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Les journaux télévisés passent leur temps à diffuser des reportages dérisoires sur des polémiques artificielles tournant toujours autour des mêmes vedettes stupides du sport, de la politique, ou des médias eux-mêmes qui ne cessent de  se regarder le nombril. Noyées dans ce brouhaha puéril, parfois une information fondamentale passe, en un éclair, vite oubliée ; surtout, ne pas s’y arrêter, ne pas en débattre.

Par exemple, dans un journal récent de TF1, un cultivateur de fraises succulentes, précise que parce qu’elles poussent en pleine terre (il semble que ce soit de plus en plus rare), elles nécessitent deux fois plus de temps pour le ramassage. Et surtout il doit payer sa main-d’œuvre 12€ l’heure alors qu’en Andalousie le salaire horaire est de 5€.

Rappelons que l’Andalousie nous inonde entre autres de tomates ou de fraises cultivées hors sol, gorgées d’engrais et de pesticides, la plupart interdits dans l’Union européenne, et utilisant de la main-d’œuvre sous-payée, sans protection sociale et logée dans des conditions inhumaines (selon un reportage d’Arte). Sans compter que cette surexploitation est en train d’assécher les nappes phréatiques de cette région de l’Espagne.  

L’Union européenne ouvre les frontières sans harmoniser ni les salaires et les charges qui pèsent sur eux, ni la fiscalité. Comme si l’objectif était de ruiner la paysannerie française. Pourtant, derrière cette incohérence, il n’y a que la simple obéissance aux dictats d’une idéologie, le libre-échange absolutiste.

Les médias et l’intelligentsia bien-pensante ne cessent de nous répéter que nous devons accueillir à bras ouverts la misère du monde, mais la première solidarité c’est de soutenir et de défendre les paysans français qui nous proposent encore des produits sains et ont le courage de pratiquer, dans des conditions difficiles et malgré une concurrence déloyale,  une agriculture raisonnable, respectueuse de la nature.