Yin_yang

Les spiritualistes (et a fortiori les religions) sont dépassés par les quanta.

Malgré leur grande érudition, les spiritualistes d’aujourd’hui et les explorateurs de l’inconscient sont malheureusement toujours à la recherche des preuves de l’évolution de l’homme. Pourtant, l’humanité, depuis son origine a peu montré une quelconque  évolution spirituelle. Les cinq cents dernières années avant notre ère ont révélé une grande quantité de sages de Lao-tseu à Jésus, en passant par Platon. Ils ont marqué un sommet du développement spirituel et non pas le commencement d’une courbe ascendante. Les vingt siècles suivants ont connu quelques sages : Plotin, Montaigne etc.

Pourquoi n’y en-a-t-il plus aujourd’hui ? Comme les penseurs des Lumières, ceux d’aujourd’hui sont toujours inconsciemment guidés dans leurs réflexions par la flèche du temps biblique qui nous fait croire, sans aucune preuve, qu’un Dieu a enjoint à sa créature préférée, l’homme, de l’aider à améliorer le monde. Certains spiritualistes imaginent même une co-évolution entre l’univers et l’homme. Quelle prétention ! La destinée des milliards de milliards de galaxies dépendrait du bon vouloir des hommes ?

Le monde n’a pas à être amélioré, comme l’on toujours exprimé les sages de l’Extrême Orient. Observant les saisons et la marche des étoiles, ils en on déduit que le monde suit des cycles et n’est pas déterminé par un processus évolutif dirigé dans un sens unique. Toute chose, comme une plante, indéfiniment, naît, meure et se renouvelle.

D’après un antique texte chinois, le Yang (principe masculin, rationnel et compétitif) ayant atteint son point culminant, se retire en faveur du yin (principe féminin, intuitif et coopératif) ; le yin ayant atteint son point culminant, se retire en faveur du yang.

La finalité de ce processus cyclique, sans commencement ni fin, n’est pas encore à notre portée. Elle ne le sera sans doute jamais. Taoïsme et bouddhisme nous enseignent qu’on ne peut connaître ni imaginer l’inconnu  à partir du connu.

Il n’y a pas de Jugement dernier, ni de Messie à attendre, il n’y a que des choses qui se composent et se décomposent.

Seule cette vision holistique du monde peut nous apporter la sérénité et la paix, dans la compassion et la compréhension du Tout (holos en grec). Ce Tout qui n’est, en fait, que synergies en interactions constantes et paradoxales.

« L’espace et le temps ne sont plus des cadres statiques, ils sont reliés, relatifs et en devenir. L’espace-temps-matière est une seule chose. Le tout et la partie sont liés : la cellule est dans l’être et l’être dans l’information génétique de la cellule.

[…]La vision paradoxale ne consiste pas à opposer une chose à sa négation : les droits à l’absence de droit. Ce qui relativise les droits individuels ce sont les devoirs sociaux, et les droits ne sont que la conséquence des devoirs. Il n’y aurait rien à revendiquer si tout le monde avait le respect absolu de son prochain. »

Sophie Perenne, La vision paradoxale.

Sophie Perenne précise qu’il est normal que notre mental procède de façon binaire ; nous prenons conscience de la santé par rapport à la maladie, de la nuit par rapport au jour etc. La vision dualiste a permis d’accéder à de nombreuses connaissances.

Mais à partir de là, des penseurs ont cru à l’exclusivité de la vérité et considéré comme Aristote que toute contradiction révélait une erreur de raisonnement.

Après avoir décrit l’univers comme un système composé d’unités constituantes élémentaires et séparées (des atomes comme des briques), la science physique est passée à une vue organique et écologique de l’univers, et donc de la nature en tant qu’ensemble harmonieux et indivisible. Dans l’univers, rien n’est isolé, toutes choses sont en interrelations permanentes. Ce réseau de relations dynamiques inclut toute conscience, qu’elle provienne de l’« inanimé », de la plante, de l’animal ou de l’homme. Les choses sont composées d’atomes et les atomes de particules, mais les particules n’ont aucune substance, elles n’existent pas en soi, elles sont en perpétuel interchangeabilité, dans une danse d’énergie permanente et probabiliste. La matière n’est que le résultat probabiliste d’interconnections de particules. La physique quantique révèle l’unité fondamentale de l’univers. Elle montre que nous ne pouvons pas décomposer le monde en des parties indépendantes les unes des autres. Elle met en évidence l’unité d’un champ de conscience universel, à l’instar finalement … des animistes. Le monde est bien plus vaste, bien plus extravagant et merveilleux que ce que nous ont fait croire les philosophes et les religions.

L’intuition profonde de la réalité ne peut nous être donnée seulement par une accumulation de connaissances ou grâce au développement des sciences et des techniques, ni par l’immersion dans les affairements de la vie sociale, qui nous laisseront toujours sur notre soif. Elle se situe à la croisée des paradoxes et des apparentes contradictions.

Extrait de « Bienheureux les enfants de la Mère » :

philippe.annaba.free.fr