charite

Notons que selon le dictionnaire historique de la langue française, « solidarité » vient de « solidité » et a été inventé pour renforcer le pouvoir des créanciers, des banquiers, les « créanciers solidaires ».

La charité, la solidarité, l’aide aux miséreux du monde entier est une vaste escroquerie imaginée par la Finance mondiale, par les multinationales, c’est-à-dire par les Grands marchands, maîtres de cette société spectaculaire marchande en déliquescence.

Leur cupidité, leur âpreté au gain, leur cynisme leur ont fait comprendre que l’épargne ne leur rapportait rien. Alors grâce à leurs valets gouvernementaux, les lobbies de la Finance ne cessent de faire voter des taxes et des impôts qui pèsent de plus en plus lourd sur le dos de la classe moyenne (mais jamais sur les riches) : le but est de leur prélever la part d’épargne, qui ne sert pas à la consommation, afin de la reporter en aides diverses, aux cohortes de pauvres mis d’ailleurs dans cette situation par la mondialisation financière : la désindustrialisation de pays riches  et la spoliation des pays pauvres. Ainsi la consommation globale s’accroît ainsi que la fortune des Mafieux de la Finance mondiale.

La solidarité doit rester l’affaire de tout un chacun, de la famille ou du groupe, et jamais laissée à des institutions dont les responsables sont toujours corruptibles.

Après les curés inquisiteurs, les nouveaux prêtres de l’amour universel, des laïques mafieux, ne nous font même plus miroiter un prétendu paradis, pour nous assujettir à leurs multiples dîmes.

Bossuet dans le « Sermon sur le mauvais riche » affirme que le pauvre est le moyen pour le riche d’assurer son salut éternel. Et aujourd’hui, que bien peu semblent encore croire au salut éternel et à un si cynique moyen pour y arriver, quelle est la justification de la charité, et même, de la solidarité ?

Cette prétendue solidarité fait supporter à la collectivité l’irresponsabilité, non seulement des laissés-pour-compte, mais aussi les incompétences, les coups tordus, quand ce ne sont pas les crimes de tous les soi-disant « décideurs ».

C’est ainsi que l’humanitaire n’est qu’un trompe-l’œil de plus, toujours doublé d'un business sûr.

En effet les dons reçus par les  "Restos du cœur" et autres "Téléthon" qui soulagent pourtant une partie de la misère et permettent sans doute de faire avancer la médecine, ne représentent qu'une goutte d'eau par rapport à l'océan des gabegies démagogiques, dépenses  aberrantes et autres détournements de fonds publics et privés.

Discours altruistes pour la pêche aux voix, bonne conscience de quelques bien-pensants, fonds de commerce de la plupart.

L’abbé Pierre, mère Teresa, paix à leurs âmes, c’était le même dégrippant qui empêche les rouages de la société de se bloquer. Pourquoi le pèlerin d’Emmaüs ne prenait-il pas son bâton pour frapper aux portes des milliers de Français très fortunés qui vivent en Suisse, en Belgique, au Luxembourg, aux Bahamas ou dans d’autres paradis fiscaux ? 

Bien sûr c’est plus facile et bien hypocrite de venir pleurer misère par le canal de la télé dans tous les foyers de ceux qui sont déjà écrasés de taxes et de prélèvements divers. Toutes ces émissions dites caritatives, parrainées par des vedettes du show-biz qui se font payer la plus grosse partie de leurs cachets dans des paradis fiscaux, quel écœurement..! Mais soutenir une cause humanitaire, du footballeur ou chanteur, c’est incontournable pour leur image de marque.

Les médias intoxiquent téléspectateurs et lecteurs en glorifiant les top models et autres vedettes qui auraient « le cœur sur la main » alors que le seul but de l’opération c’est encore de conditionner les pauvres et tous les exploités pour qu’ils soulagent la misère du monde, dont les responsables sont ces patrons de multinationales aux fortunes colossales que ces vedettes côtoient communément. Tous ces nantis aux bons sentiments, dont un grand nombre d’ailleurs ne sont pas domiciliés en France, pour ne pas payer l’ISF, se rendent-ils compte, que la part de la solidarité nationale dans le budget de l’Etat augmente chaque année, pour approcher aujourd’hui les 60%, et que s’il y a de plus en plus de bénéficiaires, c’est la part de chacun qui va se réduire ? On se moque du monde : supprimer l’ISF et le remplacer par une plus-value sur la vente des résidences principales ! On va faire payer ceux qui sont obligés de déménager pour trouver du travail !

Une partie de ces artistes se font leur pub et soignent leur image de marque, les autres sont manipulés par tous ceux dont le fonds de commerce est la misère.

Pourquoi les mal-logés sont-ils bien plus nombreux aujourd’hui qu’en 1954 (date de l’appel de l’abbé Pierre) ?

Quelle aberration, après cinquante ans de progrès scientifiques et techniques, après des sommes faramineuses de profits générés par ces années de croissance ! Mais personne, ni à gauche ni à droite, ne met sur la table les causes de cette misère ; notre façon de vivre, notre confort dérisoire au sein d’un système économique absurde, l’ultralibéralisme, qui a entraîné tant de délocalisations et mis des centaines de milliers de salariés au chômage, puis au RMI-RSA.

La presse « people » montre que tous ces artistes du show-biz sont cul et chemise avec les politiciens et les industriels ; ensemble ils se gaussent de la bêtise et de la naïveté d’un peuple conditionné par des slogans aussi mensongers que démagogiques comme solidarité, fraternité, égalité, liberté, prônés par une république, coloniale hier, néo-coloniale et bananière aujourd’hui.

Les manifestations de solidarité ne s’adressent jamais aux responsables de multinationales ni à leurs armées de super-cadres bien disciplinés, dont le seul art est de savoir jouer sur leurs claviers avec « les milliards qui se pavanent et rock’n’rollent de continent à continent » ( Daniel Accursi, La pensée molle ). Une intelligentsia des « affaires », éduqués dès le jeune âge au cynisme, à la compétition et à l’argent facile, que côtoient également tous ces artistes bien-pensants et surtout bien indécents. Qu’ils commencent à manifester leurs bons sentiments auprès de leurs amis milliardaires, responsables des délocalisations incessantes, de si nombreux détournements de fonds, de fausses factures, d’évasions fiscales et autres caisses noires, avant de s’en prendre à nous, qui payons « rubis sur l’ongle » nos impôts. Qu’ils s’adressent à tous ces mafieux, ne sachant plus quoi faire de leur argent si sale et si mal gagné, et qui s’arrachent pour des millions de dollars ou d’euros des crottes de chiens, cet Art-Bluff digne des enfants de maternelle que des journalistes incultes, débiles ou vénaux encensent à longueur de pages.

Charité et solidarité dans cette société spectaculaire marchande absurde, antiéconomique, anti-écologique et inhumaine ne sont que de pures chimères au sein d’un système qui repose sur des principes en totale contradiction avec ces bons sentiments comme concurrence, productivité, expansionnisme des marchés, etc.

La charité s’immisce là où la Justice a été renversée.

C’est à dire que la charité légitime l’injustice.

Annaba, auteur de « Bienheureux les enfants de la Mère » http://philippe.annaba.free.fr