ONG

Un jour j’ai envoyé quelques euros à une ONG, parce que jugeais que c’était l’une des plus sincères. En toute naïveté je n’avais pas imaginé que mon adresse serait communiquée à toutes les ONG semblables, ou plutôt que ces ONG étaient « clientes » de la même entreprise de communication. Aussi cette année, à l’approche des fêtes, bien sûr, c’est une demi douzaine de sollicitations que je reçu. Toutes dans le même style de marketing : on vous envoie déjà des cartes de vœux ou d’autres gadgets afin que vous vous sentiez obligés de vous exécuter. L’affaire devient scandaleuse quand vous en recevez autant. Alors vous ne répondez pas : un d’accord, six, bonjour les dégâts ! Vous utilisez leurs « petits cadeaux », vous les donnez ou vous les jetez.

Mais que dire lorsqu’ils vous relancent avec un nouveau « petit cadeau » ?

« Peut-être n’avez-vous pas reçu ou bien pas eu le temps de lire la lettre que je vous ai adressée le mois dernier ? Dans le doute je me permets de vous recontacter car nous avons vraiment besoin de vous pour poursuivre notre soutien… »

D’un tel acharnement moral, il vaut mieux n’en rien dire. Mais je pense à toutes ces personnes sensibles qui vont se résoudre à envoyer leur chèque, de guerre lasse, par bonté d’âme ou par ce sentiment de culpabilité que régulièrement les médias s’acharnent à leur inculquer. Souvent avec l’aide de ces vedettes du show-biz qui savent pourtant si bien délocaliser leurs hauts revenus pour échapper à la juste contribution de tout un chacun.

Annaba, auteur de "Journal incorrect"

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