La crise financière n’aura aucun effet sur les cyniques qui en sont responsables. 

« Vous nous avez fait confiance pour vous flouer. Nous vous faisons confiance pour nous renflouer », dit un banquier sur un dessin humoristique de « La décroissance » de novembre.

Les peines encourues par les coupables, si tant est qu’on les condamne, seront aussi dérisoires que scandaleuses, eu égard aux sommes faramineuses en cause. Entre les deux guerres, les grands escrocs de la finance ou ceux qui avaient ruiné leurs clients se suicidaient. C’était une autre époque ; ils avaient pignon sur rue, ils étaient connus, ils étaient malgré tout, encore dotés d’une certaine conscience morale.

La Finance globalisée, mondialisée, en noyautant la plupart des gouvernements des nations de la planète, a réussi à instaurer partout les conditions de sa domination. C’est ce qu’on appelle le néolibéralisme, en fait, un ultralibéralisme, une globalisation de l’économie mondiale.

La finance c’est appropriée par rachat ou infiltration et noyautage tous les médias importants afin de créer les mentalités, les conditionnements nécessaires à l’exercice du Pouvoir absolu. Ainsi toute pensée insufflée dans l’opinion publique est passée par leur filtre.

Que ceux qui auraient encore besoin d’une preuve sachent que tous les journalistes qui ont droit à la parole, ont été inconsciemment formatés pour servir ce système. Par exemple, ils ne cessent de vous répéter que personne n’avait prédit cette fameuse crise financière.

Charles Goldfinger dans L’utile et le futile en 1994, écrit que le montant des transactions des marchés financiers internationaux est soixante dix fois supérieur à celui du commerce mondial des marchandises  et que cela ne tiendra pas longtemps !..  

Depuis qu’elle existe, la revue « La décroissance » ne cesse d’expliquer pourquoi cette absurde et gigantesque bulle financière qui fait son beurre de la mondialisation et de la dérégulation, ne peut qu’exploser. Parmi les auteurs de ces articles il y a des universitaires, des professeurs, mais jamais les médias ne leur ont donnés la parole, si ce n’est pour les dénigrer, pour se moquer d’eux en déformant leur pensée, par exemple en répétant que la « décroissance » rendrait encore plus pauvres les pays pauvres. Alors que ces pays sont dans cet état de misère parce qu’ils sont spoliés et poussés à la guerre par les multinationales, comme cela a déjà été analysé dans de nombreux blogs précédents.

Précisons tout de suite que la notion de « développement durable » est une fumisterie. Jamais aucun pouvoir politique ou économique n’acceptera de mettre en œuvre les conditions nécessaires à l’arrêt du réchauffement climatique, à la suppression radicale des engrais chimiques et des pesticides, et à l’exploitation des ressources naturelles non renouvelables. Imaginer la réalisation de toutes ces conditions sur toute la planète d’ici 2020 relève d’une méconnaissance totale de la nature humaine et donc d’un aveuglement, résultat d’un endoctrinement programmé par les médias.

    Le seul moyen d’échapper à la tyrannie des prédateurs de la Finance mondiale, n’est pas de remplacer un de leurs valets par un autre. Aucune solution pour l’avènement d’une société de « simplicité volontaire » ou de « sobriété » ne peut venir de l’État, de ses institutions, de ses administrations, et encore moins de l’opinion publique.

Ceux qui en revanche perçoivent lucidement nos lendemains malsains, devront donc chercher à se regrouper en hameaux de survie ou éco-hameaux, afin de réunir un maximum de conditions permettant une vie de relative autarcie. Bien évidemment des relations étroites entre groupes devront être tissées afin de former un réseau cohérent d’entraides diverses. Dans un premier temps, il n’est ni souhaitable ni possible de couper les ponts entre le groupe ou les groupes et les institutions, même s’il est nécessaire de résister à toutes les réglementations absurdes qui risquent d’empêcher cette vie communautaire de prendre forme. Et certes il s’agit de profiter en revanche, de toutes le opportunités que les collectivités locales offrent.

Et bien sûr, plus ce type de tissus communautaire se développera, moins l’État pourra agir de façon répressive vis-à-vis de lui.

Ces communautés devront surtout tirer la leçon de la période hippie des années 70.

Tout le monde n’est pas beau et n’est pas gentil.

Les autorités et le voisinage sont a-priori hostiles. Il faut donc manier négociations et diplomatie. Le problème, c’est que les personnes convaincues que la seule solution se trouve sur le terrain, c’est le cas de le dire, sur la terre et par la terre, comme l’exprime avec tant d’intelligence Pierre Rabhi, pèchent le plus souvent par naïveté.

Toute communauté qui veut durer doit accepter une charte, et obéir à des règles strictes. Une communauté de survie n’est pas un centre de réinsertion, ni un refuge pour clandestins ou autres marginaux. Une communauté, c’est la joie de vivre, mais c’est aussi beaucoup de courage, de travail, de compétences et de rigueur, n’en déplaise à ceux qui , adultes, croient encore au Père Noël. Rien n’est plus sérieux et rien ne demande plus d’attention que la survie. Il est fort possible, qu’à partir de 2020, la France soit tombée dans un tel état de délabrement général, que des communautés ayant réussi à s’implanter solidement envers et contre tout, doivent faire face à des hordes de prédateurs écumant les campagnes, un peu comme dans « La route », le livre de Cormac Mc Carthy.

Depuis le début de la mondialisation, de l’avènement de la Finance mondialisée, avec ses délocalisations et la destruction des acquis des nations les plus développées sur le plan social, la précarité n’a cessé de croître avec la logique infernale de ce système économique absurde basé uniquement sur le profit, c’est à dire sur la surproductivité et la surconsommation.

Un système suffisamment analysé dans les blogs qui précédent et sur lequel il n’y a pas à revenir aujourd’hui.

À bon entendeur salut ! 

                                _neAnnaba