mondialisation

Il y a quatre ans j’ai jeté mon magnétoscope. Irréparable. Il avait dix ans. Soit. Puis j’ai acheté un enregistreur-lecteur DVD. Nase au bout de deux ans, juste après la garantie. Jeté. J’ai mis à la poubelle également mon imprimante Canon âgée d’un peu plus de deux ans. Selon un reportage sur M6, dans l’appareil, il y a une puce programmée par les ingénieurs pour qu’il tombe en panne (voir blog du 17 février dernier).

Il y a trois ans j’avais acheté une mini-chaîne hi-fi ; la programmation des stations ne fonctionne plus. Pourtant la FM marche, la lecture de cassettes et de DVD aussi. Ou j’accepte de ne plus zapper ou j’en achète une autre.

Vous n’en avez pas marre, vous aussi, d’être pris pour des cons ?

C’est tout ce que le progrès technique, l’augmentation continuelle de la productivité et la croissance nous offrent : nous transformer en gogos, consommateurs frénétiques, incités toujours à travailler plus pour gagner pas beaucoup plus et consommer encore et encore, la plupart du temps pour de si piteuses distractions, et jeter, accumuler des tonnes de déchets dont seulement une infime partie est recyclée dans des pays pauvres par des enfants qui manipulent sans protection des produits super toxiques ?

Certains disent que ce système absurde est bon pour l’emploi. C’est bon pour l’emploi dans les pays asiatiques  et surtout pour leurs employeurs, les multinationales, c’est-à-dire la Finance mondiale.

À partir des années 70, les véritables industriels ont été ruinés, leurs entreprises rachetées par cette Finance mondiale mafieuse. Aujourd’hui les multinationales sont dirigées par des gangsters. Ils ont leurs syndicats comme le Medef en France, l’OMC au plan international. Impossible de débusquer les coupables, et l’incitation au meurtre est sévèrement punie… à moins que l’ordre vienne du commandement suprême des armées !

Alors changeons le monde en changeant nos mentalités ; choisissons la désobéissance civile face à la dictature des médias, de la publicité et de la bêtise inculquée à la masse grâce à des moyens d’endoctrinement qui auraient ravi Goebbels. Le boycott est une Arme de Destruction Massive non-violente. Tant pis, passons-nous de tous ces gadgets, comme nos grands-pères s’en passaient bien.

« Socrate à la vue d’objets de luxe exposés pour la vente, s’écria : "combien il y a de choses dont je n’ai pas besoin" » (cité par Arthur Schopenhauer dans Aphorisme …).

Refusons de racheter toujours et toujours. Beaucoup de nos parents ou grands parents qui s’étaient dotés d’un réfrigérateur juste après guerre, l’avaient encore en prenant leur retraire quarante ans plus tard.

Sobriété et simplicité volontaires doivent nous guider. Le boycott doit inciter les constructeurs à fabriquer de nouveau des produits qui durent, et qui soient réparables. Il faut obliger également l’État à favoriser la formation de réparateurs ; des artisans bien plus utiles à la société que tous ces parasites des ventes par Internet qui déstructurent toute la vie sociale (voir blogs précédents à ce sujet).

Arrêtons de perdre notre vie en la gagnant. Et si on a peur de s’ennuyer, signe d’un grand vide mental entretenu par les médias, voici quelques bons livres pour s’occuper l’esprit intelligemment :

-         Écoféminisme de Maria Mies et Vandana Shiva, L’Harmattan. 1998.

-         Næss Arne : Écologie, communauté et style de vie, MF. 2008.

-         Lovelock James : L’hypothèse Gaïa – La Terre est un être vivant. Flammarion 2010.

-         Jonas Hans : Le Principe Responsabilité, Les Editions du Cerf, 1997.

-         D’Eaubonne Françoise : Le féminisme ou la mort, Pierre Horay. 1974.

-         Drewermann Eugen : Le progrès meurtrier, Stock 1986.

-         Charbonneau Bernard : Le Jardin de Babylone. Éditions de l’encyclopédie des nuisances, 2002.

Pour commencer.

Philippe Annaba, auteur de « Bienheureux les enfants de la  Mère »