Fric_et_Krach

Fric, Krach et gueule de bois le 11 Janvier 2011 sur France 2, une émission intéressante qui pèche par omission.

Quelle est la cause profonde de la crise financière qui a secoué le monde en 2008, et qui n’est pas finie, loin de là ?

Pour ces animateurs, c’est Reagan et Thatcher. Certes ils ont été à l’origine de dérégulations dans de grandes entreprises nationales ou privées, où les syndicats faisaient la pluie et le beau temps.

Mais aucun mot sur la première cause du désastre, la corruption :

Bill Clinton s’est fait réélire Président des Etats-Unis, grâce à l’aide financière de la plupart des banques américaines et surtout de Goldman Sachs, avec comme contrepartie qu’il supprime s’il était élu, la loi que Roosevelt avait mise en place dans les années 30, après la crise de 29 (Glass-Segall Act). Ce qu’il fit en 1996 ; comme secrétaire du trésor américain, il prit Bob Rubin, un ancien de Goldman Sachs (Serge Halimi, Le Monde Diplomatique de juin 2010).

La Finance mondiale,  par l’intermédiaire des banques, à l’instar de Goldman Sachs (lire l’enquête de Marc Roche, dans Le Monde du 31 octobre 2008, sur la banque la plus puissante du monde), dicte ses ordres au FMI, à l’OMC et aux Etats (voir blog  « Retour sur les retraites » du 22 octobre 2020).

Le reportage rappelle quand même que la démocrate Brooksley Born, une femme exemplaire n’a cessé de s’élever contre la dérégulation des institutions financières parce qu’il y avait de gros risques pour la sécurité financière des Américains. Mais elle se fit humilier par Alan Greenspan (Président de la Réserve fédérale de 1987 à 2006), et par la plupart des membres de l’équipe de Bill Clinton qui, évidemment, ne l’a pas soutenue.

Le principal problème de l’économie ultralibérale c’est la corruption générale des milieux financiers et politiques.

Et ça continue.

Barack Obama « a placé aux principaux postes économiques de la Maison Blanche les personnes mêmes qui avaient provoqué la crise économique. Cette nouvelle équipe d’ex-banquiers engraissés par la bulle et d’intellectuels défenseurs du laisser-faire s’est alors empressée de promouvoir et de mettre en branle un plan de sauvetage ­massif grâce auquel l’argent des pauvres a servi à secourir les plus riches, puis de vider systématiquement de son contenu toute tentative de réforme […]

L’homme chargé de composer la nouvelle équipe était Michael Froman, un vieil ami du président, qui appartenait aux cercles dirigeants de Citigroup. Pendant la campagne, Froman avait levé des fonds pour Obama. Il l’avait présenté à une série de grosses pointures bancaires, au premier rang desquelles son mentor  Bob  Rubin, ancien coprésident de Goldman Sachs et ex-ministre des Finances de Bill Clinton». Le Courrier international du 21/1/2010.

Face à cette Mafia financière mondiale, des criminels qui entretiennent aujourd’hui des guerres partout dans le monde, tout en préparant les suivantes, il n’y a qu’une solution : arrêter notre surconsommation qui les nourrit en spoliant les pays pauvres de leurs richesses minières, s’engager dans la sobriété volontaire et surtout, autant que faire se peut, boycotter tous les produits des multinationales. 

À propos des guerres, il est extraordinaire, que le magazine Marianne (du 7 au 14 janvier) prétende traiter un « débat interdit : Que fait la France en Afghanistan ? », sur 7 pages, que du baratin et des rodomontades, de la langue de bois, comme entre autres celle de Renaud Muselier (UMP) : « Il faut rester solidaire de nos alliés », pour arriver à la position de Jean-Luc Mélenchon,  qui enfin ouvre réellement le débat en deux lignes, mais c’est la fin de l’article : « L’objectif ultime de notre présence en Afghanistan est le contrôle des pipelines et l’acheminement du gaz et du pétrole ».

C’est exactement ce que j’écrivais dans un des blogs précédents intitulé Après moi le déluge 2 :

« Que faisons-nous en Afghanistan ? Nous tentons vainement de nettoyer le terrain pour le futur passage des pipe-lines américaines devant transporter le brut de l’Ouzbékistan et du Turkménistan, jusqu’à la mer d’Oman en traversant également le Pakistan ».

Même si l’on n’est pas toujours en phase avec toutes les idées politiques de Jean-Luc Mélenchon, sans lui, qu’est-ce qu’il y aurait dans ce fastidieux article, rien ?

Les journalistes auraient mieux fait de commencer par la déclaration du co-président du Parti de Gauche et de poursuivre les investigations dans cette voie.

Philippe Annaba, auteur de « Journal incorrect 2005-2008 »

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