La presse et la peur du politiquement incorrect. C’est ce qui l’amène à édulcorer la réalité, à taire la vérité.

Nice-Matin du 16/05/06 :

Page locale La Seyne, « un incident » dans la soirée à la Cité Berthe ; quatre policiers de la BAC tombent dans un guet-apens « les fonctionnaires ont été pris à partie par 150 à 200 individus qui n’ont pas hésité à s’en prendre à l’intégrité physique des policiers… qui ont été blessés  » (le secrétaire du syndicat SGP-FO).

Page Monde, à Sao-Paulo : « Le crime organisé déclare la guerre à la police ». Certes là-bas il y a eu des morts, mais il s’agit d’une différence de degré et non de nature. Ce qui se passe au Brésil et ailleurs va se passer demain matin en France. À chaque fois que dans une « banlieue sinistrée » la municipalité ou la police a la volonté de faire cesser les trafics en tous genres qui s’y exercent, il y a révolte. La réalité c’est qu’il y a en France des terres de non-droit et de plus en plus. Si les journalistes ne voient qu’une seule cause à ces révoltes, le chômage des jeunes, c’est qu’ils ont tout simplement peur de dire la vérité, peur qu’on les taxe de lepénistes, ce qui risquerait de briser leur carrière.

Sans doute ne se sont-ils jamais demandés comment il se faisait que dans ces banlieues il y a effectivement 50% de chômage chez les jeunes alors que les employeurs cherchent vainement des ouvriers et des apprentis dans de nombreux métiers de l’automobile, de la restauration, du BTP etc. Des entreprises qui sont obligées d’aller chercher leurs salariés en Pologne ou en Roumanie entre-autres. Ces mêmes journalistes qui s’apitoient sur ce taux de chômage des jeunes des banlieues sont les premier à s’élever contre la politique de contrôle de l’immigration, en précisant que la France a besoin de main d’œuvre étrangère ! Pourquoi ce que peut faire un Polonais ou un Malien, un « jeune des banlieues » ne pourrait-il pas le faire ?

Avant la première guerre mondiale, Karl Kraus vilipendait les journalistes qui par opportunisme allaient laisser se déclencher une guerre absurde. Aujourd’hui, la même démagogie des politiques et le même carriérisme des journalistes nous mènent lentement mais sûrement à la guerre civile.

Philippe Annaba.