Depardieu 1

   

Gérard Depardieu doit beaucoup s’amuser des turbulences médiatiques qu’il arrive à générer avec seulement deux ou trois bras d’honneur !

Que d’insultes à son encontre, sous prétexte qu’après avoir payé 150 millions d’euros au cours de sa brillante carrière, il affirme tout simplement en avoir marre.

Alors que nombre de chanteurs et de comédiens exilés fiscaux, n’ont généré aucune opprobre, à l’instar de Noah, qui reste paraît-il, la personnalité préférée des Français.

Sans parler des patrons comme celui de cette multinationale du luxe (1), qui, à la différence de Depardieu, a licencié des dizaines de milliers de couturières, pour aller faire fabriquer en Chine ses futilités pour Bobos !

Et que dire des multinationales comme Total qui paient si peu d’impôts en France ! (2)

Quel média à expliqué aux Français le système particulièrement cynique des « Prix de transfert » (3) qui permettent à ces mêmes multinationales et aux entreprises délocalisées de ne pas payer d’impôts grâce à des paradis fiscaux, qui, malgré les discours démagogiques se portent de mieux en mieux (4) ? Conséquence de la désindustrialisation : la multiplication des chômeurs et des assistés, l’État n’ayant d’autre ressource que l’endettement (1850 milliard d’euros en ce début d’année). Jusqu’à quand ? Jusqu’à la rigueur imposée par la finance mafieuse. Le but recherché : la suppression progressive de toute politique sociale. Avec in fine révoltes, pillages ; la guerre civile.

Avant de jeter la pierre à Depardieu, que chacun réfléchisse à sa propre responsabilité devant la situation catastrophique de la France aujourd’hui : conseils régionaux, conseils généraux, communautés d’agglomérations, mairies… Nous sommes le pays au monde qui compte le plus d’élus. Sans compter toutes ces commissions et ces comités qui servent surtout à caser d’anciens élus et leurs amis (5). Les magazines, toutes opinions confondues, ainsi que la Cours des comptes publient chaque année la longue liste, toujours la même, des gaspillages, voire des détournements de fonds public des syndicats, des administrations, des ministères, des entreprises publiques et semi publiques, et de multiples organismes bidons (6). Pendant qu’une foule de parasites profitent à vie de prébendes, de privilèges et autres passe-droits, la classe moyenne est de plus en plus taxée. Les médias lui offre sur un plateau un bouc émissaire : Depardieu. Mais à la différence de la classe politique et de ses valets des médias, la classe moyenne n’est pas dupe, elle le comprend, et si elle en avait les moyens, elle ferait comme lui, parce qu’elle en a également assez de tous ces pantins qui depuis trente ans se font élire par le peuple pour mieux le tromper tout en se mettant au service des technocrates de l’OMC et du FMI eux-mêmes valets de la Finance internationale Mafieuse (7), transformant peu à peu une Europe censée protéger les citoyens en un poulailler ouvert à tous les renards, en  une jungle où tous les coups sont permis sous prétexte de mondialisation.

« La mondialisation est une véritable machine à détruire la nature et les humains, pour enrichir quelques milliers d’êtres dont l’ego est atteint d’une inimaginable boulimie… Somme toute, une machine à tuer » Charles Antoni, Crise et mutation.

Il serait peut-être temps d’invoquer la légitime défense et d’entrer en Résistance !

Pendant que le pays sombre, englué dans le mensonge et la démagogie, les médias dominants occupent le populo à coup de gadgets comme le mariage gay, le vote des étrangers, la libération du cannabis et autres repentances diverses.

 

(1)  « Fakir » n° 58, Le prédateur du Nord.

(2)  « Marianne » du 23/07-3/08/2012 : Ces groupes plus puissants que les États.

(3) Le mécanisme est simple. Par exemple, lorsque des marchandises sont exportées de Chine, d’Inde ou de Turquie, pour être importées en France, leur prix de revient est faible. C’est à ce prix qu’ils entrent alors, comptablement et non physiquement, dans un paradis fiscal (où il n’y a pas d’imposition), pour en sortir presque au prix où ils seront vendus en France. L’énorme bénéfice, encaissé dans le paradis fiscal, n’apparaît donc pas lorsque le produit entre dans le pays où il sera vendu aux consommateurs. Le même système est utilisé pour les matières premières et les produits de l’extraction minière en Afrique et ailleurs. 

(4)  « Aujourd’hui en France » du 19 novembre 2012 : Impôts : ces multinationales dans le collimateur des États.

(5)  « Marianne » du 24 au 30 novembre 2012 : Pendant que les impôts augmentent… Le grand gaspillage continue !

(6)  « Capital » de janvier 2013 : Les 200 (syndicats, élus, hauts fonctionnaires) qui bloquent la France.

(7)  Jacques de Saint Victor, Un pouvoir invisible. Les mafias et la société démocratique, XIXe – XXIe siècle.

Annaba. http://philippe.annaba.free.fr