Roy Lichetensetin

Mardi 8 novembre, chez Christie’s à New York, François Pinault (Groupe PPR) et Bernard Arnaud (LVMH) ont fait monter les enchères jusqu’à 31 millions d’euros pour cette toile de Roy Lichetensetin peinte en 1961, digne du premier dessinateur de BD venu. Les gouvernements de droite comme de gauche ont toujours refusé de taxer les plus values sur les œuvres d’art.  C’est dans les salles de ventes que les supers riches peuvent placer ou blanchir leurs supers bénéfices.

Selon Le Monde du 4 novembre, « Thierry Pech [directeur d’Alternatives économiques et auteur de Le temps des riches] voit dans la constitution de fortunes exorbitantes un problème pour la justice sociale et l’efficacité économique ».

Depuis plus de vingt ans, les médias veulent faire croire que « quand les riches paieront moins, les pauvres vivront mieux » (Guy Sorman). Mais on s’aperçoit qu’après les trente glorieuses, on assiste plutôt à un accroissement des fortunes et à une réduction drastique des acquis sociaux ainsi qu’à une augmentation de la pauvreté.

La libération des marchés a plutôt engendré « les trente piteuses ». Pour certains la fortune est la récompense du talent. Mais jamais le rapport entre le salaire moyen et les très hauts revenus n’a été si important. Or toute réussite économique ne résulte pas que du génie d’un homme si doué soit-il, mais surtout « de la coopération et de la division des tâches ».

Et Thierry Pech rappelle que le relâchement de la fiscalité sur les plus aisés depuis une vingtaine d’année est bien le fait de décisions politiques.

Tout cela ne semble-t-il pas s’inscrire dans ce Nouvel ordre mondial décrit dans des blogs précédents ?

« L’exhibition cynique de la richesse exerce déjà sa violence sur les gens ordinaires ».

Et ces derniers n’intéressent plus personne, malgré les discours humanitaires et bien-pensants des faux-culs médiatiques.

Pour la Mafia Financière Mondiale, les beaux principes élaborés et réalisés au lendemain de la Libération sont obsolètes dans un monde aux perspectives scientifiques et technologiques extraordinaires, mais qui, étant donné la limitation des ressources naturelles, ne sauraient profiter à l’ensemble des sept milliards d’habitants de la Terre.

Les peuples doivent-ils subir la dictature sournoise de cette «petite oligarchie argentée » et criminelle, ou bien tenter de reprendre leurs destins en main, quelques puissent être les risques  d’une guerre contre ceux qui ont accumulé tous les pouvoirs sur le plan mondial et en si peu de temps ?

Philippe Annaba, auteur de « Traité de savoir survivre à l’usage des jeunes générations ».