Compassion et concurrence économique :

Dans « Var-Matin » du 9 novembre 2008 : une enquête sur les Roms, « les plus pauvres parmi les pauvres ».

En Roumanie ils sont sujets aux brimades, à l’exclusion et aux discriminations. Mais depuis qu’ils sont citoyens européens, ils ont le droit de vivre en France, même si personne ne nous a demandé notre avis !

D’autre part dans les critères d’adhésion à l’Europe, «  les États membres doivent respecter l’état de droit et la protection des minorités ». Et c’est bon pour la France mais pas pour la Roumanie ! C’est vraiment du « n’importe quoi » cette Europe !

Le début de l’article commence ainsi : « Alin a 23 ans. Ses deux enfants galopent dans la caravane, le troisième va naître bientôt… »

La France un pays où l’on vient pour pondre ! (On met au monde un enfant après mures réflexions et en ayant conscience de ses responsabilités, sinon… comme un animal, on pond !)

En revanche, chaque jour,  des entreprises françaises délocalisent en Roumanie parce que la main d’œuvre y est moins cher. On se pince pour être sûr qu’on n’est pas dans un mauvais rêve !

La loi est de plus en plus stricte en ce qui concerne le stationnement des camping-cars, ce qui est normal, mais il suffit d’être clandestin et de venir s’installer n’importe où avec vingt ou cinquante caravanes pour faire impunément n’importe quoi, devant des forces de l’ordre totalement impuissantes !

Et celui qui n’est pas content et qui le dit, se retrouve sous le coup de la stupide et inique loi « Gayssot ». Comme si, s’élever contre des pratiques illégales et dangereuses, c’était xénophobe sous le prétexte qu’il s’agit d’étrangers.

D’où vient cette compassion pour les étrangers, les clandestins et autres Roms qui, rejetés par leurs pays, viennent réclamer des droits en France ?

Cette fausse compassion et cette lâcheté commune devant les problèmes de l’immigration clandestine, creusent le lit du racisme de demain et des conflits qu’on voit déjà poindre entre les communautés, lorsque la survie des derniers arrivants empiète sur la vie des premiers.

Si un pays tel que la France, à la pointe dans le monde en matière de protections sociales, acquises de hautes luttes, s’ouvre sans contrôle à tous les damnés de la terre, c’est à plus ou moins longue échéance, la fin de ces acquis. Et en effet ils ont déjà été largement entamés. Quel est l’intérêt des Français, qu’ils soient de « souche » ou d’origine immigrée, à favoriser la multiplication des bénéficiaires d’un « gâteau » déjà réduit par une récession définitivement installée ? (une récession, conséquence évidente d’une politique néo-libérale absurde de délocalisations effrénées).

En quoi des hypothétiques « droits de l’homme » devraient-ils avoir priorité sur les droits des citoyens à recueillir le fruit de leur labeur et des cotisations qu’ils ont versées?

Il est étrange que des associations accourent pour défendre des immigrés clandestins dont ils ne connaissent aucunement les motivations profondes, alors qu’ils se soucient peu des pauvres qui sont dans leur rue ; entre autres, de ces personnes âgées qui, après une vie de travail mal payé, sont obligées de ramasser dans le caniveau,  quelques fruits et légumes à la fermeture des marchés. N’y a-t-il pas déjà suffisamment de nécessiteux dans ce pays sans en accueillir encore et encore ?

En fait derrière les bons sentiments se cache l’enfer de la démagogie. Des questions cruciales pour l’avenir sont transformées ainsi, avec l’appui des médias, en instrument de combat idéologique. Une attitude incohérente, dangereuse pour l’avenir, mais dans quel but ?

Par charité chrétienne ? Qu’est-ce que c’est ? Qui vit comme un chrétien aujourd’hui ? De l’école à l’entreprise, c’est la compétitivité, la concurrence, la domination qui est inculquée, et ce n’est pas d’aujourd’hui. La charité est une gageure dans un tel monde, où chacun ne cherche qu’à écraser son voisin ! Quelle comédie ! En quoi la classe moyenne, déjà exploitée et ponctionnée, devrait-elle encore payer plus d’impôts pour entretenir tous ceux qui passent à travers des frontières si mal gardées ? Pour satisfaire à la morale ? Sur quoi repose cette morale ? Sur l’exemple des grandes fortunes expatriées dans des paradis fiscaux ? Des élus grassement payés par les contribuables, alors qu’ils sont tous, à droite comme à gauche, à la solde des « lobbies » des multinationales ?

Il n’est pas toujours facile déjà, d’être solidaire des membres de sa famille et de ses amis, qu’est-ce qui nous obligerait à l’être de personne que nous ne connaissons ni d’Ève ni d’Adam ? Que d’années d’endoctrinement pour faire croire aux pauvres qu’ils doivent aide et assistance aux autres pauvres ! Jusqu’à faire de l’égoïsme, un péché laïque ! Quelle dérision !

Faire la charité, c’est cautionner un mauvais système ( le capitalisme financiarisé et globalisé), qui ainsi, va perdurer et continuer à engendrer la pauvreté.

La Charité s’immisce là où la Justice a été renversée.

C’est à dire que la charité légitime l’injustice.

Commençons par boycotter tous les produits de ces multinationales qui génèrent la misère partout sur cette planète ; afin de supprimer ainsi une des causes de l’injustice dans le monde.

Mais nous sommes nous-mêmes bien trop accros à notre surconsommation et préférons donc les illusions de la solidarité, terme laïcisé de la charité, au détriment de l’avenir de nos propres enfants.

                     Annaba, auteur de « Bienheureux les stériles »