giscard-4Chirac a été condamné pour quelques emplois fictifs. On a montré dans un blog récent qu’il n’est pas le seul à avoir agi ainsi et que  la pratique des emplois fictifs est récurrente dans les sphères des entreprises publiques et semi-publiques.

Souvent sur Internet et dans certains magazines, les salaires et avantages divers du Président de la République et de certains élus sont étalés et trouvés scandaleux. Cela représente pourtant une goutte d’eau dans les gabegies des ministères et des prétendues Autorités administratives indépendantes (AAI) entre autres.

Un grand nettoyage est certes nécessaire, mais gardons nous de jeter le bébé (les services publics) avec l’eau du bain.

En revanche, ceux qui depuis plusieurs décennies ont mis le pays dans cette situation catastrophique pour des raisons idéologiques, donc en connaissance de cause, jouissent toujours d’une grande autorité et même de la considération de l’opinion publique, du moins pour ceux qui sont encore vivants.

C’est dire l’ignorance dans laquelle est entretenue la population par des médias à la solde du Nouvel ordre mondial.

Il ne s’agit pas de paranoïa mais de faits.

« Ce sont bien les politiques qui ont mis les Etats en dépendance totale de la finance internationale. En France, une réforme de la Banque de France, votée en 1973 sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, ministre des finances de Georges Pompidou, interdit au Trésor Public d’emprunter directement à la Banque de France à des taux d’intérêts nuls ou très faibles. Cela a ensuite été le cas au niveau européen, et validé par le Traité de Lisbonne (celui contre qui la majorité du peuple français a voté non)… En cas de crise, les Etats sont donc obligés d’emprunter aux banques  privées… lesquelles en cas de difficultés sont soutenues par les Etats qui leur prêtent… à des taux peu élevés ou par la Banque centrale européenne qui prête à taux très bas. Bref le système tourne systématiquement à l’avantage des banques et au détriment des contribuables. (Revue Silence, janvier 2012).

Pour parler clairement, il s’agit d’une énorme arnaque, cause de tous nos malheurs, et dont le seul objectif est de pousser les Etats à privatiser un maximum de Services publics tout en rognant un maximum de droits acquis.

Les responsables sont également à gauche. Il y a quelques semaines, Marianne, a relevé que l’ex-président de la Commission européenne, Jacques Delors, sur RTL avait dénoncé l’impuissance de l’Europe dans la crise financière, alors qu’il « porta à bout de bras l’acte unique signé en 1986 qui a débouché sur un vaste marché dérégulé, ouvert aux grands vents de la mondialisation néolibérale, soumis au dumping salarial, à la circulation des capitaux et à la loi du moins disant fiscal […] Jacques Delors a honte de l’Europe qu’il a lui-même enfantée ».

Dans la Grèce antique, le Tribunal du Peuple (dikasteria) jugeait la corruption, la négligence et les erreurs des décideurs politiques. Dans la Rome ancienne, les hommes politiques corrompus étaient amenés en haut de la Roche tarpéienne, d’où ils étaient jetés (« La Roche tarpéienne est proche du Capitole »). 

Que ces hommes qui ont façonnés en toute connaissance de cause notre chemin de douleur et celui de nos enfants soient jugés et condamnés à de très lourdes peines, que tous leurs biens soient confisqués par l’Etat. Et que les médias nous disent enfin la vérité et arrêtent de nous endormir en nous abreuvant en permanence de détails insignifiants.

« À la télé on peut pas dire la vérité, y-a trop de gens qui regardent » Coluche.

Philippe Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre… »