mondialisation

C’est l’enquête du journal Le Monde du 25 janvier 2013, suite à un sondage Ipsos sur l’inquiétude des Français sur leur avenir.

Il s’avère que les Français « sont très nombreux à considérer la mondialisation comme une menace, à juger que la France doit se "protéger", et qu’elle a besoin d’un "vrai chef". Les politiques, l’islam et les journalistes sont voués aux gémonies ».

Et ce pour 70 à 95% des sympathisants de l’UMP au Front National, mais aussi pour plus de 70% des sympathisants de gauche.

Et tout ce que trouve à dire l’historien Michel Winock, c’est de « souligner le rôle dangereux de ceux qui, loin de les apaiser, attisent ces peurs. Ils trouveront dans cette enquête la justification de leurs philippiques. Ils fraient mieux d’y voir le résultat de leur travail d’incendiaires ».

Que les médias dominants parlent de tout sauf de la vérité qui fâche, Winock ne s’en est pas encore aperçu. Mais tous nos malheurs viennent bien sûr de ces « incendiaires » qui osent montrer du doigt l’absurdité de ce système économique du libre-échange absolu dans le cadre d’une Union européenne de l’incohérence. Il n’y a pas de fatalité, Monsieur Winock, il n’y a que des directives prises par l’Union et l’OMC, qui sont en contradiction totale. Il est évidemment souhaitable que l’Union impose à ses membres des normes environnementales, sanitaires ou sociales. Il est absurde, dans le même temps de supprimer toutes les barrières douanières et de laisser ainsi l’Europe devenir la proie de tous ceux qui, dans le monde, ne sont pas assujettis à ces mêmes règles. Sans compter que dans l’Union elle-même de multiples dérogations, sous des prétextes lobbyistes, en favorisent certains. Sans parler du plus dramatique, une Union qui en tant d’années n’a pas été fichue d’harmoniser ses fiscalités, ses salaires, ses charges et ses prestations sociales. Autant dire que rien d’important n’a été fait pour que l’Union serve à autre chose qu’à désindustrialiser ses pays membres. Tout cela a été fait de Giscard à Chirac en passant par Mitterrand et Delors, en toute connaissance de cause. Ces gens là, qui n’ont écouté que les sirènes de l’ultralibéralisme avaient décidé que les pays émergents seraient les ateliers de l’Occident, et que nous, Européens trouverions la croissance dans les hautes technologies. Aujourd’hui, aucun technicien français n’est capable de réparer un écran plat et encore moins de le fabriquer. C’est ainsi que la haute technologie se situe aux États-Unis et en Asie et de moins en moins en France. La technologie de notre TGV a été dépassée par la Chine, qui dans deux ou trois ans sera capable de fabriquer des Airbus à bas prix, ce qui mettra des milliers de techniciens et d’ingénieurs au chômage. Signalons que Boeing n’a jamais accepté de vendre sa technologie à la Chine. 

Le passage de l’Union à 27, sur lequel les électeurs n’ont pas eu voix au chapitre n’a fait évidemment qu’accentuer l’incohérence. La peur, Monsieur Winock, ce sont tous ces irresponsables ou corrompus depuis trente ans, et encore aujourd’hui, qui, l’on ne sait dans quel cadre idéologique hormis celui de la bêtise, ont façonné ce monde qui se fout du monde. Demain, si ce que vous redoutez arrive, et il arrivera, ce ne sera pas la faute des peuples, mais comme toujours dans l’histoire, Monsieur l’historien, de leurs dirigeants. Le peuple est plus lucide que les Enarques : « pour 82% des Français, les hommes et les femmes politiques agissent principalement pour leurs intérêts personnels [et] pour 62% d’entre eux, la plupart sont corrompus » révèle le sondage..

Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre… »