Gaïa 2

Les benêts pleurent sur leurs malheurs,

mais ne cessent de croître et de multiplier.

Les benêts sont fiers de leur nullité malfaisante

et de leur sidérale insignifiance,

et c’est enfreindre le plus grand des tabous

que  de proférer contre vents et marées médiatiques

que seules leurs queues frénétiques

multiplient la misère.

Seule, leur multitude vorace,

ôte toute vie à la terre et à la mer.

Quel outrage à leur vanité incommensurable,

d’énoncer que la sagesse

serait de vasectomiser tous les mâles

de cette espèce dangereuse, aberration de la nature,

afin que toutes les autres créatures vivantes

puissent enfin respirer et se perpétuer avec sérénité,

en toute insouciance et en toute inconscience,

en un mot en toute paisible acceptation

de la cruauté du monde.

Mais en fait, la nature dans sa grande cohérence

sait relever tous les défis.

En effet, l’homme si âpre au gain et destructeur

ne cesse de créer des produits toxiques,

phtalates, bisphénols, parabènes

et autres médicaments de synthèse

qui absorbés en toute ignorance,

perturbent ses possibilités de reproduction.

Sans compter les effets de plus en plus délétères

de la « démocratisation » des diverses drogues

sur les maladies mentales et la fertilité masculine.

Ainsi après avoir failli submerger le monde,

après son bref passage,

grâce à Dieu, au Tao,

à l’extrême vigilance de la conscience de Gaïa,

ou à l’inconnaissable Cohérence cosmique,

comme les dinosaures, il disparaîtra.

 

Annaba, auteur de « Testament pour asticots »

Les Presses du Midi.