AAADans Var-matin du 15 janvier, selon Georges-Marc Benamou  l’Etat-providence, un modèle de politique sociale bâti dans l’après-guerre, n’est plus adapté à nos finances publiques. Et dit-il « les gouvernements ont laissé filer la dette. Penser, réformer l’Etat-mammouth, c’était prendre des risques ; mécontenter bien des barons locaux ; braquer une technostructure trop souvent archaïque et dépensière… » Autant dire que ce sont le mensonge, la démagogie et la lâcheté réunis qui ont mené nos gouvernants de Droite comme de Gauche. On peut ajouter l’idéologie ultralibéraliste de la mondialisation financière avec sa folie de suppression de toutes barrières douanières, ses délocalisations massives ayant entraîné la désindustrialisation du pays. Ce que je répète dans ces blogs depuis dix ans.

Certes « ces fameuses agences de notation, pas très sympathiques, auront (on l’espère) servi de réveil à des peuples endormis et à quelques rois fainéants ».

Malheureusement ce n’est pas si simple. Rappelons cette citation déjà parue dans un blog récent :

« Ce sont bien les politiques qui ont mis les Etats en dépendance totale de la finance internationale. En France, une réforme de la Banque de France, votée en 1973 sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, ministre des finances de Georges Pompidou, interdit au Trésor Public d’emprunter directement à la Banque de France à des taux d’intérêts nuls ou très faibles. Cela a ensuite été le cas au niveau européen, et validé par le Traité de Lisbonne (celui contre qui la majorité du peuple français a voté non)… En cas de crise, les Etats sont donc obligés d’emprunter aux banques  privées… lesquelles en cas de difficultés sont soutenues par les Etats qui leur prêtent… à des taux peu élevés ou par la Banque centrale européenne qui prête à taux très bas. Bref le système tourne systématiquement à l’avantage des banques et au détriment des contribuables. (Revue Silence, janvier 2012).

Pour parler clairement, il s’agit d’une énorme arnaque, cause de tous nos malheurs, et dont le seul objectif est de pousser les Etats à privatiser un maximum de Services publics tout en rognant un maximum de droits acquis. Comment appelle-t-on cette technique des banques de prêter incessamment à des Etats qu’ils  savent insolvables, après leur avoir interdit d’emprunter à leur Banque centrale ou aux particuliers (par l’achat de Bons du Trésor, ce qui est toujours possible aux Etats-Unis ou au Japon) ? Un complot contre l’Euro.

Pourquoi un complot contre l’Euro ? Parce que les Etats-Unis savent que leur dollar ne vaut plus rien. Ils ont essayé par la guerre en Irak et en Afghanistan de raffermir le pétrodollar, mais en vain. Ils savent que les Chinois sont en train de faire admettre le yuan  comme monnaie internationale en Asie.

Ils savent depuis la création de l’Euro que celui-ci, à terme,  risquait de supplanter le dollar. Pour l’économie américaine c’était la fin du monde, tous les moyens ont été mis en œuvre pour saboter l’Euro. La naïveté et la bêtise de nos gouvernants, ajoutées à leurs dissensions à l’intérieur de la zone Euro (aucune harmonisation des politiques fiscale et sociale) ont bien aidé les comploteurs.

Dans de nombreux blogs j’ai déjà expliqué pourquoi, dans le cadre de la mondialisation financière imposée par ce Nouvel Ordre Mondial, le modèle social de l’Union européenne, dont la France était le meilleur exemple, devait être cassé. Ce que cherchent les artisans de ce Nouvel Ordre Mondial, c’est en effet, Monsieur Georges-Marc Benamou, la fin de l’Etat-providence !

Comme si après les « Trente glorieuses », les progrès de productivité dus aux nouvelles technologies devaient avoir comme conséquence la régression sociale et les « Trente piteuses ». Quel paradoxe !

Le complot est avéré, mais il n’est pas dévoilé parce que les médias appartiennent à ces artisans-là et que les membres des partis traditionnels, soit, ont été corrompus par les différents lobbies de la finance mondiale, soit, ont été fascinés et abusés par cette idéologie mortifère. L’on a jamais tant parlé de droits de l’homme et d’humanisme alors que depuis vingt ans, s’est instaurée, à l’échelle de la planète, la loi de la jungle dans les domaines économique et social.

Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre à l’usage des jeunes générations »