veau-d'or 1

Les télévisions montrent aux benêts la misère du monde ;

des victimes de l’intégrisme religieux,

aux crimes impunis des flibustiers de la finance,

en passant par l’exploitation permanente

de cette stupide race d’esclaves qui s’acharne

à renouveler sans cesse le cheptel de la servitude.

Cette comédie humaine ne m’inspire aucune pitié.

Je me gausse même des messages d’espoir

que depuis des millénaires

les puissants tyrans et leurs prêtres lancent aux miséreux.

La Terre serait peuplée de sept milliards d’individus,

selon une statistique aussi prétentieuse que fumeuse,

incapable qu’elle est, à l’évidence,

de compter de si innombrables foules,

s’agglutinant de plus en plus

dans de gigantesques bidonvilles.

Mais l’on ne cesse de  faire croire à la masse grouillante

que l’on pourvoit à sa nourriture.

Pourtant ils meurent de plus en plus

de la guerre, de la faim,

du manque d’eau, de la pollution,

de leurs engrais et pesticides chimiques sataniques

et de leurs propres excréments qui les submergent de partout !

Qu’y a-t-il de plus comique que ce grotesque Veau d’or

imposant avec tant de facilité

ses lois iniques à une masse de zombies

dont la crédulité n’a d’égale que la lâcheté.

                                                                Annaba, auteur de « Testament pour asticots ».

                                                                                  Les Presses du Midi.

                                                                             http://philippe.annaba.free.fr