Onfray

Dans Le Monde du 23 septembre, Michel Onfray, philosophe et fondateur de l’université populaire de Caen (précision pour ceux qui ne regardent que les feuilletons américains), défend si bien Arnaud Montebourg qu’il serait dommage que ses arguments ne bénéficient qu’aux lecteurs du Journal du soir. En voici donc des extraits :

« Depuis François Mitterrand en 1983 [le tournant de la rigueur], le choix oppose désormais une gauche libérale, la sienne, à une droite libérale. Gauche et droite antilibérales se retrouvent donc reléguées dans les marges. Elles servent de force d’appoint…

[Que] la gauche capable de gagner ne soit pas celle qui a créé l’euro, le traité de Maastricht et accéléré la paupérisation en Europe, mais une gauche ayant le souci des pauvres, des oubliés, des sans-grades, des victimes du libéralisme, des femmes ; des chômeurs, des jeunes sans emplois.

Comme jadis on crut, avec Jean-Paul Sartre, que le marxisme était l’horizon indépassable de l’époque, l’élite ayant pignon sur rue dans les médias psalmodie sans relâche que le libéralisme constitue un même horizon indépassable. C’est faux. Le libéralisme est une idéologie dont l’utopie fait des dégâts considérables avec des victimes et des morts jamais comptabilisés […]

Cette religion aussi sotte que le marxisme en son temps affirme que le marché faisant la loi, une régulation naturelle s’ensuit qui, à terme, produit le bonheur et la prospérité de tous. Or chacun le voit bien, le marché qui fait la loi, c’est la dictature de l’argent et le règne des mafias […]

Désormais les choses sont simples et nous n’avons le choix qu’entre deux hypothèses : soit on persiste dans la religion libérale, dès lors, il faut accepter une compétition universelle avec le travail des enfants, des vieillards, des malades, des femmes, des valides, tous mobilisés dans ces bidonvilles de la production planétaire qui pullulent en Chine, en Inde, au Maghreb.

À partir de ce moment, il nous faut dire adieu à la protection sociale française (la Sécurité sociale, la retraite), à l’éducation gratuite, laïque et obligatoire, au service public (la poste, la SNCF), à un mode de vie (les loisirs, la durée du temps de travail, les congés, les infrastructures culturelles)… »

À bon entendeur salut ! Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas.

Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre à l’usage des jeunes générations ».