Néocolonialisme et fumisterie du « Développement durable »

Dans le monde du 21 novembre, « La Corée du Sud relance la course aux terres agricoles ».

Le gouvernement malgache, incapable de gérer son pays, brade ses terres cultivables à la Corée du Sud. Celle-ci va louer pour 99 ans, 1,3 million d’hectares à Madagascar et prévoit d’y produire 500 000 tonnes d’huile de palme et 4 millions de tonnes de maïs par an. Des cultures intensives avec force engrais chimiques et pesticides, bien sûr. Des cultures au tracteur alimenté par du pétrole ou du biocarburant dont on connaît les nuisances. Peu d’emplois sur place étant donné les matériels utilisés et par conséquent un exode des petits paysans, privés de leurs terres qui vont gonfler, comme toujours, les bidonvilles. Les semences étant importées des Etats-Unis, elles relèvent donc des OGM !

En Angola une firme britannique et un producteur de bananes américain cherchent à s’implanter. Les Etats du Golfe cherchent également des terres en Afrique et l’Arabie saoudite investie un million d’hectares en Indonésie.

Les populations locales seront désorganisées et ne bénéficieront au mieux que de quelques miettes. Cet affairisme autour de la terre qui appartient à ces peuples, est aux antipodes des véritables solutions pour l’Afrique que décrit Pierre Rabhi dans « Parole de terre, une initiation africaine ».

Après leur avoir spolié leur pétrole, leur or, leurs diamants, leur uranium, voilà que leurs propres gouvernements leur volent même leur terre nourricière.

N’est-il pas indécent « d’aller faire fabriquer son pain quotidien dans les champs de ceux qui meurent de faim ? » Christian Bouquet, professeur à Bordeaux III.

Nous sommes bien inconscients de notre responsabilité. Nous refusons de voir comment notre surconsommation se nourrit du vol des terres des petits paysans dans le monde pauvre, qui ainsi s’appauvrit encore. Les animaux que nous mangeons sont élevés au maïs ou au soja sud-américain, pour le plus grand profit des grands propriétaires et le malheur des petits paysans chassés de leurs terres. Il en est ainsi de toutes les cultures exotiques exportées et qui ruinent les sols.

Les terres africaine, malgache ou papoue sont bien assez riches pour que les cultures vivrières permettent aux populations de se nourrir dans le respect de la biodiversité. L’exploitation intensive des ressources de ces pays n’a toujours développé que la misère et la guerre, tout en permettant aux multinationales de faire de superprofits.

Tant que les Occidentaux n’auront pas compris que leur avenir et celui de leurs enfants est dans la sobriété, tant qu’ils n’auront pas conscience que leur seule arme est le boycott systématique de tous les produits qui génèrent des nuisances aux hommes et à la nature, ils ne pourront éviter des lendemains excessivement malsains.

                    _nephilippe.annaba.free.fr