NouvelOrdreMondial

Dès que François Fillon est arrivé à Matignon il a annoncé que le pays était en faillite. Il a vite rectifié son propos après la leçon de Sarkozy qui lui enseigna qu’en politique il ne fallait jamais dire la vérité. Aujourd’hui la faillite est évidente pour tout le monde, sauf semble-t-il, pour la Gauche.

On rajoute donc deux points de TVA, ce qui bien sûr ne sera pas suffisant, mais on cherche surtout à en mécontenter le moins possible à l’approche de la présidentielle.

Comme les motivations des élus sont toujours inavouables, ils font le contraire de ce qui est raisonnable, simple et compréhensible par tous.

Deux points de TVA de plus, évidemment, rendent la vie plus chère pour tous, des bénéficiaires du RSA aux milliardairex (qui eux s’en fichent complètement).

C’est pourquoi, avant l’Union des 27, avant l’avènement du néolibéralisme forcené, avant la mondialisation et l’OMC, il existait une TVA sur les produits de luxe.

Comme le dit Paul Ariès il faut renverser la valeur économique, en rendant le moins cher possible l’essentiel et en enchérissant, par étapes, le superflu, mais surtout le polluant, l’irrationnel.

Les gadgets électroniques en provenance de Chine, d’Inde ou d’ailleurs, que nous surconsommons en pensant qu’ils sont indispensables alors que nos parents s’en passaient très bien, ainsi que les Yachts et les Porsche Carrera devraient supporter une TVA de 50 à 100%. C’est ça la Rigueur juste !

Mais pour cela, bien sûr il faudrait d’abord revenir sur les dictats de l’OMC qui a supprimé toutes les barrières douanières. L’OMC qui est le principal responsable de la crise financière mondiale, puisqu’elle a tout fait pour désindustrialiser les pays développés. Non dans le but d’industrialiser les pays pauvres mais pour réduire à néant la notion même d’Etat Providence, pour mettre KO les syndicats devenus bien trop arrogants ainsi que pour revenir sur les politiques sociales. Et les gouvernements étant trop lâches pour assumer cette tâche aussi ingrate qu’impopulaire, ils ont préféré surendetter le pays.

Les médias se sont laissé séduire pendant trente ans par cette idéologie du Nouvel ordre mondial, sans soupçonner les motivations mortifères de ses apôtres.

Après trente ans d’éloges de la mondialisation, l’éditorial du Monde du 4 novembre titre « L’erreur fatale de la désindustrialisation ». La part de l’industrialisation dans le PIB américain est de 12% aujourd’hui, il était de 40% il y a cinquante ans ! Comment des économistes suivis béatement par les politiques ont-ils pu croire que les services et la haute technologie pouvaient remplacer la production ?

Et d’ailleurs quelle prétention de croire que la Chine ou l’Inde n’étaient pas capables de concurrencer les pays développés également dans la haute technologie ?

« Il y a un lien direct entre l’effondrement de la production aux Etats-Unis et notre déclin économique. Le plus grave, c’est la disparition du savoir faire »

Autre titre du Monde du 5 novembre : « L’UMP ne veut plus d’une "Europe naïve" » Le parti majoritaire évoque la création d’une « taxe de réciprocité » aux frontières de l’Union, et déclare « qu’il est légitime de ne pas laisser disparaître des pans entiers de notre économie parfois essentiels à notre développement et à notre indépendance ».

Il est bien temps, alors que les trois quarts des grandes entreprises ont déjà été délocalisées depuis des années, et qu’ont ne peut pas réindustrialiser un pays en deux coups de cuillère à pot!

Où est le Tribunal pour juger ces politiques et ces responsables des médias qui ont ruiné le pays et qui aujourd’hui encore veulent faire payer les pots cassé à ceux qu’y n’en peuvent déjà plus ?

On regrette parfois l’époque où « la roche tarpéienne était proche du Capitole ». Cette roche de la Rome antique, d’où l’on jetait les politiques corrompus.

Annaba, auteur de « Journal incorrect »