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Lundi 29 mars 2010, l’émission Vu du ciel fut regardée par 2,6 millions de téléspectateurs. C’est mieux que rien. La série américaine FBI, portés disparus en a attiré 5,1 et Top-chef, émission de téléréalité 6,4.   

Les Français en ont donc assez qu’on les culpabilise avec la déforestation, les pesticides et autres engrais chimiques qui détruisent les sols sur toute la planète, les cultures intensives de palmiers à huile et autres ananas. Non content de raser les forêts, habitat d’une biodiversité n’existant souvent nulle part ailleurs, ces exploitations sont implantées à la place des cultures vivrières et chassent donc les petits paysans qui ainsi vont grossir les populations des bidonvilles.

À noter dans Le Monde du 2 avril, « Barack Obama a décidé d’ouvrir de nouvelles exploitations pétrolières et gazières dans le golfe de Cook (Alaska), suscitant la colère des Inuits et des écologistes ».

Les téléspectateurs savent également très bien que les pays riches et émergents : Etats-Unis, Russie, Chine, Arabie saoudite, Corée du Nord soudoient les gouvernements corrompus des pays pauvres pour leur louer, une bouchée de pain, des millions d’hectares de terres arables pour nourrir demain leurs compatriotes, et ainsi, affamer encore plus les populations locales. Et demain, bien sûr, les associations humanitaires viendront nous demander de les secourir, si nous ne sommes pas d’ici là, victimes nous aussi de ce système économique absurde et dans le même dénuement.

C’est un fait, les émissions d’Arthus Bertrand, malgré ses splendides images, nous barbent, « on sait tout ça par cœur ».

Mais l’on continue à entretenir grassement les multinationales et leurs sbires. Comme une immense et même pieuvre, elles s’étendent, bouffent tous les indépendants et imposent leur loi.

Le téléspectateur endoctriné par leurs valets médiatiques, n’est pas prêt au boycott systématique, seule attitude citoyenne efficace face à toutes les déclarations de bonnes intentions qui pavent notre enfer de benêts, si satisfaits de tout trouver sans effort dans ses supermarchés, c’est-à-dire tout ce qui façonne jour après jour les catastrophes à venir. Il n’entend pas la rumeur lointaine de la révolte de près de deux milliards d’êtres humains, sacrifiés sur l’autel de notre confort de petits bourgeois.

Demain, personne ne pourra se retrancher derrière cette hypocrite excuse, tant de fois invoquée dans l’Histoire : « nous ne savions pas ».

Annaba, auteur de "Journal incorrect", Les Presses du Midi.