d_croissance

La « décroissance » c’est l’objectif des « objecteurs de croissance », pour qui la planète est un monde fini qui ne peut supporter plus longtemps une croissance économique sans fin des pays dits développés. De nombreux livres expliquent pourquoi la « décroissance » est nécessaire, dont la deuxième partie de « Bienheureux les enfants de la Mère » que j’ai publié aux Presses du Midi.

La « décroissance » est donc un objectif pour des gens conscients de ce qui se passe dans le monde et qui ne sont pas endormis par tous ceux qui n’ont, eux, qu’un objectif dans la vie : amasser un maximum de pognon, pour le dépenser bêtement en yachts dont ils n’ont pas le temps de profiter,  et en œuvres d’art-bluff à la mode, mais qui disposent de tous les moyens d’endoctrinement moderne et d’une armée de laquais grassement payés pour affirmer des contre-vérités : élus politiques, économistes d’opérette et journalistes opportunistes.

Selon Aujourd’hui en France du 7 août 2010, l’année 2009 restera la pire année pour l’emploi depuis la guerre avec 256100 suppression de postes et il n’y a aucune raison pour que ça s’arrête. La balance commerciale est dans le rouge depuis des années et on fait croire aux gens que la mondialisation financière et ses délocalisations est ce qu’il y a de mieux pour le peuple. Répétons inlassablement comme depuis les débuts de ce blog que c’est surtout ce qu’il y a de mieux pour une bande de cyniques sans scrupule, qui ferment leurs usines pour les rouvrir en Asie ou ailleurs, là où la main d’œuvre est 70 fois moins chère qu’en France, dans le seul but de réaliser de super profits. Il y a en Europe et surtout en France de plus en plus de pauvres et de plus en plus de riches. Cela signifie que la classe moyenne disparait en s’appauvrissant, sauf quelques mercenaires qui se remplissent les poches. C’est ainsi que le marché du luxe est en pleine euphorie selon Le Monde du 6 août 2010 : « Les Américains et les Européens ont repris leur consommation de montres, champagne ou articles de mode. Le marché mondial pourrait croître de 10% en 2010 ». Tout cela vérifie bien l’adage selon lequel pour faire un riche il faut dix mille pauvres. Pour faire un super riche il en faut cent mille et pour faire un milliardaire en euros ou en dollars il en faut des millions. On y arrive, l’Union européenne, l’OMC, le FMI et la Banque mondiale s’y emploient avec l’aide de leurs laquais cités plus haut. Tous ces gens là malgré leur profond cynisme doivent sans doute avoir raison puisque le bon peuple est toujours accro à ses médias-menteurs préférés et semble ne s’occuper en fait que de foot, de jeux vidéo, de séries américaines et des querelles dérisoires d’élus corrompus.

Les lendemains seront d’autant plus malsains qu’il est de plus en plus difficile de revenir en arrière. Les délocalisations ont privé l’Etat de la plupart de ses ressources (il est plus qu’en faillite, il est en pleine liquidation de son patrimoine historique et immobilier dans l’indifférence générale), mais peu à peu c’est toute l’économie qui va s’en aller l’on ne sait où. Il n’est pas nécessaire de sortir de polytechnique pour prévoir que les achats des ménages se feront de plus en plus par Internet. Pour l’instant le seul obstacle est représenté par les tarifs exorbitants de la Poste. Il ne manque aujourd’hui qu’un réseau de moyens de transports rapides et peu chers pour que même les supermarchés perdent leur clientèle. Or c’est la TVA qui fournit la plus importante part des recettes du budget de l’Etat. Et courrir après la TVA sur Internet, bonjour les dégâts!

Malheureusement la « décroissance » se fera donc dans les pleurs et les grincements de dents, et sans doute aussi dans le sang.