La décroissance

Info contre intox. L’économie mondiale court après la « croissance » pour résoudre ses multiples problèmes et n’arrive qu’à détruire et polluer la planète. Les économistes qui prêchent la « décroissance », sont boycottés par les médias.

02 juillet 2009

Le faux problème des retraites

Grand débat sur l’âge de la retraite dans « Aujourd’hui en France » du 22 juin 2009. 

« Un débat inévitable » selon le gouvernement ; « augmenter l’âge légal de la retraite : la piste est régulièrement avancée par les experts pour combler le trou de l’assurance vieillesse (7,7 milliards en 2009) ». 

« Voyez », disent les journalistes benêts ou vendus, « la retraite est à 65 ans dans la plupart des pays de l’Union ». 

Quant aux syndicats, ils y voient « un recul pour les salariés » et réclament « d’autres solutions de financement », c’est à dire augmenter les impôts sur la fortune, alors qu’ils savent très bien que c’est une idiotie, puisque personne n’est capable d’empêcher les riches d’aller mettre leur fortune ailleurs. 

En fait le véritable débat n’est jamais ouvert, et les salariés, du moins pour ce qu’il en reste, sont sacrifiés une nouvelle fois sur l’autel du libre-échange absolu, de l’ultralibéralisme. Personne ne met en cause un système aux conséquences néfastes, destructrices de nos sociétés. 

Or pourquoi les caisses de l’assurance vieillesse sont elles vides ?  Parce que depuis vingt ans les délocalisations se sont multipliées avec l’assentiment de tous les gouvernements de droite comme de gauche, complètement acquis à cette idéologie  de   la  mondialisation  de   la  Finance,   totalement

en contradiction d’ailleurs, avec la théorie économique classique *. 

Depuis que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est échinée à supprimer tous les obstacles à la liberté des échanges quels qu’ils soient, la France ne fabrique quasiment plus rien, et elle est donc obligée d’acheter la quasi totalité des produits qu’elle consomme à l’extérieur. 

« Avec une présentation des faits qui travestit la vérité par ignorance ou dessein, le protectionnisme apparaît comme un véritable tabou. Le refus d’identifier le libre-échange comme cause de la tourmente actuelle, montre que ses partisans ont quitté l’univers de la réflexion pour entrer dans celui de la pensée magique. » Le Monde Diplomatique, mars 2009 

Le libre-échange poussé dans ses extrêmes a provoqué la multiplication des  délocalisations des entreprises vers les pays à bas coût salarial et à faible protection sociale et écologique, en augmentant le chômage, en faisant pression sur les salaires et sur les acquis sociaux.

La seule solution pour faire revenir les entreprises, donc pour dynamiser l’emploi, et pour ré-alimenter les caisses de l’assurance vieillesse, tout en  améliorent le pouvoir d’achat, c’est  de briser le tabou et d’instaurer enfin un certain protectionnisme. Il s’agit de l’éco-taxe et de la socio-taxe sur les produits en provenance des pays qui ne respectent ni le droit du travail, ni aucune charte de préservation de l’environnement. Une taxation que ni la gauche ni la droite ne proposent parce que les nations européennes n’ont plus aucun pouvoir ; l’Organisation Mondiale du Commerce interdit de telles taxes. Or l’OMC est une organisation noyautée par les responsables des multinationales, des gens qui n’ont été élus par personne et qui pourtant font  la loi sur toute la planète. 

En revanche, les État-Unis font ce qu’ils veulent : « Pékin accuse Washington de protectionnisme » (Le Figaro du 24/01/2008). Et les Chinois aussi : « Pékin a fait passer auprès des autorités locales du pays un mot d’ordre : "Achetez chinois" » (Le Monde du 19 /06/2009). La Chine vient d’instaurer des taxes sur ses exportations de matières premières (fer, cuivre, aluminium) pour empêcher qu’elles sortent du pays, au grand dam des États-Unis. 

Jamais le dessous des cartes n’est présenté dans les médias, détenus par les grands groupes industriels qui tirent profit de ce système inique. Système inique puisqu’il y a de plus en plus de riches dans le monde… et de plus en plus de pauvres ; c’est le résultat d’un système où seul la rentabilité à court terme est recherchée, sans se soucier des conséquences sur les populations. Alors que la productivité qui a atteint des chiffres inouïs depuis un siècle aurait dû générer une société de paix et de redistribution.

Et aujourd’hui chaque catégorie sociale, chaque corporation, descend à tour de rôle dans la rue pour tenter de préserver son pré carré qui se réduit jour après jour ; mais jamais ne se lève un mouvement de révolte générale sur un sujet qui pourtant concerne tout le monde : le retour à la rationalité  économique, où dans le cadre de l’Union, chaque pays, peut négocier avec le reste du monde de ses importations et de ses exportations. Il est illusoire de prôner une politique sociale dans un pays qui a perdu son potentiel industriel. C’est un mensonge de faire croire qu’un pays peut vivre seulement avec des services et une administration. Un pays dont le déficit commercial est sans fin et toujours plus important, perd son indépendance politique et économique, et se retrouve sous la domination des banques et des institutions financières internationales. 

Pour Karl Marx, le capitalisme était nécessaire, puisqu’il permettait une accumulation des moyens de production, que les salariés devaient s’approprier dans une deuxième phase, afin d’instaurer le socialisme. Or le libre-échange absolu, ou ultralibéralisme, grâce au pétrole gaspillé et pas cher, ainsi qu’aux possibilités apportées par l’informatique et l’Intranet, en délocalisant les moyens de production, là où ça lui chante, évite ainsi, d’abord, les revendications des salariés, ensuite, le risque de nationalisation, et enfin les normes de respect de l’environnement de plus en plus sévères. C’est ainsi que le marxisme et tout ce qui en découle est devenu obsolète, et que le capitalisme financier qui a remplacé le capitalisme industriel, est devenu un  prédateur absolu destructeur des sociétés du Nord comme de celles du Sud, donc à abattre ! 

Plutôt que de gaspiller l’énergie des citoyens à des revendications catégorielles, il s’agit plutôt aujourd’hui, d’obliger les politiques à participer à l’élaboration d’un nouveau système, où le critère dominant ne soit plus le profit, et qui tienne compte, réellement, de la protection de l’environnement et de la préservation des ressources pour les générations futures. 

*  La théorie de l’échange de David Ricardo (1772-1824), un des papes du libéralisme, démontrait par exemple, que l’Angleterre avait intérêt à se spécialiser dans le tissage afin de vendre une partie de sa production à l’Espagne, qui elle, ne disposait pas de si bons ateliers, et qu’en revanche l’Espagne pouvait vendre du vin à l’Angleterre, qui ne pourrait jamais en produire de si bon.

Certes la puissance économique de l’Angleterre au XIXe  fut surtout due au colonialisme, mais ses économistes, ses élus et ses journalistes semblent être allés à meilleure école que les nôtres ; ils n’auraient jamais imaginé  délocaliser leurs ateliers de tissage en Espagne sous prétexte que la main d’œuvre y était moins chère.  Extrait d’un blog précédent. 

                       Philippe Annaba, auteur de « Bienheureux les enfants de la Mère ».OMC

Posté par philannaba à 19:57 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Tabou ?

Vous avez raison de vouloir imposer aux "pays à faible protection sociale et écologique" une éco-taxe et une sociale-taxe.
Mais qui doit décider de cette taxe ? La France ? L'Union Européenne ?
Si c'est la France, vous savez pertinemment que tous les pays feront de même et chacun choisira son "bon protectionniste" ce qui signifiera la fermeture des frontières.
Ne prenons pas les autres pour des imbéciles ! C'est le point sur lequel l'extrême gauche et l'extrême droite se rejoignent.
Et la France sera perdante. Car vous pouvez écrire "Depuis que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est échinée à supprimer tous les obstacles à la liberté des échanges quels qu’ils soient, la France ne fabrique quasiment plus rien, et elle est donc obligée d’acheter la quasi-totalité des produits qu’elle consomme à l’extérieur," tant que vous voudrez mais la réalité c'est que si on ne prend pas en compte les importations de pétrole, la balance du commerce extérieur de la France est excédentaire.
L'Union Européenne devrait décider de ces taxes ? Mais comment demander à l'Europe de faire plus si on lui refuse toute nouvelle compétence ?
Car il faut un arbitre. Puisque vous récusez l'OMC, vous serez crédible lorsque vous aurez désigné un AUTRE arbitre.
Le protectionnisme serait tabou ? Vous avez raison. Il est inacceptable que nous soit imposée, par exemple, une organisation des services publics qui nous coûte plus cher pour un service moindre.
Mais ce n'est pas toujours le cas. Dans les télécommunications, par exemple, la concurrence a permis de casser le monopole de France-Telecom, monopole qui permettait aux grandes entreprises, comme les banques, de communiquer et transférer des données pratiquement gratuitement alors que nous, les simples "abonnés" nous acquittions la facture. Nous payons maintenant beaucoup moins cher pour un meilleur service.
On ne résoudra pas le problème des retraites par le moyen que vous proposez car votre analyse ne tient pas. Vous pouvez saupoudrer votre discours de Ricardo, Marx, et pourquoi pas Keynes ou Smith, peut-être même êtes-vous docteur en économie, mais la nostalgie d'une époque bénie où les prolos soviétiques et ceux d'Europe de l'Est, n'avaient aucun droit, où les Chinois repiquaient le riz et récitant Mao, où le monde entier ne vivait que pour l'Europe et l'Amérique, ne peut tenir lieu d'analyse politico-économique.
Pour terminer, un cadeau. Non pas pour convaincre de quoi que ce soit mais comme je sais que vous avez à cœur d'approfondir votre réflexion, ce document encore inédit devrait vous intéresser.
http://lipietz.net/spip.php?article2462
Très cordialement

Posté par climat2050, 31 juillet 2009 à 15:16

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