Suite du livre en train de s’écrire, intitulé :

         Traité de savoir-survivre à l’usage

                des jeunes générations.

       Les chaînes de télévisions sont autant d’amplificateurs de l’insignifiance, du dérisoire et du futile, quand ce n’est pas de la pire des violences.

La télévision perfuse démocratiquement à tout un chacun l'American Way of Life.

Idéologie du Fric saupoudrée d'amusements débiles avec applaudissements enregistrés. Mais méfions nous des distractions futiles. Elles ne sont pas innocentes, elles perfusent la soumission.

Comment des responsables de chaînes publiques peuvent-ils laisser diffuser des émissions où l’on voit des sketches de "caméra cachée" innommables comme celui où un animateur urine sur l’étalage de fruits et légumes d’un épicier. La colère du commerçant et les réparties du pitre de service font s’esclaffer tous les invités : élus, artistes, écrivains et autres membres de cette bien triste "intelligentsia", toujours de connivence, même sur la stupidité la plus insoutenable. Pour faire rire le bon peuple, doit-on obligatoirement blesser et outrager le premier quidam venu ?

« [À la télévision], Résumer en une phrase et demie, avec un vocabulaire de trois cents mots, sous le prétexte que tout le monde doit comprendre, des thèmes philosophiques ou de sciences humaines auxquels des penseurs, des écrivains, des esthètes ont réfléchi leur vie entière… Quelle impudeur ! » Gérard Manset dans le Figaro magazine du 20 mars 2004

Qui peut encore nier l’évidence d’une décadence par un accroissement de la masse ? Si le mal ne date pas d’aujourd’hui, s’il est profondément ancré dans la nature de l’homme, le progrès technique et la démesure de la masse humaine, lui donnent une force de destruction jamais égalée.

Alfred Capus (1858-1922) qui est pourtant décédé avant l’avènement de la télévision, en avait senti les prémisses en écrivant que si les imbéciles ont toujours été exploités, aujourd’hui (on peut rajouter grâce à la télé), ils triomphent, voilà pourquoi le monde est perdu !

Les émotions et les sentiments de peur, de jalousie, de haine, sont la nourriture du mental comme les pâtes ou le poisson sont la nourriture du corps. Une mauvaise alimentation de l’esprit entraîne toujours  un mauvais développement de soi et bien souvent, la confusion mentale.

Les gens ne se rendent pas compte que l’agressivité, la violence, la bêtise et l’absurde qui constituent la trame de la plupart des spectacles, films, jeux, feuilletons, journaux, débats, créent en eux des émotions négatives qui s’ajoutent à celles qu’ils subissent dans leur vie quotidienne. Ces angoisses artificielles et totalement vaines pompent leur énergie, leur puissance vitale et donc les affaiblissent psychiquement. Sans parler des conséquences sur un enfant qui à cause de la télévision connaît déjà toute la gamme possible des émotions négatives.

C’est une des raisons pour lesquelles les gens ont de plus en plus recours à l’aliénation chimique, aux pilules miracles, antidépresseurs et autres anxiolytiques. Un véritable gâchis puisque ces victimes des médias modernes sont sûrement dotés des talents qu’ils pourraient développer pendant tout ce temps consacré à la perfusion de surdoses de crétineries.

Nous possédons beaucoup d’énergie en nous, mais si nous la dépensons dans des enthousiasmes futiles ou des colères  et des émotions dérisoires, très peu restera disponible pour un véritable travail permettant une maîtrise de soi. Si nous avons des émotions négatives, c’est que nous ne les maîtrisons pas.

La télévision étale au grand jour les turpitudes, les mesquineries, la bassesse de pensée des puissants, les poncifs et les stéréotypes des vedettes de tout poil, des héros de papier et des demi-dieux cathodiques du jour.

Des émissions débiles qui occupent le terrain afin que le peuple ne dispose plus d’un seul moment de tranquillité pour méditer sur l’absurdité du monde. C’est pourtant le  passage obligé pour comprendre la cohérence de l’univers et trouver la paix ! Dire que le seul véritable héros de l’histoire guerrière des peuples, c’est le Mahatma Gandhi, qui sans combattre, a remporté la victoire sur les Anglais. Alors quel anachronisme ces spectacles toujours de plus en plus sanguinaires au cinéma et à la télévision.

Quand la télévision ne déborde pas de violence et de vulgarité, elle dégouline de bons sentiments qui ne cachent qu’hypocrisie et duplicité. Elle veut faire croire encore et toujours, afin de rendre chacun irresponsable et donc conditionnable, que « l’homme est bon et que c’est la société qui le corrompt ». Alors qu’à l’évidence la société n’est composée que d’hommes et de femmes, et que ce sont bien eux qui corrompent ou se laissent corrompre et aucune entité au dessus d’eux. Ils sont responsables de leurs actes ignobles, sans aucune excuse, sans aucune circonstance atténuante.

Le téléphage se plonge également dans l’insignifiant spectacle de la vie des stars parce qu’il a peur de se retrouver seul avec lui-même, seul devant l’angoissante question de la nullité  de son existence. Pour compenser le peu d'attrait qu'il trouve à son propre destin, il vit par procuration des aventures qu'il juge à sa portée parce qu'elles lui paraissent juste un peu moins bêtes que les siennes.

C'est ainsi que les américains n'ont vraiment le sentiment d'avoir existé que lorsqu'ils sont passés à la télévision.

L'Amérique est aux antipodes de la spiritualité, c’est à dire aux antipodes de ce qui fait que l'homme n'est pas seulement un animal.

L’homme d’aujourd’hui, consomme des antidépresseurs, des neuroleptiques, des tas de calmants et d'excitants. Il boit et il fume pour ne pas prendre le temps d'écouter son mal de vivre. Incohérence de l'homo sapiens, aussi ahuri qu'hébété sur cette planète, et il faut quand même qu'il donne la vie.

Aujourd'hui, pour que la vie ait un sens, il faut devenir une image, une reproduction. Paradoxalement dans ce monde matérialiste, seuls les fantômes ont vraiment de l'importance. Simplement Être n'apporte que sentiment d'infériorité et de nullité. C'est un supplice pour un jeune de se sentir quantité négligeable lorsqu'il est cinq heures par jour devant son poste, face à des modèles, à des stars, à des dieux et des déesses auréolés de tant de prestige.

Aujourd'hui pour exister, pour sortir du néant, il faut être consommé; il faut devenir un bien de consommation, une marchandise de masse reproduite à l'infini sur les écrans, dans les magazines, sur les murs.

C'est l'univers de l'anti-sagesse. Plutôt que de chercher à être soi, on veut devenir quelque chose, une image sur un écran ou une affiche,  un modèle destiné à produire d'innombrables copies.

Grâce à la télévision, le dernier des imbéciles croit tout savoir sur tout, alors que plus personne ne peut donner un sens à sa vie.

Ceux qui détiennent une parcelle de pouvoir sur la télévision possèdent un instrument surhumain d’endoctrinement. Avant l’avènement de la télévision, l’opinion publique était déjà façonnée par la presse écrite, mais cette dernière était très diversifiée. Aujourd’hui, non seulement la presse écrite et les radios ne reposent quasiment que dans une seule main, mais la télévision crée les modes de pensée, décide de ce qui est bien et de ce qui est mal, sans aucune contestation possible, et dans le seul but de vendre, ce qui est le comble du non-sens. L’exemple évident est donné par la propagande multiculturaliste dans tous les médias, à partir des années 1980, pour l’imposer à tous les esprits, sans jamais qu’il soit possible d’en montrer, à côté des avantages, les inconvénients et les dangers. Un endoctrinement pour préparer tous les téléspectateurs à la "Mondialisation", qui n’est rien d’autre que la dictature de la Finance Mondiale, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes.

Auparavant, profiteurs et magouilleurs faisaient leurs coups en douce, aujourd'hui ils sont fiers de se donner en spectacle devant un peuple qui ne croit plus en rien mais reste avide de tout.

Un peuple aussi dégoûté que frustré et envieux.

La télévision est devenue le "Maître à Penser" de la masse.

La télévision c'est la victoire du lénifiant, le triomphe des idées toutes faites, captées les unes derrière les autres sans temps de réflexion. Images ingurgitées sans filtre, rêves préfabriqués, peurs et angoisses programmées… Tout cela distillé dans un récepteur qui n’a plus de cerveau que le nom.

Le cerveau encombré de scories médiatiques, l’homme moderne a perdu la tête.

Ceux qui ne savent pas pratiquer le silence, ceux qui ne peuvent jamais se taire, ne peuvent jamais se connaître.

Les médias audiovisuels sont les nouveaux jeux du cirque.

" Panem et circenses " se traduit aujourd'hui par RMI et télévision.

Un proverbe chinois dit qu'une image vaut dix mille mots. C'est sans doute pourquoi aujourd'hui le conditionnement par l'image est infiniment supérieur à tous les assujettissements de l'esprit que l'homme a pu connaître dans toute son histoire.

Et Bill Gates, héros des temps nouveaux a osé avouer : " Qui maîtrise les images, maîtrise les esprits". Depuis l’apprenti sorcier essaie de se racheter par l’humanitaire.

Depuis l’avènement de la télévision et la prise du pouvoir par les médias, c’est dès le jeune âge qu’il faut apprendre à ne pas se laisser duper par les images, à ne pas vivre en permanence, sous influence.

Les images de la télévision présentent un monde idéal mais totalement mensonger, où chacun, triste, grossier et mortel se retrouve dans une situation de dépendance hypnotique pire que celle des anciens grecs vénérant les dieux de l'Olympe.

La frénésie parkinsonienne du zapping est un handicap majeur à la méditation et à l'introspection.

C'est une perte immense pour l'individu. Mais c'est un très bon entraînement au conditionnement intégral. C'est un gain de temps pour l'homme bionique de demain, l'homo zappiens dressé à réagir très vite à tous les stimuli.  Il semble que ce qui est important aujourd’hui, ce n’est pas d’apprendre aux jeunes à réfléchir, mais de les entraîner par le jeu, à piloter demain des robots, à devenir eux mêmes des automates manipulateurs de robots.

Grâce à l'omniprésence des médias, le regard de l’homo-consommatus ne peut se perdre ; il  a toujours quelque chose sur quoi se fixer, s’hypnotiser.

Afin que jamais, au grand jamais l’homme ne soit pris par le vertige, face à l’abîme d’une minute de silence.

Des fois que sa glace lui renvoie l’image de sa nature profonde.

Des fois qu’il en arrive à se demander pourquoi il fait ceci et cela plutôt que rien.

Des fois qu’il ait l’idée de tenter de se connaître un peu plus lui-même.

Celui qui peut rester un quart d’heure sans rien faire est déjà suspect. La quasi totalité des gens sont angoissés, paniqués dès qu’ils ont un quart d’heure à ne rien faire. Dans la salle d’attente du médecin ou du dentiste, le patient, dès qu’il arrive se jette sur les revues « people » qui traînent là. Pourquoi ne pas profiter de ces quelques instant, loin de l’affairement habituel, pour faire un retour sur soi, pour écouter son corps, découvrir des sensations, respirer plus à fond et plus calmement, essayer de faire le vide dans son mental, essayer de ne penser à rien ne serait-ce que pendant vingt secondes. Faire le jeûne du mental, comme il est bon fréquemment de pratiquer le jeûne alimentaire.

Il est urgent d’arrêter de toujours faire, et essayer enfin, d’être. Ne plus se demander ce qu’on a à faire, mais simplement qui on est. La société, la religion, l’employeur demandent tellement de faire, que plus personne n’a le temps seulement d’apprendre à être.

ANNABA

(A SUIVRE)