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Il y avait une connerie à faire, il l’a faite. Pourquoi s’ingérer dans les affaires libyennes ? Pourquoi soutenir des insurgés du Conseil National de l’Opposition, une coalition tribale de Cyrénaïques, des islamistes que Kadhafi avait déjà eu du mal à maîtriser ?

Et ce ne sont pas eux qui vont arrêter les émigrants d’Afrique vers l’Europe et en particulier vers la France.

Les médias nous ont menti en affirmant que l’armée de Kadhafi n’était composée que de mercenaires africains. Si c’était vrai, vu la tournure des évènements, ils auraient tous déserté. Or l’armée semble bien au contraire restée fidèle au pouvoir.

Quel est le but de cette guerre qui va inéluctablement s’enliser et coûter des milliards à la France déjà écrasée par une dette publique colossale ? Espérer demain devenir un partenaire privilégié en matière de pétrole, après la partition en deux de la Lybie ? Pourquoi choisir un camp, dont l’on ignore les véritables motivations, plutôt que l’autre ? Kadhafi est certes un dictateur, mais il y en a beaucoup d’autres, pourquoi cette acharnement à vouloir l’éliminer, alors qu’on laisse Laurent Gbagbo s’opposer au verdict des urnes pourtant validé par l’ONU ? Des femmes et des enfants sont massacrés en Côte d’Ivoire qui semble bien s’engager vers une partition du pays qui aura certainement des conséquences dramatiques. Et après la Lybie, va-t-on envoyer le Charles de gaulle et ses Rafales au Yémen, en Syrie, en Arabie saoudite, en Algérie. Pourtant nous ne sommes jamais allés nous immiscer dans les guerres de religion au Soudan : l’islamisation de force des Noirs chrétiens et animistes au Sud-Soudan et  300000 morts et trois millions de déplacés au Darfour.

Sans parler du génocide, depuis 60 ans des Tibétains par les Chinois. Pour les récompenser, multiplier les profits des multinationales et assécher les caisses de l’Etat, l’on a même facilité les délocalisations des trois quarts des entreprises  françaises en Chine !

Qu’est-ce qui a poussé certains dirigeants occidentaux à perdre ainsi la mémoire ? Le Monde diplomatique d’avril rappelle

qu’ « il y a quelques semaines, le Fonds monétaire international (FMI) saluait d’ailleurs "la forte performance macroéconomique de la Lybie et ses progrès dans le renforcement du rôle du secteur privé" ».

De toute façon cette ingérence est loin de faire l’unanimité parmi les pays membres de l’ONU, et si ça se passe mal, on aura l’air fin.

Philippe Annaba, auteur de « Journal incorrect ».