L’« Art-bluff » de Soulages au Centre Pompidou.

C’est bien normal, n’est-ce pas, qu’une raffinerie de pétrole dont le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas été inspirée par un grand souci de l’esthétique, abrite en son sein, l’or noir. L’or que monsieur Pierre Soulages accumule en noircissant tout ce qui lui tombe sous la main. La vente d’un de ses badigeonnages a atteint l’an dernier  1.500.000 euros.

La presse unanime est enthousiaste : 3000 mètres carrés pour celui « qui est considéré comme le plus grand peintre encore vivant en France… Chacun de ses tableaux plonge celui qui le regarde dans un autre monde, une autre dimension, un questionnement infini » (Aujourd’hui en France du 13 octobre 2009). Chez Soulage, le grand Art est dans les commentaires de ses admirateurs, aussi pompeux que dénués de toute signification.

Soulage a trouvé un truc, une combine, et ça marche  depuis plus de soixante ans. Je possède une armoire Conforama en stratifié noir, qui donne aussi de très intéressants reflets changeants, mais malheureusement, elle n’est pas signée Soulages.

Pierre Soulage est libre de se livrer à tous les barbouillages qu’il veut. Que de riches snobs gaspillent leur fortune, c’est leur affaire et la preuve qu’ils ne l’ont pas gagnée « à la sueur de leur front ». Mais que l’État et les collectivités, par l’intermédiaire d’élus analphabètes, utilisent l’argent des contribuables pour se donner l’air à la mode, est un scandale. Pierre Soulages a inventé dit-il « l’outrenoir », comme Jasmina Reza dans sa pièce « Art » a inventé « l’outreblanc », mais heureusement, pour nous faire rire.

Encore pourrait-on reconnaître à cet illuminé de la noirceur, un certain courage pour s’exposer ainsi aux philippiques médiatiques ; même pas. La critique est morte dans un pays anesthésié par une armée de gentils animateurs corneculs, se complaisant dans la pensée molle, larvaire, rampante, dégoulinante d’onctuosité et pourtant gorgée de tant de  duplicité cachée.

Et bien sûr, de nombreux zombies vont se précipiter pour s’extasier devant ces prétendues œuvres au noir, confortant encore la tragi-comique ridiculité, comme dirait Ségolène, d’un peuple qui a perdu tout bon sens à l’écoute trop attentive, des grands endoctrineurs de la Société spectaculaire marchande.

Annaba  sur http://philippe.annaba.free.frSoulages_1