ressources naturelles et à polluer tout en revêtant hypocritement la « peau d’âne » du développement durable.

Et les benêts continuent à manifester dans les rues pour leur pouvoir d’achat, le pouvoir de remplir leurs caddies à raz-bord.

Nous nous croyons innocents de ce qui nous arrive (le pire est à venir), mais nous sommes entièrement responsables de ce que nous faisons au monde, et le KARMA de cette civilisation de la mort est si noir que nous n’échapperons pas sa loi. Nous ne subissons que la conséquence de notre ignorance, de notre passivité et de notre lâcheté. Depuis trente ans nous refusons d’écouter les « objecteurs de croissance » et les partisans de la « simplicité volontaire ». Après avoir écouté sans méfiance les marchands, vendeurs de faux bonheurs,  maintenant il ne nous reste plus qu à subir l’inéluctable malheur.

   Annaba, auteur de « Bienheureux les enfants de la Mère »