mondialisation

Dans Le Point du 13-19 octobre 2011, Claude Imbert titre son éditorial « Une crise peut en cacher une autre ».

Quelle mauvaise foi ! Selon lui, la cause de la crise financière, c’est « notre Etat-providence, son modèle social, ses avantages acquis sacralisés » que l’Etat a fait perdurer par l’endettement, alors que « ce modèle universaliste est contesté par les grands émergents de la planète ».

Il est vrai que les gouvernements successifs n’ont cessé de réclamer aux banques de plus en plus d’argent pour maintenir ce modèle social. Mais le tort a été surtout de supprimer toutes les barrières douanières sous l’impulsion de l’ultralibéralisme du FMI et de l’OMC, ce qui a entraîné des délocalisations en masse des entreprises, et une perte dramatique de recettes pour les caisses sociales. Si ces entreprises n’étaient pas parties, si tous leurs salariés ne s’étaient par retrouvés au chômage ou au RMI/RSA, l’endettement de l’Etat n’aurait pas atteint le niveau catastrophique que l’on connaît aujourd’hui. Il est extraordinaire que la quasi-totalité des journalistes et des élus se refusent encore à voir la réalité en face.

« Il est vain d’accuser les seuls méfaits d’un système financier en effet déréglé ».

Mais qui porta à bout de bras l’acte unique signé en 1986, débouchant sur un vaste marché dérégulé, soumis au dumping salarial et à la loi du moins disant fiscal ? Jacques Delors, qui imposa aux Etats de l’Union d’emprunter aux banques internationales et non plus aux banques nationales, les soumettant ainsi aux agences de notation.

L’austérité « indignera des Français ahuris qui ne semblent découvrir qu’aujourd’hui une industrie mutilée, une balance commerciale effroyable… un pays paupérisé ».

Quelle mauvaise foi, depuis vingt ans, journaux, magazines de droite comme de gauche, et les télévisions privées ou publiques n’ont jamais dénoncé ces faits que je m’escrime à expliquer depuis des années sur ce blog !

Rappelons que Bill Clinton s’est fait réélire Président des Etats-Unis, grâce à l’aide financière de la plupart des banques américaines et surtout de Goldman Sachs, avec comme contrepartie qu’il supprime s’il était élu, la loi que Roosevelt avait mise en place dans les années 30, après la crise de 29 (Glass-Segall Act). Ce qu’il fit en 1996. 

Comme un mouton, la Communauté européenne, corrompue par les lobbies a suivi. Dans Le capitalisme hors la loi (Albin Michel), Marc Roche, montre que la Finance mondiale,  par l’intermédiaire des banques, à l’instar de Goldman Sachs dicte ses ordres au FMI, à l’OMC et aux Etats.

La Finance mondiale, c’est l’Internationale de la barbarie !

Il faut l’abattre ; la première étape, dévaluer l’euro : ainsi, seuls les créanciers des Etats paieront, et c’est normal. Votre banque ne vous prête pas si vous n’êtes pas solvable, si vous ne possédez rien, alors, pourquoi ces banques internationales ont-elles prêté aux Etats ? Pour les mettre en faillite et ainsi pouvoir racheter à bas prix leurs services publics et leurs entreprises publiques, exactement comme la mafia l’a fait dans l’ex-URSS juste après la chute du mur de Berlin.

ANNABA, auteur de « Traité de savoir survivre à l’usage des jeunes générations » (Les Presses du Midi).