pompidouExtrait de Challenges du 16 février :

« Ils étaient plus de 800 à se presser au Centre Pompidou pour le diner annuel de la Société des Amis du Musée national d’art moderne, le 7 février […] Il faut dire que Manuel Valls, porte-parole du candidat socialiste, avait rassuré sur le seul point important pour cette population choyée : pas question de toucher à l’exemption des œuvres d’art dans le calcul de l’ISF ». Et pour les assurer aussi que les œuvres d’art seront toujours bien exclues de l’assiette de l’impôt, comme le décida, à l’initiative de Jack Lang,  Laurent Fabius, ministre du budget en 1981 !

C’est donc toujours, à Gauche comme à Droite le même univers des coquins. L’occasion de ressortir mon blog de janvier dernier  intitulé Comment font les milliardaires pour ne pas payer d’impôts ?

Le gouvernement taxe la santé. Les mutuelles sont donc obligées d’augmenter leurs tarifs. C’est évidemment un scandale. En 1999 il n’y avait pas de taxe sur les mutuelles, elle est de 13,27% aujourd’hui.

« Quatre millions de Français n’ont pas les moyens de s’offrir actuellement une complémentaire santé » Aujourd’hui en France du 21 septembre 2011.

Il faudrait sans doute que les pauvres et les petits revenus participent à l’effort de désendettement de la France.

Mais parallèlement, grâce à l’émission « Pièces à conviction » diffusée sur France 3, le 4 janvier dernier, on apprend que :

« Une trentaine d’œuvres d’art déclarées disparues ou volées ont été récemment retrouvées par les policiers dans un coffre-fort à Paris. Problème : le coffre est celui de l’un des plus grands marchands d’art de la planète, Daniel Wildenstein, décédé en 2001.

L’enquête de « Pièces à conviction révèle des circuits parallèles et des pratiques douteuses, où des toiles de maîtres dorment dans des paradis fiscaux et où les secrets de famille se transmettent de génération en génération… C’est d’ailleurs une querelle d’héritage qui a permis d’entrevoir l’incroyable trésor caché des Wildenstein… ». Le reporter suit un avocat d’affaires dans un immense bunker à Genève ou d’innombrables œuvres d’art, appartenant à divers multimilliardaires du monde entier, sont stockées, changent de propriétaires sans bouger, mais avec d’importantes plus values qui échappent à toute fiscalité.

Les petits contribuables sont pourchassés par Bercy. Mais les très gros jamais. La loi les protège : le parlement a toujours refusé de taxer les plus-values des œuvres d’art, sous le prétexte fallacieux de ne pas décourager les amateurs. Ça permet surtout aux milliardaires de planquer ainsi leurs profits dans des valeurs refuges dissimulables et transférables dans les paradis fiscaux. Un titre dans Le Monde du 22 octobre 2010 est révélateur : « Pourquoi le marché de l’art résiste-t-il à la crise ? Les marchands sont-ils les nouveaux traders ? »

On y lit : « À la bourse le délit d’initiés est puni. En art, c’est une vertu… Ce milieu est une source de profits qui use de méthodes aux côtés desquelles celles des traders font figure d’aimables plaisanteries. »

Dans les foires internationales d’art contemporain et dans les grandes salles des ventes se pressent de plus en plus de financiers et d’industriels bénéficiaires de la mondialisation et qui ne savent plus comment placer leurs immenses profits. Les œuvres classiques se retrouvant rarement sur le marché, les nouveaux riches se précipitent sur les crottes de chiens et autres croûtes dignes des enfants de maternelle, signées de grands noms créés de toute pièce par cette intelligentsia du business. Ce sont des sommes faramineuses qui sont en jeu. Un jour cette bulle aussi explosera ; mais en attendant l’évasion fiscale des milliardaires, cautionnée par vos élus fait que c’est la classe moyenne et elle seule qui supporte le poids de la dette et qui se  paupérise chaque jour un peu plus. 

Demandez aux candidats à la présidentielle s’ils sont prêts à taxer les plus-values de l’art, et voter pour celui qui vous en fera la promesse. S’il n’y en a aucun, arrêtez de vous indigner comme des benêts, entrez en résistance.

Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre à l’usage des jeunes générations ».