19 mars 2009
19 mars: une grève anachronique
19 mars 2009 : Manifs contre la crise. Pour un meilleur pouvoir d’achat, contre la précarité.
Les benêts sont dans la rue. Ébahis, ils ont découvert la crise, aujourd’hui ils en découvrent les conséquences.
Or depuis trente ans, les sages du Club de Rome, ainsi que Jacques Ellul, Hans Jonas, Nicholas Georgescu-Roegen et tant d’autres, comme Le Monde Diplomatique ont tenté d’attirer l’attention du public sur les dégâts qu’allait infliger la Finance mondiale aux économies développées comme au Tiers-monde. Mais les médias, à la solde des multinationales n’ont cessé de conforter le public des pays riches dans son aveuglement et de l’inciter à surconsommer et à foncer toujours plus vite dans le mur.
Vous pouvez sortir dans la rue, manifester, vociférer contre M. Mittal (Arcelor) ou contre la fermeture de Continental, ou encore contre les bénéfices de Total. Ils s’en foutent complètement ; ils n’écoutent pas vos plaintes, ils ne sont pas là.
Rendus individualistes au plus haut degré par nos médias nous assommant sans cesse de divertissements débiles au lieu de nous informer véritablement de ce qui se passe dans notre dos, nous avons laissé nos élus de droite comme de gauche, se soumettre pieds et poings liés aux dictats de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), et de l’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement). Des organismes dont les responsables ne sont pas élus, mais à qui nos politiques ont donné les pleins pouvoirs pour permettre de délocaliser les entreprises, de spolier encore plus les ressources minières des pays du Sud et de s’accaparer de leurs terres pour alimenter les pays du Nord. Depuis ce temps, ce ne sont plus les pays du Nord qui colonisent les pays du Sud, c’est la Finance mondiale qui colonise la planète entière, là où il y a du profit à faire, sans aucun souci des conséquences sur les populations.
L’heure n’est plus aux revendications catégorielles, il faut arrêter ces grèves aussi récurrentes que ridicules et qui ne servent qu’à conforter notre ego patriarcal. L’urgence nécessite une révolution dans les mentalités (Plutôt que de lire les âneries encensées par les médias menteurs, lire « Écoféminisme » de Maria Mies et Vandana Shiva, publié par L’Harmattan).
L’heure est au regroupement autour d’une Internationale de Résistance à la Finance. Le Grand Marché Mondialisé est totalement en contradiction avec le respect de l’environnement et la pénurie prochaine du pétrole. Le développement durable, le capitalisme vert, sont des mensonges.
La crise est une occasion formidable pour prendre conscience que la solution pour que nos enfants aient encore une planète vivable, est dans la simplicité volontaire. Pour lutter contre la Finance mondiale, il suffit de boycotter tous les produits des multinationales, qui ne sont prétendument pas chers, tout simplement parce que ces multinationales exploitent des peuples entiers avec l’accord de leurs gouvernants corrompus.
Il faut que l’économie redevienne locale. Les politiques, les financiers, les décideurs des multinationales nous mentent depuis des années : le développement global ne peut se faire que par le développement local. Le développement local, c’est la reconstruction d’une industrie de proximité et respectueuse de l’environnement, le retour de l’artisanat, la remise en culture des terres proches des villes, ce qui redonne du travail aux populations, évite une consommation aberrante de l’énergie fossile, empêche les grandes fortunes de se développer et reconstitue le tissu social.
De toutes façons, le drame de demain c’est la surpopulation ; mais les pays développés n’ont aucun droit à exiger des politiques antinatalistes des pays pauvres puisque c’est nous, qui consommons et polluons vingt fois plus qu’eux. Lorsque chacun d’entre nous aura compris qu’il a le pouvoir de changer les choses, il n’y aura plus besoin de grèves, et des collectifs locaux de citoyens enfin conscients de leurs possibilités, pourront prendre les choses en mains.
Selon un sondage de la presse, seulement 14 % des personnes interrogées s’intéressent aux élections européennes de juin prochain. Quelle déraison ! C’est déjà l’Union Européenne qu’il faut remettre sur les rails du bon sens, afin qu’elle cesse d’être aux ordres des lobbies des multinationales et de faire n’importe quoi. La dernière preuve : l’autorisation prévue, du coupage du rouge avec du blanc pour faire du rosé pas cher, mais de mauvaise qualité, ce qui aura comme conséquence de ruiner les viticulteurs de Provence. Tout le monde s’en fout bien sûr ; c’est comme ça que, petit à petit un pays développé devient un pays sous-développé, tout en engraissant encore et encore, les plus grande fortunes du monde.
Annaba, auteur de « Bienheureux les enfants de la Mère »
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