neoliberalisme-tueLes benêts en auront soupé des infos répétitives en continu sur la neige et le mauvais temps toute la semaine, comme s’il n’y avait rein d’autre qui puisse les préoccuper. Au lieu de perdre leur temps devant la grand-messe du 20 heures, ou des débats dérisoires sur des sujets accessoires, ou  devant des émissions de variété et des séries américaines débiles, ils devraient essayer de s’informer vraiment grâce à des documentaires « télé » et des journaux sérieux leur expliquant vraiment comment marche ce monde. Alors, en connaissance de cause,  ils pourraient obliger leurs élus préférés, à cesser de leur mentir.

D’abord, l’émission sur France 5, dimanche 5 février, « La face cachée des petites culottes », leur apprendrait, ce que je m’échine à révéler depuis des années, que la mondialisation, est une idéologie, qui est en voie de réussir à instaurer un Nouvel Ordre Mondial criminel, grâce aux dictats et interdictions de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), qui n’a qu’un seul but, maximiser les profits de la Finance mondiale, sans se soucier de l’humain, quel qu’il soit, où qu’il soit, et pour qui la destruction de l’environnement est même une cause d’enrichissement.

Le fond même de la pensée des économistes néolibéraux est de refuser de prendre en compte dans leurs modèles, les coûts sociaux et environnementaux de l’activité économique !

« Il est impossible de protéger notre environnement dans le contexte d’une économie de "libre échange" mondial, axée sur une croissance continue. » Edward Goldsmith.

Pour George Soros, le néolibéralisme est en fait un fondamentalisme libéral.

 Ces organismes, entre autres la Banque mondiale, l’OMC et le FMI, sont totalement antidémocratiques, puisque leurs membres ne sont évidemment pas élus mais cooptés parmi les grands groupes commerciaux, industriels et financiers. Ces groupes établissent, à huis clos, des règles auxquelles doivent obéir les Etats, alors qu’elles n’ont pour conséquence que la désindustrialisation de l’Europe (mêmes les produits "made in Germany" peuvent avoir été fabriqués à 90% hors d’Allemagne ! Une Union européenne, qui, incapable d’harmoniser en cinquante ans la fiscalité et les salaires dans les pays membres, s’est agrandie à 27 sans aucun recours au vote. Déjà, au sein de l’Europe s’est instaurée la loi de la jungle. Le Monde diplomatique dans son numéro de février, établit la disparité des salaires horaires garantis au sein de l’Union (en euros) :

France 9,00 ; Pays-Bas 8,74 ; Irlande 8,65 ; Belgique 8,58 ; Royaume-Uni 6,91 ; Slovénie 4,24 ; Espagne 3,89 ; Grèce 4,28 ; Malte 3,84 ; Portugal 2,92 ; Pologne 1,85 ;  Rép. Tchèque 1,82 ;

Slovaquie 1,82 ;  Estonie 1,73 ; Lettonie 1,68 ; Hongrie 1,61 ; Roumanie 0,93 ; Bulgarie 0,71.

Le salaire minimum au Luxembourg (10,16) ne représente rien du tout puisque c’est, scandaleusement, encore un paradis fiscal au sein même de l’Europe, et qu’il ne compte que des sociétés financières. En Allemagne, Italie, Autriche, Danemark, Suède et  Finlande, il n’y a pas de salaire minimum légal, mais des accords sectoriels, régionaux ou des conventions collectives. 

« Au cours des vingt dernières années, les grandes firmes se sont montrées extrêmement combatives […] pour éviter de payer des impôts et des taxes. Elles sont impitoyables quand il s’agit de ruiner les petites entreprises concurrentes en cassant les prix ; elles dissimulent et déforment systématiquement les informations sur les dangers potentiels de leurs produits ; et elles sont parvenues à leurs fins en forçant les gouvernements à supprimer les réglementations contraignantes par le biais d’accords de libre-échange. Il ne faut pas croire pour autant que le monde est sous la coupe de quelques mégamultinationales, car le véritable pouvoir économique s’est déplacé vers les réseaux financiers. »

Fritjof Capra, Les connexions invisibles (en 2002 !)

Cet auteur relève également les connexions étroites entre ces réseaux financiers et les réseaux criminels (drogue, prostitution, trafic d’armes, contrebande, contrefaçon de monnaie et de documents etc.), qui blanchissent ainsi l’argent sale et ont largement de quoi puiser leur main-de-basses-œuvres  dans la masse de plus en plus importante des individus et des groupes victimes de l’exclusion sociale. Ainsi la boucle du néolibéralisme est bouclée, et nul ne peut plus sortir de ce cycle infernal, mêmes les Etats.

Sommes-nous donc condamnés à subir sans nous défendre ? Non, nous pouvons boycotter autant que faire se peut, les produits de ces multinationales criminelles. Cela nous engage donc vers la sobriété volontaire, qui non seulement est le seul acte militant concret et efficace, mais qui surtout, nous permet de nous regarder dans la glace sans nous mépriser pour notre addiction à la surconsommation, notre lâcheté et notre asservissement à l’endoctrinement médiatique.

L’OMC et le FMI affament également les pays pauvres et l’Afrique en particulier, chaque jour un peu plus.  Lire à ce sujet Destruction massive, géopolitique de la faim, de Jean Ziegler. Editions du Seuil.

Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre à l’usage des jeunes générations.