prix de transfert

« L’évêque promet l’enfer aux paradis fiscaux », c’est un titre d’Aujourd’hui en France du 24 octobre. Autour du chef de l’église de l’Essonne, « plusieurs associations catholiques lancent une campagne de mobilisation contre les paradis fiscaux ».

Le problème c’est que les habitués des paradis fiscaux s’en foutent complètement. Le Vatican devrait également réclamer « une gouvernance mondiale, une sorte d’ONU des finances ». Le pape sera mort et son successeur aussi avant que ça existe.

On n’est même pas capable de mettre d’accord les pays de la zone euro, alors qu’en ce qui concerne les paradis fiscaux il faudrait convaincre près de deux cents Etats. Et en plus de  soixante ans l’ONU a été incapable de résoudre, entre autres, le problème palestinien.

La richesse fabuleuse des mafias fait partie intégrante de la Finance mondiale qui détient tous les leviers de l’économie mondiale et finance la plupart des campagnes électorales de la planète, alors, qui peut croire que la Finance mondiale, se laisserait faire ?

« Les paradis fiscaux représentent entre 1250 et 2500 milliards d’euros ! C’est énorme. Tout cet argent qui échappe à l’impôt, c’est autant en moins pour les Etats. Et au final ce sont les pauvres [et les classes moyennes !] qui en souffrent »

Alors justement, au lieu de pleurnicher et de faire de la démagogie, que l’église et tous ceux qui en ont assez de cette injustice appellent au boycott de tous les produits dont ont soupçonne les dirigeants de passer leurs formidables bénéfices dans les paradis fiscaux. Que les journalistes, au lieu de nous promener avec des débats truqués enquêtent sur les entreprises et sur les multinationales afin de dénoncer leurs évasions fiscales et d’obliger les gouvernements à cesser de fermer les yeux sur la corruption qui les finance. Sont-ils donc ignorants,  incompétents ou de mauvaise foi pour ne jamais en parler ?

Pour leur information, voici un extrait de mon livre Traité de savoir survivre à l’usage des jeunes générations :

« Eva Joly, députée européenne, expliquait dans une émission diffusée sur France 3, le 16 novembre 2009, le mécanisme des  prix de transfert (la seule fois où cela a été le cas dans les médias). Certains ministres ont avoué ne pas savoir de quoi il s’agit alors qu’ils concernent 60% du commerce mondial et qu’ils permettent aux entreprises délocalisées d’échapper à toute  taxe ou impôt. Le mécanisme est simple.

Par exemple, lorsque des marchandises sont exportées de Chine, d’Inde ou de Turquie, pour être importées en France, leur prix de revient est faible. C’est à ce prix qu’ils entrent alors, comptablement et non physiquement, dans un paradis fiscal (où il n’y a pas d’imposition), pour en sortir presque au prix où ils seront vendus en France. L’énorme bénéfice, encaissé dans le paradis fiscal, n’apparaît donc pas lorsque le produit entre dans le pays où il sera vendu aux consommateurs. Le même système est utilisé pour les matières premières et les produits de l’extraction minière en Afrique et ailleurs. »

Le boycott est une Résistance non-violente, encore faut-il que le consommateur soit informé, c’est-à-dire que les journalistes fassent leur travail.

ANNABA