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Certains élus, en augmentant de façon faramineuse les impôts fonciers, poussent les agriculteurs de la périphérie des villes à vendre leurs terres à des promoteurs immobiliers, comme à Autun en Saône-et-Loire (Aujourd’hui en France du 14 septembre 2010). D’autres, la main dan la main avec les promoteurs bétonnent à tout va les zones maraîchères, plutôt que de faciliter la reprise des terres par de jeunes agriculteurs. C’est ainsi que « les maraîchers du Bordelais sont en voie de disparition » (Aujourd’hui en France du 28 octobre), et Nicolas Hulot qui verrait bien Alain Juppé comme ministre de l’environnement ! Les jardins ouvriers pâtissent aussi de cette frénésie bétonnière : à Offemont (Territoire de Belfort), des jardiniers amateurs les cultivaient depuis plusieurs décennies, ils sont chassés au profit d’un vaste projet immobilier (Aujourd’hui en France du 9 novembre).

Quelle vision à courte vue ! C’est l’homme qu’il faut adapter à la nature et non l’environnement à sa prolifération démente ! Depuis longtemps les politiques auraient dû profiter des progrès de l’informatique et de l’approche du « pic du pétrole » pour développer le travail chez soi et permettre ainsi un déplacement de la population en zone rurale, au lieu de toujours rendre la ville plus concentrationnaire, avec ses conséquences sur les incivilités, l’agressivité et la violence.

Le discours sur le « Développement durable », n’est vraiment qu’une sacrée fumisterie. Ces immenses clapiers que l’on continue à construire en dépit de toute logique, ne servent en fait qu’à remplir les poches des promoteurs et à multiplier sur un même espace, les impôts fonciers et locaux par 50, afin de permettre aux élus de saupoudrer la manne de l’électoralisme. La France est le pays d’Europe où les grandes villes comptent le moins d’espaces verts, mais on continue cette urbanisation absurde. Dans peu d’années, lorsque le pétrole sera cher, comment vont donc se nourrir tous ces citadins sans jardins, alors que les légumes de l’Andalousie (d’ailleurs gorgés de pesticides et d’engrais chimiques), vont être de plus en plus chers ?

À tous ces citadins on donnera sans doute à manger des granulés ou des biscuits secs de farine humaine, comme dans le film prémonitoire Soleil vert.

Rappelons à ce sujet que le mot « paradis » vient d’ « Eden » (E.DIN en sumérien). Les Sumériens fortunés possédaient en effet de splendides jardins (comme celui de Sémiramis, fondatrice de Babylone et des ses jardins suspendus). Ainsi, ils disposaient de légumes, de fleurs, et surtout de plantes médicinales. En fait les souverains éclairés ont tous incité les populations à mélanger terres cultivables et habitations, ce qui avait également l’avantage de pouvoir recycler tous les déchets, à l’époque, tous biodégradables. L’arrivée du pétrole facilitant le transport rapide et à bas prix, a ruiné l’esprit de cette sagesse.

Les gens sont tout le temps dans la rue pour défendre leurs privilèges corporatistes, mais jamais pour défendre le cadre de vie de leurs enfants, qui chaque jour se détériore un peu plus sous l’action des flibustiers de la finance et des politiques dont une grosse partie est composée d’imbéciles, une autre de corrompus et une troisième d’imbéciles corrompus.

Annaba, auteur de 'Journal incorrect".

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