Bidonville

Dans le bourbier jusqu’au cou, « il est urgent de s’adapter » !

Le commerce mondialisé a toujours existé et les banques aussi depuis les Cahorsins et les Lombards. Mais ces activités étaient réglementées, contrôlées et taxées par l’État.

Aujourd’hui, les États occidentaux n’ont plus de prise sur le commerce mondial ; les institutions internationales ayant fait tomber toutes les barrières douanières. Les États ne peuvent donc plus se protéger du dumping ; ils ne peuvent ou ne veulent plus protéger ces droits sociaux instaurés au lendemain de la dernière guerre.

Plutôt que d’inciter les pays exportateurs à se doter des mêmes droits, l’État attend patiemment que cette concurrence déloyale lamine définitivement les siens.

Sans une gouvernance mondiale, qui est d’ailleurs une vue de l’esprit, cette mondialisation ultralibérale est un non-sens.

Pour Claude Imbert, du Point du 18 novembre : « il est urgent de s’adapter ». S’adapter au bourbier, s’adapter aux crises successives, s’adapter à la perte de tous nos droits sociaux, s’adapter à un déficit extérieur sans fin et donc à un endettement qui livre le pays dans les mains de banques étrangères sans scrupules.

Ces droits sociaux que le journaliste confond intentionnellement avec « l’assistanat d’un État Providence… un logiciel déclassé », sont pourtant financés par les cotisations et les impôts des salariés, et non par une manne tombée du ciel.

Or la mondialisation a délocalisé les emplois, afin que tout en échappant aux charges sociales, aux syndicats et aux normes environnementales, les multinationales puissent maximiser leurs profits.

Claude Imbert se félicite que « ceux qui proposent une rupture avec le capitalisme, ne trouvent dans le monde aucun écho ».

C’est là où se situent l’ambiguïté et le mensonge. Il parle de ce capitalisme dévoyé, ultralibéral, qui sévit depuis plus de vingt ans, et non de celui du père de la théorie capitaliste, Adam Smith, qui dans La richesse des nations (1763), met en évidence les erreurs et les excès commis par un marché laissé à lui-même, et précise justement qu’il convient d’instaurer des institutions afin de retreindre ces excès, à travers les services publics et la protection sociale.

Le système économique dont parle Claude Imbert n’est pas le capitalisme, c’est son avatar, sa caricature, la jungle  et la régression de l’humanité.

L’on dirait que ce faux capitalisme, après l’éradication du communisme par la maffia, et malgré les discours prétendument humanitaires, est l’instrument qu’ont trouvé les oligarques du Nouvel ordre mondial, pour faire disparaître par la famine, les trois quarts de la population mondiale, alors qu’il n’y a jamais eu autant de richesses produites dans le monde.